Les chagrins de l’arsenal de Patrice Delbourg

Les chagrins de l’arsenal de Patrice Delbourg

Un petit mot tout d’abord sur le choix de la couverture. Une image effrayante pour une amoureuse des livres. On ne sait pas à quelle catastrophe cela fait référence et le rapport au texte n’est pas clair.

A l’heure du débat sur la disparition du livre écrit, voici un roman qui va faire grincer les dents de quelques uns. Timothée Flandrin n’est pas tendre avec les auteurs « classiques ». De nombreux auteurs cités sont de parfaits inconnus pour moi mais d’autres sont des incontournables. C’est l’aspect qui m’a le plus amusé, que je sois ou non d’accord avec le point de vue du « livricide ». Ce côté provocateur et irrévérencieux était tour à tour agaçant ou hilarant. Au détour d’une page, je croise le titre d’un roman que j’ai lu et apprécié et je me suis demandé s’il allait survivre et lorsque le verdict est tombé j’étais soulagée. Chacun réagira selon ses goûts et connaissances.

C’était enrichissant de relever tous les mots que je ne connaissais pas et d’en chercher la signification. On sent que l’auteur a pris un énorme plaisir à jouer avec tous les registres de la langue française.

Au début le côté « cru » chez le personnage principal qui forme un contraste avec le côté érudit du bibliothécaire, me semblait une nouvelle provocation qui donnait un genre au roman. Mais à la longue j’ai trouvé cela pesant. Tout est poussé à l’extrême le thème médical et le thème pornographique. Cette obsession pour le bas ventre était lassante.

Le personnage ressasse ses échecs, ses humiliations, ses rancoeurs envers ses parents, ses amis, ses collègues, qu’il associe à ses lectures, jusqu’à l’écoeurement du lecteur.

D’autre part l’auteur nous propose une déambulation dans le vieux Paris qui permettra à ceux qui connaissent les lieux de se repérer et de suivre les délires de Timothée Flandrin.

C’est un roman dont j’ai aimé certaines scènes comme celle la conférence improvisée sur les méfaits de la lecture mais qui m’a déçu car je n’ai pas compris la finalité. Quand à la conclusion des aventures de ce livricide, elle n’est pas à la hauteur de mes espérances.

Finalement j’ai un avis assez mitigé.

 

Chronique de Ramette

Les chagrins de l’arsenal, Patrice Delbourg, Cherche Midi, ISBN : 978-2-7491-2467-4

 

Quatrième de couverture :

Un livre saccagé vogue au fil de la Seine. Un autre, déchiqueté en petits morceaux, gît au fond d’une corbeille de jardin public. Un troisième, calciné, attend sur un banc à l’arrêt d’un autobus.
Une inquiétante et cruelle épidémie contamine le quartier de l’Arsenal. On murmure qu’un forcené s’adonne, nuitamment, à un étrange ballet de livricide. Un petit Fahrenheit de poche. Un autodafé intime.
Faire disparaître d’une bibliothèque tous les ouvrages qui ont pourri vos jeunes années…
Froide détermination ? Insupportable solitude ? Folie douce ?
Timothée Flandrin a une conception toute personnelle de la loi du talion.
Une déclaration d’amour fou à la littérature.

 

 



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