Autogenèse d’Erwan Lahrer

.. Est un récit spécialement jubilatoire en période électorale, mais pas seulement. Il suffit, pour s’en trouver plus largement titillé, de lire la table des matières. Chaque chapitre se résume en un seul mot soigneusement choisi ou inventé par Erwan Larher, signifiant ainsi la progression dans sa quête multiforme du héros Ikea, aussi nommé Icare, ou Arsène Nimale. Quête identitaire, spirituelle, sociale, économique, politique, existentielle de cet homme ordinaire au destin extraordinaire.

Deux parties composent ce roman total et culotté.

La première stigmatise ce qu’est devenu, dans un futur relativement proche, notre monde ordinaire, au gré des aventures extraordinaires subies par Ikea / Icare. La satire est palpitante, joyeuse et sans appel devant le pire.

La seconde partie re-propose un monde humaniste selon la vision extraordinairement ordinaire du personnage principal désormais renommé Arsène. L’idéalisme est communicatif, toujours aussi joyeux, on se prend à croire au meilleur.

 Du début jusqu’à l’ultime page de cette aventure foisonnante, le lecteur est pris en otage et soumis au suspens en compagnie d’un personnage principal, parachuté sans mémoire ou indices dans un monde inconnu, où l’on attend quelque chose de lui, bien que sa vie soit régulièrement menacée. Après moult épreuves, rencontres, et coïncidences, le moment d’agir arrivera enfin. Confirmant ce qu’on pensait impossible ou trop osé de la part de l’auteur, la fin tient ses promesses. Et brillamment.

Dans une écriture au vocabulaire choisi, souvent savant, toujours original, ne dédaignant pas l’imparfait du subjonctif ou les libertés stylistiques, au gré des situations futuristes les plus hilarantes et terrifiantes, l’oeil visionnaire teinté d’allusions ironiques à notre monde de ce jeune auteur est remarquable d’énergie et d’intelligence pétillante.

 Erwan Larher cite l’Homme Revolté d’Albert Camus en exergue, et comme pour le mythe de Sisyphe, son roman participe d’un éternel recommencement absurde. Jubilatoire comme « Autogénèse » nous restent les romans philosophiques et moralistes.

Chronique rédigée par Christiane Miège

Autogenèse, Erwan Lahrer, Michalon, ISBN 978-2841865932

Le site de l’auteur 

Quatrième de couverture :

Il se réveille, nu, dans une maison isolée.
Il ne se souvient plus de rien.
Il se lance dans le monde, à la recherche de son passé et de son identité.
C’est un destin qu’il trouvera, agrémenté d’une mystérieuse ange-gardien à la gâchette facile, d’un journaliste schizo- phrène, d’un bienfaiteur sans scrupules.
Dans son turbulent sillage, les trajectoires se déjettent, pas toujours en douceur.
D’exclu amnésique, jouet du hasard, nom de code Icare, il devient maître du jeu. Mais certains n’ont pas l’intention de le laisser faire…

Roman picaresque et politique, Autogenèse interroge sur la folie et la grandeur des hommes, entrelaçant parcours singuliers et Histoire en marche.
Peut-on (se) construire en misant sur le bon sens contre les passions, les émotions ?
Peut-on (se) bâtir sans mémoire ?
…et qui est ce diable d’Icare ?

BIOGRAPHIE :
Auteur de pièces de théâtre, chansons et scénarios, Erwan Larher a publié son premier roman, Qu’avez-vous fait de moi ? en 2010, aux mêmes éditions.

Voter : 1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars
Loading ... Loading ...

Votez pour soutenir ce livre pour le Grand Prix Littéraire du Web
1 pingback on this post
Submit your comment

Please enter your name

Your name is required

Please enter a valid email address

An email address is required

Please enter your message

A propos

Chroniques de la rentrée littéraire est un défi lancé par le monde du livre à la blogosphère littéraire :
chroniquer une majorité des parutions romanesques de l’année.
En regroupant 300 bloggeurs
littéraires, Chroniques de la rentrée littéraire est un intermédiaire permettant à chaque livre d’être lu
par au moins un lecteur expert, en toute liberté de ton.

Chroniques de la rentrée littéraire © 2014 All Rights Reserved