Héritage de Nicolas Shakespeare

Je dois avouer dès cette première phrase que ce livre est un véritable coup de cœur !

Je l’ai déjà conseillé plusieurs fois et il a été prêté et apprécié deux fois en 3 semaines seulement, ce qui est un record personnel.

Dès la première page, j’ai été emportée, j’ai senti que ce livre allait me plaire et me tenir tard éveillée.

Andy Larkham est un type sans histoire. Employé chez un petit éditeur, il rêve d’avoir sa propre collection mais n’obtient pas la moindre promotion. Sa petite amie, une jeune mannequin blonde filiforme est agacée par ce manque apparent de volonté de sa part. Bref, sa vie est moyenne.

Lorsqu’il doit se rendre à l’enterrement d’un de ses anciens professeurs, Andy est en retard, comme à son habitude. Il court sous la pluie et se retrouve dans une chapelle quasiment vide où seules deux personnes assistent à l’enterrement d’un homme qui n’est apparemment pas son professeur.

Poli, le jeune homme n’ose pas sortir de la chapelle avant la fin et va même jusqu’à signer le registre qu’on lui tend pour ne froisser personne.

C’est ainsi qu’il se retrouve à la tête d’un héritage de 17 millions de livres sterling. L’homme qu’on enterrait dans cette chapelle avait en effet légué tous ses biens aux personnes qui assisteraient à son enterrement. Elles étaient trois, Andy, le notaire de cet homme non concerné par le testament et une femme.

 

Ce résumé semble avoir tout dit, et pourtant, ce n’est là que le premier chapitre. Lorsque j’ai eu achevé ces 50 premières pages, je me suis dit que c’était très bien, très original mais j’attendais la suite.

Elle ne m’a pas déçu.

Andy Larkham doit d’abord digérer cet héritage et c’est un processus bien compliqué. Lorsqu’il sort enfin d’une année mouvementée mais vide, il retrouve son meilleur ami et sent le besoin de s’intéresser à cet homme mystérieux qui l’a rendu riche.

Et c’est là que ce roman se fait vraiment intéressant.

Pour raconter l’histoire de Madigan, millionnaire misanthrope d’origine arménienne, l’auteur mêle les voix d’Andy et de la femme qui a vécu avec Madigan pendant plusieurs années. Elle raconte son enfance, sa fille, sa femme et dévoile un pan entier de l’histoire de l’Arménie et des Arméniens.

La fatalité, le destin ont frappé cet homme et si certains secrets ne sont pas dévoilés, sa vie nous est livrée à un rythme qui ne retombe pas avant la fin du roman.

Il s’agit donc d’un roman pluriel, où plusieurs vies se mêlent.

De nombreuses surprises, une construction bien pensée même si elle reste assez classique, un travail sur la narration qui apporte une touche de créativité bien venue, font de ce roman un vrai régal.

Chronique rédigée par Estellecalim 

Héritage, Nicholas Shakespeare, Grasset et Fasquelle, ISBN : 978-2246772019, 20,90 €, 432 pages, traduit de l’anglais par Karine Laléchère

Quatrième de couverture :

Que feriez-vous si vous deveniez soudain millionnaire ?
C’est ce qui arrive à Andy Larkham, employé sans avenir dans une maison d’édition de guides pratiques, que sa fiancée vient de quitter…
Se rendant à l’enterrement d’un ancien professeur, il se trompe de chapelle et assiste, en compagnie d’une étrange vieille dame, aux funérailles d’un certain Christopher Madigan. Lequel avait stipulé, dans son testament, que seules hériteraient de sa colossale fortune les personnes présentes à la cérémonie.
Du jour au lendemain, la vie d’Andy bascule. Qu’est-ce qui change, lorsqu’on se retrouve soudain à la tête de 17 millions de livres sterling ? Pris de scrupules face à ce coup du hasard, Andy décide d’enquêter sur son mystérieux bienfaiteur. Qui était Madigan ? Comment ce réfugié arménien est-il devenu nabab du minerai de fer en Australie, pour finir sa vie en reclus dans son manoir londonien ? Pourquoi a-t-il déshérité sa fille ? Et de quels autres secrets Andy est-il devenu le dépositaire malgré lui ?
Un roman à multiples facettes qui tend un miroir vertigineux à l’Histoire dont nous sommes, tous, les héritiers.

 Sur l’auteur :

traduit de l’anglais par Karine Laléchère

Nicholas Shakespeare est né en 1957 à Worcester, en Angleterre. Journaliste littéraire et documentariste, il est l’auteur de plusieurs romans, dont La Vision d’Elena Silves (Albin Michel, 1991), couronné par le prix Somerset Maugham et le prix Betty Trask, ainsi que The Dancer Upstairs, dont il a lui-même écrit le scénario du film (réalisé en 2002 par John Malkovich). Il est également l’auteur d’une biographie de Bruce Chatwin, dont il a édité la correspondance (à paraître chez Grasset en 2012).

 

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1 comment on this postSubmit yours
  1. J’ai bien aimé ce livre. L’intrigue m’accrochait, je n’ai jamais eu envie de laisser tomber, j’ai ri quelques fois, c’était bien écrit et je suis allé au bout sans difficultés. Mais une fois terminé, je me rends compte que je ne l’ai pas adoré que je le pensais en le lisant. Ça peut paraitre débile (ou au moins étrange), mais en le lisant, je me disais « ah ! enfin un livre génial dans cette rentrée ! » et finalement, ce n’était pas le cas. Je n’ai tout de même pas été déçu par le roman, très bon au demeurant, c’est juste que je m’attendais tellement à un gros coup de cœur que j’ai été déçu de ne le trouver que très bien !

    http://culturez-vous.over-blog.com/article-nicholas-shakespeare-heritage-roman-420-pages-septembre-2011-grasset-97535091.html

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