Avant de disparaître de Xabi Molia

Avant de disparaître de Xabi Molia

 

« Je me sens tout seul avec mon énigme comme un malade. » se dit Antoine Kaplan. Il est seul, Antoine, parce qu’il vit dans une citadelle assiégée, où tout le monde surveille tout le monde et personne ne fait confiance à personne. Il vit à Paris Antoine, un Paris assiégé par des malades, des victimes d’une pandémie qui rend Résident Evils réel.  Il est seul Antoine, parce que dans son appartement alloué comme au bon vieux temps du communisme, pour sa femme, elle n’y est plus. Il est seul parce qu’il la cherche, elle avec qui il n’était plus sur de s’entendre, sa voix a disparu. Il la cherche dans ce Paris en ruines, en détresse, inspectant la vie comme il inspecte les gens, pour trouver le détail qui les condamne. Il est malade de la chercher, il est malade de se trouver. « Avant de disparaître »…

Quelles sont les conditions de la vie ? Quel est le projet humain ? Qu’est ce que l’innocence ? A toutes ces questions existentielles, si vous cherchez une réponse ferme, passez votre chemin. Xabi Molia est un impressionniste, il nous livre dans  une narration séquencée comme une série télé, ses questionnements  ou plutôt ceux de son personnage, Antoine Kaplan.  Alternant focalisation zéro et première personne, il construit un univers de doutes, de quêtes, dans une rue Guynemer comme vous ne souhaiteriez jamais la voir.  Avec finesse, il vous traine d’un polar classique à un manifeste de fin du monde, pour en arriver au monologue intérieur d’un vivant qui ne sait plus ce que cela veut dire de l’être.  Il interroge le projet humain en le confrontant à des conditions extrêmes, celle d’une épidémie. Evidemment, on pense beaucoup à Camus, et puis , on l’oublie … On pense à Mac Carthy et puis .. on l’oublie. Xabi Molia fait chercher l’amour à Antoine Kaplan, son héros, l’amour total, l’amour de l’Autre, l’Autre humain trop humain, qui ne fait que décevoir et dont on ne connait pas la fin. On pense à Saramago et son aveuglement à la fin … Et on l’oublie. Parce que Xabi Molia est fin, sec et direct : il ne pense pas la fin de ce monde, il la raconte. Et on en vient à aimer la catastrophe.

 

Chronique rédigée par Abeline

Avant de disparaitre , Xabi Molia , Seuil, 313p, ISBN 978 2 02 105419 4, 19,80€, 313p

Retrouvez l’interview de l’auteur ici .

 

Quatrième de couverture :

Paris, dans quelques années. Antoine Kaplan est un médecin chargé de traquer les premiers signes d’une maladie qui transforme certains de ses concitoyens en êtres bestiaux et assoiffés de violence. L’épidémie gagne du terrain. Assiégés par les « infectés » et retranchés derrière des fortifications de fortune, les survivants affrontent au quotidien les conséquences du désastre : chaos, pénuries, soupçons.

Brusquement, la femme de Kaplan disparaît. Lancé à sa recherche, il dérive de plus en plus vers les zones clandestines de la citadelle.

 

À la fois roman noir visionnaire et magnifique récit d’un amour perdu, Avant de disparaître plonge le lecteur au cœur d’une guerre civile dans la France d’aujourd’hui. Précise et singulière, l’écriture de Xabi Molia s’interroge sur ce qui nous fait hommes et sur la vie au temps des catastrophes.

Avant de disparaître – Xabi Molia par EditionsduSeuil



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