Le marchand de biens d’Alice Seelow

Voici un des romans de la rentrée dont on a encore peu entendu parler. Il s’agit pourtant d’un premier roman tout à fait sympathique d’Alice Seelow.

De Max, vous ne connaitrez rien ou presque sinon son obsession pour un appartement.

A la recherche d’un nouveau logement pour sa femme enceinte, Laura, et lui-même, Max, professeur de son état, fait des visites. L’un d’eux, rue de la clef, n’a tout d’abord aucun charme à ses yeux. C’est un endroit comme les autres. A tel point qu’il visite un autre appartement le lendemain. Mais le premier appartement tourne étrangement à l’obsession. Max insiste, pénible, auprès du marchand de biens, M. Delafosse, rode autour de l’immeuble, séduit la fille de l’architecte, squatte… Bref, plus rien n’a d’importance sinon cet appartement parisien sur cour, en haut d’un escalier incommode.

Alice Seelow donne dans ce roman une image d’un Paris sombre, étroit, dédalique. Et cet immeuble convoité devient un havre de paix, à l’écart de tout, aux mystères à percer. Qu’est-ce qui attire autant Max ? Que cache cet appartement ? Pourquoi ce M. Delafosse est-il si odieux ?

Vous n’aurez pas de réponse à toutes ces questions. Mais sachez bien que vous plongerez dans une ambiance un peu sombre, absurde. Et une écriture coupante, phrases courtes, efficaces, sans fioritures. Un roman dont on relit certains passages avec intérêt, une fois la dernière page tournée. Oui, les indices parsèment le livre. Mais ils sont bien cachés et se confondent avec des rêves poétiques du personnage. Tellement inattendus qu’ils restent invisibles avant de prendre un nouveau relief suite aux derniers mots.

A part, envoutant, élégant, étonnant !

 

Chronique rédigée par Praline 

 

 

Le marchand de biens, Alice Seelow, Pascal Galodé éditeur, ISBN 9782355931475, 17 €, 185 pages

 

Quatrième de couverture :

Dans un univers quotidien visité par l’étrange et traversé par l’absurde, et à partir d’un événement banal, à savoir la recherche d’un appartement dans Paris, un jeune homme, Max, se trouve entraîné dans une aventure labyrinthique. Le jour où il trouve l’appartement de ses rêves, il n’est en effet pas seul sur l’affaire. Un client bizarre l’a devancé auprès d’un marchand de biens tout aussi déconcertant. Y a-t-il de l’escroquerie dans l’air ? Est-ce une machination ? Max est-il la proie d’un délire ? Ce qui est certain, c’est qu’il est têtu, voire obsessionnel et qu’il ne lâchera pas l’affaire. Commence alors une quête aussi étrange que les acteurs qu’elle implique. La ronde des personnages qui l’entoure se transforme peu à peu en spirale machiavélique. Le suspense s’intensifie progressivement jusqu’au retournement final, qui bien que s’inscrivant dans la logique interne du roman, n’est est pas moins inattendu.

Alice Seelow est née et vit à Paris. Après un cursus universitaire de lettres et de cinéma à la Sorbonne, elle écrit une thèse de doctorat sur les thèmes communs à Robert Bresson et Dostoïevski, et réalise parallèlement deux courts-métrages. Journaliste de cinéma free-lance et enseignante de français en région parisienne, elle se consacre à partir de 1998 entièrement à la traduction littéraire. Ayant toujours eu la passion de l’écriture, elle décide de voler du temps à la traduction et d’écrire à son tour. Le Marchand de biens est son premier roman.

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1 comment on this postSubmit yours
  1. bonsoir, je suis en pleine lecture de ce livre qui m’avait tentée dès sa sortie (comme d’autres de cet éditeur Breton) , j’ai donc lu en diagonale votre avis, je reviendrai. Je le trouve original et parfois déroutant pour l’instant, mais je ne le lache plus !

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