L’estivant de Kazimiers Orlos

L’estivant de Kazimiers Orlos

Lorsqu’ Abeline m’a fait parvenir la liste des livres potentiels à chroniquer, le résumé de L’Estivant m’a tapé dans l’oeil. Tout d’abord il me permettait de découvrir la littérature polonaise, et puis j’aime bien les histoires qui commencent comme cela: un homme retrouve de vieilles lettres écrites par un amour de jeunesse et décide de mener sa petite enquête en se rendant sur les lieux de son enfance. Le pitch avait tout pour me plaire, c’est donc avec plaisir que je me suis lancée dans la lecture de ce court roman. Le narrateur raconte son voyage pour retrouver la femme qu’il a aimé cinquante ans plus tôt à travers des notes et lettres adressées directement à son fils. Sa quête est empreinte de nostalgie, d’anecdotes du passé et de questions, qui ne seront jamais résolues.

Je ne sais pas si j’ai aimé ce roman, la lecture était plaisante, le style bien rythmé mais j’ai senti vers la moitié du livre qu’on ne connaitrait pas le fin mot de l’histoire (c’est le cas de le dire!) et cela a quelque peu gâché ma lecture. En effet, le vieil homme cherche à savoir des dizaines d’années plus tard, pour une raison qui m’est restée inconnue, si l’enfant de son amour de jeunesse était bien le sien, comme cette dernière le lui déclare dans ses lettres. Là un premier obstacle s’oppose au narrateur: Mirka est décédée quelque temps plus tôt. Sa famille vit toujours dans la même maison et il aura à de nombreuses reprises l’occasion de découvrir si la fille de Mirka est bien la sienne, mais finalement il ne le découvrira pas, et de ce fait nous non plus. Il rencontre des habitants du village, qui encore une fois semblent savoir la vérité mais le vieil homme n’insiste jamais et du coup, ces rencontres n’ont plus vraiment de sens selon moi. Je pense que le but de ce roman n’était pas vraiment d’avoir une réponse mais plutôt de réfléchir au sens qu’on peut donner à sa vie lorsque le passé ressurgit, à une remise en question de soi-même sur les erreurs que l’on a commises. J’ai trouvé intéressant d’apprendre à connaitre ce personnage à travers son histoire et cette remise en question, il m’est apparu touchant sans tomber dans le larmoyant. Toutefois, deux points noirs ont entaché ma lecture: d’abord la fin comme je l’ai dit précedemment mais aussi la relation du narrateur avec sa femme; il part du jour au lendemain en laissant tout derrière lui mais sa femme n’a quasiment pas de réaction, de même lorsqu’il rentre, j’aurais aimé plus connaitre Olga et qu’elle ait sa place à part entière dans le récit, mais il est vrai que c’est très personnel.

Je remercie donc les Chroniquesdelarentréelittéraire pour cette découverte sympathique, qui m’a permis de changer un peu de mes lectures habituelles.

 

Chronique rédigée par Joanna 

 

 Quatrième de couverture :

Un vieil homme retrouve avec émotion deux lettres écrites par Mirka, son premier amour, qu’il avait relégué au fond de sa mémoire. Il décide alors d’écrire à son fils et de lui raconter toute l’histoire, en commençant par sa rencontre avec cette adolescente lors des vacances d’été, au bord de la lagune de la Vistule, en 1951 et 1952. Dans ses lettres, la jeune fille lui annonçait être enceinte. Il ne lui a jamais répondu.

Bouleversé par cette paternité qui resurgit dans ses vieux jours, l’homme se met à la recherche de son passé. Cinquante ans plus tard, il se rend dans la maison sous les pins, au bord de la mer Baltique. Il y fait de longues promenades sur la plage et dans les dunes, se remémorant toute son existence et s’interrogeant sur ses choix, sa lâcheté vis-à-vis de ses proches, ses compromissions avec le système. Au fil des rencontres avec les habitants des lieux, il se rapproche pas à pas de la vérité.

Son récit simple et brut, teinté de mélancolie et de nostalgie, sonne comme une confession qui vient trop tard, une manière de s’expliquer avec sa propre existence.

Un roman bref, enlevé et finement psychologique, qui emporte le lecteur vers un dénouement inattendu. Egalement une réflexion sur la Pologne de la deuxième moitié du XXe siècle et sur la manière dont l’individu décide, ou non, de sa trajectoire de vie.

Né à Varsovie en 1935, Kazimierz Orlos est un écrivain très populaire en Pologne. Il est l’auteur de nombreux romans, de scénarios, d’essais, de reportages et de pièces radiophoniques. Interdit de publication de 1973 à 1989, il a fait partie de l’opposition et a participé à la vie littéraire clandestine. Il a notamment collaboré aux revues Kultura et Puls, et à Radio Free Europe. L’Estivant est son premier livre traduit en français.



une petite faim de culture ? inscrivez vous à la newsletter
Share This
WordPress Video Lightbox Plugin