La petite fille qui aimait la lumière de Cyril Massarotto

« Les autres » avaient pour but d’éradiquer la ville de ses habitants, un vieil homme en a miraculeusement réchappé ainsi que quelques autres survivants, des enfants, qui vivent dans les égouts, « ceux d’en-dessous ».  Depuis huit ans le vieil homme vit seul, barricadé dans sa maison, il n’ouvre pas les volets et laisse les portes fermées à clef. Autour de lui tout est désert et silence, la rue est morte, morte comme le monde, lorsqu’il aperçoit au travers d’une lame cassée d’un volet quelque chose qui bouge dans les détritus. Au péril de sa  vie il s’approche et voit un petit corps, c’est une petite fille, elle est sale, ses vêtements sont en lambeaux, elle a beaucoup de fièvre. Qu’allait-il faire de cette petite fille, qui est-elle ? Vaut-elle la peine qu’il se sacrifie et mette en péril sa sécurité et surtout comment est-elle arrivée là ? Mais faisant fi de toutes ces questions il la ramène à l’abri, elle ne parle pas, un seul mot sort de sa bouche d’enfant : « lumière ». Et bien, soit nous t’appellerons Lumière lui dit le vieil homme. C’est vrai, elle ne parle pas, elle parle seulement dans sa tête, un vrai moulin à paroles que cette petite fille qui a vécu avec « ceux d’en-dessous ». Elle va vite se rendre compte que nombre de choses sont importantes pour Monsieur Papi, comme elle l’appelle car il fallait bien lui trouver un nom et ces choses deviennent très importantes pour elle : ne pas faire de bruit, ne pas gaspiller les réserves de bouches, être propre, etc… Le vieil homme réapprend à vivre et à savourer le présent tandis que la petite fille auprès de lui à l’impression de découvrir le bonheur, qu’il est bon de rire, qu’il est bon d’être heureux, qu’il est bon de vivre. Il lui fait découvrir tout ce que la vie a pu lui offrir avant la guerre, des choses qu’elle connaîtra après et ils décident de faire une liste de tout ce qu’il faudra faire après la guerre : 1 – parler – 2 – tremper un biscuit dans du lait au chocolat 3 – manger des bonbons, tu verras tu aimeras ça les bonbons lui dit le vieil homme. Ils préparent l’avenir.

Quelle merveilleuse histoire que ce vieil homme qui tend la main et dans laquelle une petite fille enfouie la sienne mouillée de larmes. Elle n’a connu que la guerre, la malnutrition et la saleté, il lui donne un prénom, une date de naissance pour pouvoir fêter son anniversaire, il lui apprend tant de choses mais surtout à espérer en l’avenir. C’est un récit plein de tendresse, d’amour et d’espoir. L’auteur ne situe pas la ville ni le temps, on a tout le loisir d’imaginer le sinistre décor qui entoure cette maison dans laquelle se passe la quasi-totalité de l’histoire, mais à travers ses mots on dessine le visage du grand-père, ridé avec une barbe buissonnante, et la petite fille dans sa jupe bleu ciel, son T-shirt jaune et son gilet assorti ainsi que ses petites chaussures vernier.

J’ai vraiment beaucoup aimé ce livre, c’est un hymne à l’amour, à la tendresse, à l’espoir, un récit dans lequel deux êtres privés de liberté s’entraide l’un et l’autre. Les mots sont simples, les dialogues tellement vrais que j’ai entendu le rire de Lumière, un rire pur et cristallin, un rire de petit enfant. J’ai été également séduite par le vieil homme, il a l’air si bon, il s’est si bien apprécié chaque instant de bonheur qu’offre la vie et il sait si bien le partager. Un grand bonheur que d’écouter ce vieil homme et cette enfant.

J’ai fait une très belle découverte avec Cyril Massarotto, j’ai apprécié sa plume simple et facile à lire mais qui sait si bien retranscrire les émotions. J’inscris de suite dans mes prochaines lectures son premier roman « Dieu est mon pote à moi » et j’espère y trouver le même plaisir.

 

Chronique rédigée par Lire, visionner

La petite fille qui aimait la lumière, Cyril Massarotto, XO éditions, ISBN : 9782845635500

Quatrième de couverture :

Barricadé dans sa maison au coeur d une ville déserte, un vieil homme prend des risques fous pour recueillir une petite fille blessée.

L’enfant ne parle pas, elle ne prononce qu’un mot : Lumière, elle qui a si peur du noir. Alors le vieillard parle, il lui raconte la beauté de la vie d’avant, les petites joies du quotidien, son espoir qu’on vienne les délivrer. Il lui enseigne la possibilité d un avenir, quand elle lui offre
de savourer le présent.

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