Un avenir de Véronique Bizot

Véronique Bizot : cette auteur me disait quelque chose. Je ne sais où j’ai pu lire son nom. Mais je peux d’ores et déjà vous dire que j’aime son écriture. Quant à son Avenir, c’est un autre débat…

Cette invitation, ce n’en est pas vraiment une. C’est le retour au pays d’un homme, Paul, qui vient vérifier que les canalisations ne sautent pas en l’absence de son frère, Odd. Odd, en voilà un qui porte bien son nom. Que peut-il bien faire dans cette énorme maison, seul, à longueur d’année ? Odd, certainement pas le plus bizarre de la fratrie. Odd, dont on ne sait presque rien. Comme du narrateur, du reste. Odd, parti pour combien de temps ? Et pour quel motif futile ? Voilà un scénario qui s’écrit sur de bien maigres prémisses. Et pourtant, ça avance plutôt bien.

Car cette maison, glacée, sans eau, sans trop de conserves, bloquée par la neige, c’est la maison d’une enfance. Celle de trois soeurs et deux frères.

Celle d’une famille pas très normale, comme beaucoup. Et que l’on découvre de façon impressionniste, par touches, par enchainement d’idées pas toujours limpides. Un décalage entre les tons pastel de la neige, étouffante, et les tons vifs des souvenirs, comme revivifiés par ce retour.

Ce retour au pays, c’est le temps de la nostalgie, un peu. Et finalement, on en apprend moins sur notre narrateur que sur ses sœurs par exemple, femmes d’artiste et d’architecte. Ou internée. Sur leurs balades à cheval avec leur mère. Sur les voisines.

Une action très réduite. Une écriture précise. Un personnage flou. Une atmosphère oppressante.

Lu rapidement parce que court mais qui ne laissera pas un impérissable souvenir car trop nuageux pour moi.

 

Chronique rédigée par Praline 

Un avenir , Véronique Bizot, Actes sud,  ISBN-13 : 9782742799510, 120p, 16€

Quatrième de couverture :

Une disparition annoncée, une grande maison vide, un robinet peut-être pas purgé, un rhume colossal, trois-cents kilomètres de doute, une tempête de neige… et de souvenirs plus ou moins fiables. Un avenir est une histoire de famille.

Chez Véronique Bizot, la noirceur est délicieuse parce que toujours saturée d’incongruité drolatique, de lucidité étonnée et de métaphysique légèrement récalcitrante.

Auteur de deux recueils de nouvelles (Les Sangliers, Stock, 2005, prix Renaissance de la nouvelle 2006, et Les Jardiniers, Actes Sud, 2008) et de deux romans (Mon couronnement, Actes Sud, 2010, Grand prix du Roman 2010 de la SGDL, prix Lilas 2010 ; Babel n° 1070, et Un avenir, Actes Sud, 2011), Véronique Bizot est, de son propre aveu, une « gentille personne affligée de la conscience du pire ».

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3 total comments on this postSubmit yours
  1. J’avais beaucoup aimé « Un avenir ». J’ai trouvé le style de Véronique Bizot très intéressant ! Effectivement ça se lit vite, mais ça ne s’oublie pas pour autant !

  2. Je vous conseille de lire « Mon couronnement ».
    Un roman très court mais assez percutant!

  3. A ce jour,j’ai lu seulement « mon couronnement », un vrai délice, effectivement. Depuis près de 20 ans, j’enregistre des ouvrages pour aveugles et mal-voyants, à la Bibliothèque Sonore de St-Etienne, et celui-là est un régal, très apprécié par nos audio-lecteurs.

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