Sunset Park de Paul Auster

Sunset Park de Paul Auster

Bon ou mauvais cru ? La question se pose régulièrement pour les productions de mon cher Paul Auster. Sceptique lors de ma lecture de  Dans le Scriptorium, un peu déçue par Invisible, je suis très peu convaincue par le dernier opus : Sunset Park.
Prenez une série de personnages qui ont du mal à grandir, des culpabilités, des chocs qui créent autant de traumatismes, pas de psy disponible ; mélangez tout cela dans une ambiance un peu hors du temps ; voilà le dernier Auster. Bon j’exagère un peu, c’est la déception qui parle.
Miles Heller, quand nous le rencontrons, prend des photos. C’est un peu son passe-temps, ces photos d’objets abandonnés par la population américaine trop endettée pour conserver ses logements. Mais sa véritable passion, c’est Pilar, son adorable amoureuse qu’il doit abandonner sous peine d’être accusé de détournement de mineure. Et la littérature. Mais il l’exprime peu. Et les joueurs de base ball, surtout quand ils ont des noms étranges et des destins hors du commun.
Miles, sous ses airs de normalité, cache une blessure. Il a quitté ses parents depuis sept ans suite à un accident…
Quittant la Floride pour New York, notre héros va devoir renouer avec son passé. Il retrouve tout d’abord Bing, son seul correspondant depuis sept ans, et va cohabiter avec lui dans une maison délaissée.
Tout est un peu moribond dans ce livre : un lieu où Bing répare les objets que l’on ne fabrique plus, un film sur la guerre, un cimetière, des livres et leurs éditeurs, des maisons et des objets oubliés, des gens cassés…
Heureusement, nous découvrons les filles du squat, Ellen et Alice, qui m’ont plutôt séduite : l’une bosse sur sa thèse comme une forcenée, l’autre dessine des images érotiques. Et puis, il y a les écrivains que fréquente de père de Miles, éditeur.
Mais ces petites touches ne parviennent pas à rendre ce roman incontournable. Pour moi, c’est, hélas, un mauvais cru, qui se complaît dans la culpabilité et les regrets.
Chronique rédigée par Praline 
Sunset park, Paul Auster, Actes Sud, ISBN 978-2-7427-9934-3

Quatrième de couverture :

Peuplé de personnages qui sont autant d’écorchés vifs sur la scène pleine de bruit et de fureur du complexe roman familial qui les rassemble, Sunset Park explore les capacités de dévastation des traumatismes enfouis lorsque ces derniers viennent, de surcroît, à se trouver relayés par la cruelle évolution des sociétés matérialistes contemporaines. Ou comment sept ans après l’effondrement des Twin Towers, la crise des subprimes, portant un nouveau coup au rêve américain, oblige les individus à une douloureuse et radicale révision de la manière d’appréhender leur propre histoire à l’heure du crépuscule annoncé des valeurs.



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