Tous les diamants du ciel de Claro

Tous les diamants du ciel de Claro

Dans les méandres de l’histoire gardoise Pont Saint Esprit s’illustre pour avoir un jour de 1951 vu ses habitants vivre un flirt poussé avec la folie. Il se serait agi d’une résurrection, celle du « mal des ardents », de l’ergotisme, une maladie du seigle qui, s’il est ingéré par l’homme, lui imposera des hallucinations velues.

L’intoxication est féroce, Antoine s’y livre avec délices. Ce jeune boulanger fasciné par la vierge Marie ne quittera jamais la troupe des insensés sans que son mal ne l’empêche d’aller trouver l’amour à Paris dans le sex-shop de l’états-unienne Lucie.

Celle-ci connaît les mondes parallèles puisque elle y fut projetée dès son plus jeune âge, d’abord ceux malheureusement trop communs de la drogue et de la prostitution puis ceux plus singuliers des services secrets. Engagée malgré elle par un agent de la CIA, elle se retrouve au cœur d’un fuligineux projet, « Midnight Climax », qui la liera alors indéfectiblement à un dérivé de l’acide lysergique, plus tard chanté par les Beatles – si on en croit le titre de l’ouvrage et la confession récente de Paul McCartney.

Entre roman du (tiers de) siècle, aventure intérieure, intrigant thriller et stupéfiante idylle, « Tous les diamants du ciel » interpelle et séduit. L’œuvre a de l’ambition et son auteur, Claro (Christophe), les moyens de la servir. Rares sont ceux qui ont le sens du mot juste, du vocable précis, de l’adjectif éclairant. Laissant de côté quelques convolutions et obsessions avant-gardistes qui rendaient son dernier ouvrage, « CosmoZ », souvent étouffant et aride, Claro nous offre des pages touchantes, drôles, étonnantes de littérature roborative et gaie.

Certes, çà ou là , il s’égare, le destin d’Antoine, une fois exilé de Pont Saint-Esprit, n’offre pas, dans le fond et la forme, de moments aussi percutants et passionnants que ceux vécus par Lucie. Qu’importe !

Oui, on ne cesse d’être confronté, chapitre après chapitre, phrase après phrase à l’orgueil d’un écrivain qui n’a qu’un désir réinventer sa langue, marquer sa littérature. Et après ?

L’expérience est belle, les chimères de Claro propitiatoires.

Quitte à jouer les dealers … rapprochez-vous ! Derrière la couverture – laide – de l’ouvrage, je peux vous promettre du bonheur.

 

Chronique de David Vauclair

 

Tous les diamants du ciel, Claro, Actes Sud, ISBN 978-2-330-01011-9

 

Quatrième de couverture :

Tombé dans le siècle du LSD et de la guerre froide en mangeant un morceau de “pain maudit” un jour de 1951 à Pont-Saint-Esprit, un jeune mitron, Antoine, entame un improbable et convulsif voyage au terme duquel, après diverses escales dans la rade de Toulon et le désert algérien, hanté par des rêves de Madones, il échoue, à Paris, en 1969, dans le sex-shop de Lucy Diamond, ex-junkie américaine.
De la France profonde au Paris post-révolutionnaire, en passant par “l’été de l’amour” californien, Tous les diamants du ciel dévoile, sur fond de sexe, drogue et rock’n’roll et à l’heure où l’homme marche enfin sur la Lune, la face cachée de l’utopie psychédélique et le rôle qu’y joua la CIA.
Dans ce roman tout en chausse-trapes que travaille une écriture violente, amoureuse des vertiges, Claro chorégraphie les distorsions et les ténèbres du psychisme, emportant le lecteur, de la Terreur à la Pitié, dans une expérience d’une inquiétante et bouleversante intensité.

« C‘EST L’HISTOIRE D’UNE INTOXICATION, survenue en France au début des années 1950, à Pont-Saint-Esprit, l’histoire d’une ville qui ne dort plus et sombre dans la folie, par la faute d’un pain prétendument maudit, l’histoire aussi d’un orphelin – Antoine – qui va découvrir la vie à la faveur de ses hallucinations. Mais c’est tout autre chose, bien sûr, puisque la guerre froide ne fait que commencer.
C’est l’histoire d’une jeune femme, Lucy, junkie échouée à New York à la même époque, et que les drogues poussent de case en case sur un échiquier de plus en plus complexe, avec l’assentiment de la CIA et d’un certain Wen Kroy.
C’est l’histoire de leur rencontre à Paris, à l’automne 1969, dans un sex-shop qui sert de planque aux derniers insurgés. Entre-temps, il faudra s’embarquer à bord d’un sous-marin, composer avec des poupées gonflables, s’égarer dans le désert algérien, vivre l’été de l’amour à San Francisco, jouer avec le feu et tout sacrifi er au dieu LSD. Il faudra aussi marcher sur la Lune et apprendre à trahir.
C’est peut-être l’histoire d’une tentation. Mais c’est tout autre chose, bien sûr. »


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