Royal romance de François Weyergans

Royal romance de François Weyergans

Après Jean-Paul Dubois qui en est familier, c’est au tour de Weyergans de faire sa saison canadienne (que les puristes veuillent bien me pardonner si d’autres livres du belge se déroule au Canada, c’est le premier que je lis), le temps de raconter une histoire d’amour entre le narrateur et une jeune étudiante qui veut devenir actrice au début du roman et renonce (notamment) à son ambition le temps du récit.

Weyergans est un écrivain de la digression, pas le genre qui brille par l’originalité folle de son récit : une histoire avec femme enfants et maîtresse, un ratage amoureux comme la littérature en compte tant. Et pourtant, ce livre a un charme puissant, comme disent les critiques, un sens du récit et un style qui ont qu’on le dévore, pressé de savoir la suite. Weyergans a un génie pour la digression : son narrateur part au Canada à la demande d’un riche scandinave qui veut créer un musée consacré au papier, ce qui vaut de belles pages sur ce sujet, ou bien peut consacrer une page à l’achat d’une bouilloire…

En creux, l’auteur fait son auto portrait en séducteur perpétuel, inapte au bonheur, toujours partant pour recommencer une aventure sentimentale, qui échouera lamentablement comme les autres. « Suis moi, je te fuie… Fuis-moi, je te suis » résume la vie de ce narrateur égoïste et torturé.

Car, au fond, il y a quelque chose de profondément triste et désenchanté dans ce roman. On pense à Sagan, et à son élégance discrète d’autant plus inaltérable qu’elle devient indispensable. Aimer ne rend pas heureux, mal aimer non plus. L’autre est indispensable, mais il est impossible de vivre avec lui. Le Don Juan moderne n’a plus la statut du commandeur face à lui, il a à affronter son propre ego.. il n’est pas sûr que cela rende la vie plus douce. Royal romance est triste et déisoire comme nos vies. Rien de bien grave, nous dit Weyergans dans un sourire qu’on imagine forcément triste.

 

Chronique rédigée par Christophe Bys 

Royal romance, François Weyergans, Julliard, ISBN 2-260-01388-0

 

Quatrième de couverture :

Daniel Flamm est en train de vivre, entre Montréal et Paris, une de ces histoires d’amour innocentes et sans conséquences comme il en avait jusqu’à présent l’habitude. Il ne s’est pas méfié, il a oublié qu’on ne sait jamais jusqu’ou va vous conduire une rencontre : « J’ai une histoire à raconter, dit-il. Je ne peux plus la garder pour moi. »
Il se souvient de la première fois ou il a vu sur scène à Montréal une jeune actrice, Justine, et du coup de foudre qui les a réunis malgré leur différence d’âge : « J’adorais passer mes journées avec elle. On ne faisait rien d’autre qu’être ensemble. » Le Royal Romance est le cocktail préféré de Justine…
Les années passent. On propose de moins en moins de rôles à Justine. Daniel travaille pour une importante papeterie finlandaise et publie des romans qu’il vient régulièrement présenter au Salon du livre de Montréal. Il continue de vivre avec sa femme Astrid et leurs deux filles.
Les choses se compliquent lorsque Justine vient s’installer à Paris en cassant le rythme de leurs rencontres dont la rareté faisait le charme. Leurs sentiments s’exprimaient par SMS et envois de cassettes enregistrées. Justine ignore que Daniel est tombé entre-temps très amoureux d’une autre femme, ce qu’il n’ose pas lui dire. Elle s’appelle Florence et le rend, dit-il, « monogame »…
Daniel part pour Strasbourg, sa ville natale, près de sa soeur psychiatre. C’est là qu’il apprend la nouvelle qui va l’anéantir.



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