Le Livre Blanc de Raphael Horzon

Le Livre Blanc de Raphael Horzon

D’abord félicitons les éditions Attila, le livre blanc est d’abord très très beau et élégant. Sur le papier (c’est le cas de le dire) le livre aurait pu me déplaire entre performance d’art contemporain et roman classique, il m’a pourtant emballé complètement. Drôle, intelligent, il est un peu le petit cousin berlinois du formidable roman de Jonhathan Lethem, Chronic City. Soit les aventures d’un jeune homme qui cherche à faire quelque chose de grand dans le Berlin d’après la chute du mur. Sauf qu’il découvre bientôt que tout a déjà été dit, et que ses projets ne réussissent pas vraiment, quand bien même il fait preuve d’une hallucinante fantaisie, créant un jour une université d’un genre nouveau, une galerie spécialisée dans les artistes contemporains nippons ou inventant le magasin de meubles qui ne vend qu’un seul modèle. Satire du monde de l’art, de l’expérimentation à tout va, le roman est aussi très drôle par le talent de Rafael Horzon à doser justement ses plaisanteries.. quand d’autres peuvent être lourds. « Et bien entendu, l’entreprise REDESIGNDEUTSCHLAND était l’incarnation quasi parfaite de la Nouvelle Réalité. Mais elle était d’environ neuf ou dix pour cent plus radicale et plus moderne que toute autre entreprise ayant jamais existé, elle ne rencontra jamais le succès commercial escompté. » « il [La troisième voie, un livre écrit par le narrateur] se vendit à dix exemplaires la première semaine, après quoi les ventes chutèrent dramatiquement » écrit le narrateur après qu’il ait organisé une fête mémorable pour le lancement. Critique joyeuse de la société de spectacle qui est la nôtre, le livre blanc figure en très bonne place des découvertes de cette année. Il faut suivre les prochains travaux de Horzon.

(dans le livre, on trouve deux cahiers de photos réalisés par le narrateur censé illustrer le récit. Photos à la légende souvent absurde, il participe à la dimension parodique de ce premier roman venu d’Allemagne, qui n’est pas seulement le pays de la machine outil et d’Angela Merckel.

 

Chronique rédigée par Christophe Bys 

Le livre blanc,  Rafael Horzon,  Editions Attila, ISBN 9782917084359,  218 pages, 15 euros

 

Retrouvez plus d’informations sur cet ouvrage  ici 

 

 

Quatrième de couverture :

Horzon suit les cours de Jacques Derrida. Horzon est poursuivi par la voyante Signora Sarasate. Horzon tourne un film mettant en scène un chien en costume rose. Horzon écrit Le Livre de tous les savoirs. Horzon rencontre Madame Glawny avec qui il a une aventure. Horzon ouvre une galerie japonaise avec un artiste fictif. Horzon crée des étagères « Moebel Horzon » et concurrence Ikea. Horzon invente une académie pour enseigner ce qu’on n’apprend pas. Horzon fonde la ligne de vêtements « Gelée Royale ». Horzon réinvente un esperanto et un système décimal. Horzon lance une agence de divorces et une boîte de nuit. Horzon cherche toujours une nouvelle idée. Horzon a écrit l’histoire de sa vie et pense que tout y est vrai. Le Livre blanc de Rafael Horzon est tout à la fois l’autobiographie ubuesque d’un homme qui échoue dans tout ce qu’il fait, une fable ironique sur une société où l’argent et la création sont devenus des valeurs cardinales et interchargeables, la réponse d’un Oscar Wilde moderne à la bêtise de notre monde, les déambulations dans la vie courante d’une espèce de Monsieur Hulot. Play time !

Rafael Horzon, né à Hambourg en 1970, a fait des études de latin, de philosophie et de physique nucléaire à Paris, Munich et Berlin, avant d’être formé à la livraison des colis par la Deutsche Post. Il se lance à partir de 1996 dans la création de plusieurs entreprises. Rafael Horzon vit et travaille à Berlin.



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