Bohème d’Olivier Steiner

Céline dans un de ces jours de philanthropie contagieuse expliquait que lire Proust était une épreuve, argumentant : « 300 pages pour savoir que totor encule tata, c’est trop ». Injuste ami d’Arletty, aux idées bien arrêtées, Proust c’est tellement plus que ça, l’histoire d’un monde, des personnages, des caractères, et si j’en crois un jeune thésard croisé récemment une éthique et une esthétique de la doublure, mais ça c’est une autre histoire. Lisant Bohème d’Olivier Steiner, je me plaisais à imaginer ce qu’aurait pû écrire le monstre pas très résistant de Meudon.

 

Ils sont deux l’un vend de l’huile de l’olive dans une boutique de l’Ile de la Cité (ou saint louis, j’ai toujours confondu les deux, une île littéraire où il vaut mieux croiser Aurélien d’Aragon ) l’autre est un grand metteur en scène, qui prépare son Tristan et Isolde de Wagner à Los Angeles (tellement plus chic que Bayreuth). Ils se croisent un soir, le premier laisse un message au second et pendant près de 222 pages ils vont s’envoyer des sms des mails des lettres…pris d’un désir d’autant plus grand qu’il ne peut être facilement réalisé.
En route donc pour 220 pages de « je t’aime tu me manques tu es loin je te veux mais je ne peux pas mais je te veux quand même.. » soit une version littéraire de n’importe quel feuilleton pour ados (l’honnêteté me conduit à reconnaître que c’est aussi le canevas de plus d’un grand roman classique, preuve supplémentaire que ce n’est pas les péripéties qui font le livre) qui serait passé par la rue Sainte Croix de la Bretonnerie (un haut lieu de la communauté gay parisienne pour les non connaisseurs). Reste qu’on a l’impression de lire une version qui se voudrait intello poétique des Feux de l’amour… Car il faut l’avouer, les pages se tournent, la lecture progresse.. On pouffe mais on lit comme on suit un mauvais feuilleton, en ayant un peu honte, mais en s’amusant follement.

Ce n’est pas un roman, mais un album de familles tant les clichés s’enfilent les uns après les autres, comme les perles d’un sautoir. Rimbaud, Proust (justement), et Marguerite Duras sont là et j’en oublie sûrement.. (Cocteau doit bien être cité à une page ou à une autre), car on est chez les théatreux et les littéraires. Depuis Philippe Besson ce genre d’ouvrages pour gays amateurs de belles lettres est devenu un genre en soi, le livre qu’on lit pour se flatter d’en être..

Le pire n’est pas là. Ce sont les personnages. Il y a bien longtemps que j’ai autant ri devant aussi peu de subtilité, sûrement assumée par l’auteur, ce qui ne nous oblige pas à lui dire merci, et encore moins à l’encourager de continuer. D’un côté dans le rôle du jeune amoureux, un jeune maghrébin venu vivre à Paris, où il vend de l’huile d’olive (finesse finesse) sur l’Ile de la cité ou saint louis, je les confonds (mais où est Aurélien ?). Car le jeune maghrébin a beaucoup souffert. Son père était ouvrier et la France c’est pas facile pour les ouvriers et encore moins pour leurs enfants quand ils sont bons à l’école, y’a toujours des bourgeoises pour leur faire sentir que c’est pas normal que les fils d’ouvriers obtiennent de meilleures notes que les fils des bourgeoises (les salopes.. les bourgeoises sont des salopes, on le sait depuis le porno des années 70). Alors il se fait appeler Jérôme, un prénom qui a dû être à la mode il y a 45 ans …

Mais la vie n’est pas simple pour notre caliméro épris d’art et d’absolu, transformé en Valmont du SMS. On vous le rappelle : il est condamné à vendre de l’huile d’olive et à s’occuper d’un grabataire qu’il a connu je ne sais plus trop comment… J’oubliais : il a eu une histoire d’amour horrible, avec beaucoup de jalousie et de scènes avec son ex et puis comme il est moderne, il baise sans amour parce qu’il a un problème super grave qui n’a rien à voir avec l’huile d’olive (non je ne fais pas une fixation, et il n’y a pas de scène où cet aliment réputé miracle pour à peu près la moitié des maladies servirait au même usage que le beurre dans le dernier tango à Paris, non c’est juste que dans mon souvenir il n’arrête pas d’en parler de sa boutique d’huile d’olives…) : il dissocie le sentiment et le sexe. Donc il vit une super histoire forte mais sans sexe avec son metteur en scène qu’il apprend à connaître et va de temps en temps se livrer à de brèves étreintes sans amour qu’il raconte bien vite à l’autre qui à Los Angeles travaille à sa mise en scène ! Ce Jérôme sent le rebelle, je serai pas étonné que certains mois il ne paie pas son pass Navigo et saute par dessus le portillon. Coquin va !

Mais bon, ce petit Jérôme a de la chance, il a des amis friqués. Ça aide pour faire avancer un roman qui piétine. A un moment du livre, notre petit marchand d’huiles découvre qu’une de ses cop’s est une bonne amie du metteur en scène et la vieille peau lui paie le billet pour Los Angeles où ils iront voir la première de Tristan. C’est commode parce que c’est pas avec son salaire de vendeur (le monde est injuste) qu’il peut se le payer ce billet (non j’ai pas dit qu’il vendait de l’huile d’olive !) Elle y pensait 100 pages plus tôt, ils couchaient ensemble et on avait une nouvelle. A quoi ça tient la vie..

Mais revenons à notre couple. Après Jérôme, Pierre, le prénom du fameux metteur en scène. Il est marié mais sa femme vit à New York et lui sert d’assistante… mais bon ça n’a pas l’air de l’intriguer tant que ça qu’un jeune homme lui envoie des lettres et l’enflamme… On travaille dans le théâtre on a des moeurs libérées. On n’est pas des bourgeoises de province, même si on est sûrement aussi salope qu’elles. Alors lui aussi, passe son temps à envoyer lettres et SMS. Mais parfois il ne peut pas. Car mettre en scène un spectacle c’est très très fatigant et très très compliqué(ce roman est à la mise en scène d’un opéra ce que Sophie Marceau dans l’Etudiante est à l’agrégation) et faire une mise en scène ce n’est pas facile, il faut trouver de l’inspiration et puis y’a toujours de problèmes avec l’orchestre ou les chanteurs. Bon l’opéra qu’il monte c’est, je le rappelle, Tristant Iseult soit l’amour fou jusqu’à la mort, un peu comme nos deux héros. Y’aurait une mise en abîme que ça ne m’étonnerait pas et ça se terminerait mal pour eux que… C’est subtil de composer un roman, ça n’a pas l’air comme ça, faut faire des échos entre les histoires, tisser des ponts.. Revenons à la mise en scène et son idée forte : un trou noir à la fin de l’acte deux (ou trois ?) pour signifier la passion, mais tiens vas y pour produire un trou noir sur scène avec ses bons à rien de décorateurs..

Bon toutes ces moqueries c’est bien facile. Mais que dire d’autre ? Une vision de l’amour ? Elle est résumée sur la quatrième de couverture : « On nous dit que le romantisme est mort, que le discours amoureux est mièvre, que la passion c’est de l’hystérie. Je dis qu’il n’y a rien de plus faux et de plus mensonger. Aimer, c’est connaître. L’amour ouvre les yeux et il est connaissance [ça tombe bien car aimer c'est connaître, c'est la phrase d'avant,faut toujours se relire] ce livre n’est pas la transcription ou la narration d’une histoire d’amour que j’aurais vécue dans ma vie, il est tout entier et à lui seul cette histoire d’amour. » et c’est signé OS, comme Olivier Steiner l’auteur, et là je réalise, l’olivier est l’arbre qui produit les olives avec lesquelles on fait de l’huile. Tout se tient..

Le style ? « Essayez de vous endormir cher fou » (j’ai 20 ans, je reçois ça, je laisse tomber tout de suite et je drague le premier client qui entre dans ma boutique d’huile d’olive). Ou encore : « Vous pourriez être mon fils. J’ai un enfant, une femme, un passé, un corps mais avec vous j’aime être un garçon celui que j’ai été peut-être. Un garçon qui vous aime à distance, qui vous désire dans l’idée qu’il se fait de vous, qui aime vous parler vous écouter, qui ne peut plus se passer de vous, si étrange et soudain que cela puisse vous paraître ». Perso on m’envoie ça, j’appelle la police : j’aime pas trop qu’on me désire dans l’idée. Les artistes, je vous jure, toujours à vouloir faire des trucs bizarres.

Mais le Jérôme n’est pas en reste. Quand il écrit, ça donne : « Pierre, la scène du trou noir est incroyable ! D’abord on ne comprend pas bien cette boule grise au fond du plateau, on croit que c’est une simple projection sur un écran mais elle bouge, elle avance, elle devient de plus en plus noire et tout en se rapprochant elle grossit. L’effet 3D est parfait ! Maintenant le vent se met à tournoyer. »
Tiens tiens, quand elle se rapproche elle grossit.. c’est vraiment très surprenant. Ce serait une phrase codée ? Je cherche, je cherche.. évitons juste de la soumettre à Laurent Gerra, je suis très inquiet de l’usage qu’il pourrait en faire.

Une seule conclusion : méfiez vous des vendeurs d’huile et des metteurs en scène de théatre, mais on en croise moins souvent… leurs femmes peuvent dormir tranquilles à New York.

Chronique de Christophe Bys

Bohème, Olivier Steiner, Gallimard, isbn 9 782070135950

Une vidéo de l’auteur http://www.youtube.com/watch?v=_pEV5HonDgA

Voter : 1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars
Loading ... Loading ...

Votez pour soutenir ce livre pour le Grand Prix Littéraire du Web
12 total comments on this postSubmit yours
  1. Cette chronique est juste merveilleuse, j’en ai pleuré de rire. Merci Christophe.

  2. Ah ah ah, excellent ! Quelle chronique !

  3. Il y a surtout une grande jalousie dans votre chronique. A voir la qualité de vos écrits ou de votre blog, je ne m’étonne même pas que n’ayez pas aimé ce roman, vous n’en êtes pas digne. Continuez donc à descendre cet auteur, il n’a pas besoin de vous pour plaire à un large public. Mais merci pour ce grand moment de fou rire à vous lire.

  4. Ah, il n’y a que pour les romans de la sacro-sainte Rentrée franco-française que l’on peut lire ce genre de commentaires.
    Je voudrais bien que SaintMarie nous explique comment on peut être « digne » d’un roman. C’est beau comme une réplique Harlequin, tiens.

  5. Bon, allez, parce que j’ai lu BOHEME et que j’ai aimé, je vais argumenter à la positive, non, je ne suis pas vendeuse d’huile d’olive ou metteuse en scène et je ne fais aucune fixette sur la Duras. Je pense quand même qu’il faut avoir du recul sur un premier roman, je n’irai pas jusqu’à dire de l’indulgence parce que ce serait réduire la qualité du texte, mais de la distance. C’est un peu facile de se moquer d’un auteur qui se lance dans un premier long texte. Le genre qui n’est finalement qu’une version moderne de l’épistolaire a le mérite de la formule et de la fluidité. Et s’il y a des més-interprétations faciles, il y a aussi quelques passages très bons, profonds, intelligents et fins et vous les avez occultés totalement, vous concentrant sur la critique facile. Si vous assimilez Duras à Steiner, n’allez pas vous imaginer en Céline… Je ne suis pas lectrice d’Harlequin, ni de Musso ou Lévy, je ne fonds pas facilement pour un livre évident, et j’ai trouvé celui de Steiner plus profond qu’il n’y paraît, parce qu’il part d’un postulat simple: comment aimer dans une ère telle que celle-ci? comment réinventer le sensationnel, l’instant, l’intense dans une société où baiser est devenu aussi visiblement évident que se brosser les dents – encore que – où être établi professionnellement donne une charge de crédibilité à n’importe quel individu, où – il faut bien le dire – aimer, ça devient totalement désuet, insensé – sans sens – voire inutile. Alors, oui, il ne se passe rien dans le récit de Steiner, et c’est ce rien qui donne l’idée de l’amour. Je n’aime pas le platonique, je trouve ça souvent mièvre et fade, je vais toujours chercher la flamme là où elle peut se nicher, mais justement, ce qui m’a plu dans ce texte, c’est le dépassionné qu’a écrit Steiner, ce truc un peu nu qui donne des ailes au narrateur. Beh oui, finalement, il a aimé pour rien, il ne profite de rien dans ce bouquin, à part peut-être de sa copine friquée qui lui offre un billet (et alors? vous n’avez pas copine friquée vous?), oui, il baise sans amour parce qu’il a succombé – comme beaucoup – à l’efficacité des relations « cul », oui. Et alors? Il reste un peu de ce rien qui l’anime, qui le fait flipper aussi, qui lui donne toute la dimension de son néant. Eh bien, moi, rien que pour ça, j’ai trouvé ce bouquin très bon, couillu même – et n’y allez pas voir une mention sexuelle. Et je l’assume. Et je vous remercie de m’avoir donné l’occasion de le dire encore une fois. Mes salutations, mon cher.

  6. stéphanie, vous avez raison. Olivier Steiner aussi. et moi aussi sûrement.

    Pour info, je n’ai pas de vieille copine riche, si vous en avez une, je prends. Je me rêve en cougar toy.

    Quand on aime les livres, on débat, on est injuste, on se trompe. tout le reste n’est que littérature..

  7. « Je n’ay pas icy entrepris de respondre à ceux qui me voudroient blasmer d’avoir précipité l’édition de mes oeuvres, et, comme on dict, avoir trop tost mis la plume au vent. Car si mes ecriz sont bons, ma jeunesse ne leur doibt oster leur louange méritée.

    Ceux dont je ne cherche point les applaudissements ont occasion de gronder. Aussi me plaisent leurs aboys : car je n’en crain’guère les morsures. Je fonde encor’ (diseent-ilz) l’immortalité de mon nom sur moindre chose que leurs escritz, dont toutefois ilz ne pretendent aucune louange.

    Encor’diray-je bien que ceulz qui ont leu les oeuvres de Virgile, d’Ovide, d’Horace, de Pétrarque, et beaucoup d’aultres, que j’ay leu quelquefois assez negligemment, trouverront qu’en mes escriptz y a beaucoup plus de naturelle invention que d’artificielle ou supersticieuse immitation.

    Je ne me suis beaucoup travaillé en mes ecriz de ressembler aultre que moymesmes : et si en quelque endroict j’ay usurpé quelques figures et façons de parler à l’imitation des estrangers, aussi n’avoit aucun loy ou privilege de le me deffendre.

    Joachim du Bellay
    1550

  8. Vous abimez un 1er roman.
    Cette critique cache ça : il a lu ce roman sans pouvoir s’y abandonner et cela dérange à partir d’un certain point dans le temps de dé-saimer, de ne plus s’impliquer a corps perdu, on s’adonne alors en général à la cuisine et au sport… au vélo à la randonnée à haute dose, parce qu’on tient à garder tout son pouvoir dans ses activités professionnelles.
    Et qui peut oser écrire que l’amour n’est pas un cliché. La construction de Bohème : une mise en abîme, pas seulement, est-il allé jusqu’à la dernière ligne ? Pourquoi, comment le fil du roman nous tient-il alors en haleine ? On sent tous les inévitables écueils comme nôtres on s’approprie enfin les clichés. La candeur d’Olivier Steiner nous rend ivre d’aimer et non pas ivre de soi, comme ce monsieur qui lui enfonce toutes les portes ouvertes.
    La plume : connotée comme un sexe qui pleure… mais ses larmes sont fielleuses car qui n’a pas rêvé écrire un 1er roman d’amour actuel, et en plus passer la haie, les haies,les barrières de toutes les identités sexuelles et raconter une histoire aussi claire qu’un roman de Zweig et passer par la figure classique du roman épistolaire. Oui mais avec les moyens de communication actuels en exceptant justement de rapporter, relater, nous confier : les lettres ancienne formule et les conversations longues de fond en comble et nous y faire rêver et nous tenir hors d’haleine en attendant le vibrato du téléphone.
    Et rendre accessible cette « confusion des sentiments » et aller jusqu’à presque toucher l’équilibre entre les êtres de passion qui culmine lorsqu’on découvre un spectacle, un livre de quelqu’un qu’on connaît. On a pour faire court 2 fois plus envie, 2 fois plus peur, et on est quelquefois 100 fois plus contents, ravis comme ci on communiait complètement avec quelqu’un. Il faut l’éprouver ce vertige là car il change définitivement la vie et il empêche ensuite aux aigreurs, aux moisissures, aux rancœurs de s’accrocher à nos parois.
    C’est l’amour fol, c’est l’instant de grâce et après on fait comment quand le rideau retombe, les applaudissements ne sont plus qu’un souvenir et qu’on rentre seul chez soi car l’Autre est occupé et bien Monsieur Machin on pleure à gros bouillons pour certains ça fait un bien fou et on repart comme un chien fou à sourire aux inconnus et à re-faire commerce de soi…
    Je n’aime pas parler des êtres à la 3ème personne mais je fais comme vous Christophe Lys. C’est drôle pas plus que Philippe Djian quand il déclare qu’il ne se passe rien quand on lit Proust ou Céline dans ses délires antisémites…. On se dit qu’au XiXème c’aurait été l’occasion d’un duel…. et donc heureusement aujourd’hui, oui mais ce qui me gène c’est pas votre verve mais c’est votre chronique manque d’élégance.
    Et où je vous en veux personnellement c’est que vous attisez la haine contre les littéraires, les théâtreux alors que vos loisirs sont ceux d’écrire visiblement sur la littérature. Le théâtre qui sait pourrait vous tenter un jour, il dessille les yeux de tous les préjugés. Mais qui sait vous attaquez un leurre, car vous êtes un tantinet homophobe.

  9. Heureuse discussion sur de la littérature. Car ce n’est que littérature et seuls ses arguments devraient prévaloir ici@ saintmarie et @nathpass. Mais j’y reviendrai.

    @saintmarie : Pouvez vous m’expliquer en quoi votre argument est opportun et intelligent ? Pourquoi diable le fait de ne pas aimer un roman, que semble t il vous avez aimé, serait de la jalousie ? Et il existe donc des lectures dont on serait digne ? Ainsi au vu de votre plume je devrai vous répondre que vous n êtes pas digne de lire Plutarque ou Sénèque pour qui la distance en tout est maitresse. Ce que vous reprochez apparemment à Christophe Bys, vous le faites vous même en tombant dans l attaque ad hominem. Donc à moins que vous ayez un goût universel, sachez que d’autres gens ne pensent pas comme vous et que c’est tant mieux et que vous devriez les respecter pour cela.

    @Stéphanie gaou : Merci de ce commentaire constructif ! Enfin ! Vous me permettrez donc de vous répondre. Je conçois bien que le premier roman, de façon récursive, oblige à une certaine bienveillance ( bien qu au vu du nombre de romans publiés par rentrée, on se demande si il ne vaudrait pas mieux faire un tri ), toutefois, la bienveillance à la lecture ne tient plus devant un avis raisonné. Publier c’est vouloir aller vers l’autre, et l’autre peut vous rejeter violemment pour vos idées ou votre style. Autant y être confronté tout de suite. D’ailleurs soyons honnête, du fait et de son éditeur, et de son statut et sans doute d’une certaine qualité à son roman, Olivier Steiner a été très bien traité.
    Christophe Bys ne se concentre pas sur la facilité, il se concentre sur ce que son expérience de lecture a fait qu’il a retenu. Peut être que si cela est aussi facile, est ce un peu la faute de l auteur ? D’ailleurs, je me permets de dire, qu’écrire de façon aussi humoristique que le fait Christophe Bys ne relève pas de la facilité, cela est même relativement difficile, et pour tout dire inhabituel dans un monde où faute de place le mieux est l’ennemi du bien.
    Vous pensez que l’interrogation d’aimer dans une époque quelque soit celle ci est original ? Mais la littérature n’est faite que de cela ! Même Houellebecq en prenant un contemporain, s’interroge sur cette question. Sans parler du fait que vu le taux de natalité actuel, les gens doivent bien arriver à s’aimer…. Bref, votre assertion si elle touche une part de la réalité, me semble tout de même un peu fallacieuse dans sa généralité.
    Et si le rien qui l’anime donne une dimension de son néant, peut être est ce nihilisme que Christophe Bys rejette ? et non pas l’auteur en soi.
    D’ailleurs j’en profite pour redire une évidence : cette chronique est sur un roman, pas sur son auteur. Tous les romans ne sont pas des autobiographies ou des témoignages. Ce sont même en principe l’inverse, c’est à dire une fiction.

    @olivier steiner :
    Aller convoquer Du Bellay, voilà que ne manque pas d’audace ou disons d’orgueil. Est ce parce que vous vous sentez un point commun avec lui, parce que son premier recueil s’intitulait l’Olive ?
    En recontextualisant, si mes souvenirs sont bons, c’est un plaidoyer pour la langue française, pour faire de cette langue courante et non encore officielle, une langue de poésie et de réflexion, qui égale dans ses chefs d oeuvres ceux des Anciens.
    Est ce à dire que vous vous sentez chef de file d’une nouvelle Pléïade ?

    @nathpass : Votre première assertion est absurde. Pour abimer le roman, il faudrait intervenir sur le texte. Apparemment pour Christophe, ce roman s’est abimé tout seul. Parce que donner son avis, abime les choses ? Comme tout le monde vous devez passer votre temps à tout abimer autour de vous. Et je le répète, ce roman est publié, avec tout ce que cela veut dire et ce que cela comporte de notion de publicité.
    Je vois qu’en plus, vous visez ad hominem. Et avec quelle justesse ! La cuisine et le sport. Et pourquoi pas le macramé et le tuning, question de bien faire comprendre que si l’on apprécie pas ce roman, c’est qu’il y a une différentiation de niveaux …
    Excusez moi mais je ne saurai trop vous conseiller de lire Denis de Rougemont avant d’attaquer Barthes. Vous y apprendrez peut être que votre conception de l’amour n’est dérivée que d’une chose : des clichés ! Je ne vous ferai pas non plus l offense de comptabiliser les romans classiques et les romans contemporains qui ont l’amour pour sujet …. cela serait un trop gros cliché.
    Vous non plus, vous en vous mouchez pas du coude comme on dit par chez moi sur les références. Pour répondre à votre interrogation, je n ai jamais rêvé de publier un roman d’amour, tout simplement parce que le sujet ne m’intéresse pas, à traiter. En quoi diable, une relation homosexuelle fait sauter des barrières d’identité sexuelle ? Seriez vous à ce point conventionnelle ?
    Nous sommes ravis de connaitre votre vision de la vie, et qu’elle ait rencontré en écho la plume d’Olivier Steiner. Mais pouvez vous vous aussi considérer un instant que tout le monde ne soit pas d ‘accord avec vous ?
    Et puis, oui l’amour c’est beau, c ‘est triste, c’est prenant mais parbleu, ce n’est pas un argument ! Ce n’est toujours pas le vécu de l’auteur ou du lecteur qui nous intéresse, c’est son expérience de lecture, son intérêt. Visiblement vous ne partagez pas les mêmes. Donc si argument il doit y avoir c est sur l intérêt littéraire du livre, sur sa portée, puisqu’entre vous il n y a pas d accord sur le sujet.
    Certes Christophe est précieux et royal comme une fleur de lys, mais c’est Bys son nom, comme repetita, ce que j espère pour ses chroniques. En quoi l’élégance et le bon ton que vous semblez prôner fait un bon lecteur ? Nadine de Rotschild ne dirige pas la BNF dans mon souvenir.
    Quand à votre dernier paragraphe, j’en ris encore !  » le roquefort qui dit au camembert qu’il pue  » sans élégance aucune de ma part ! Vous reprochez l’inélégance et vous la pratiquez avec brio en visant stupidement à côté et ad hominem. Christophe n’attise la haine de rien du tout. Et encore moins des lettreux. Et figurez vous chère Madame, qu’on peut être un littéraire de la plus haute qualité et ne pas supporter la caricature que peuvent être les lettreux (péjoratif dans sa forme même ) et les théâtreux du 5° arrondissement ( ou d’ailleurs ) engoncés dans leurs postures et leurs visions post structuralistes éculées comme des fémurs dans la banlieue de Lascaux. Et si Christophe est homophobe, le Pape est musulman. La diabolisation ad hominem, sensée clore toute possibilité d’argumentation par la honte qu elle déverse sur le contradicteur, est insupportable. Et elle est l’argument semble t il de prédilection des théatreux et lettreux en mal de reconnaissance. Je vous prierai donc de rester courtoise dans vos échanges.

  10. @Abeline : Wao, quelle passion ! Bravo ! Du Bellay, bien sûr que c’est avant tout pour le mot Olive ! C’était irrésistible cette Olive de 1550, après toutes les olives et l’huile comique de Christophe B. Mais si vous pensez que je peux une seconde me comparer à Du Bellay ou à tous les auteurs qu’il cite… soit vous avez décidément une bien basse opinion de moi (snif) soit vous vous moquez du monde (re snif)

  11. @olivier steiner :
    que voulez vous pour avoir l’idée folle de bénévolement faire chroniquer et donc lire et publier un début de dialogue entre auteur et lecteur sur la majorité des romans parus, il faut de la passion.
    Je suis rassurée par le fait que le noyau de votre citation se trouve dans ce fruit, plutôt que dans un usufruit de l’oeuvre … Vous avez raison il faut savoir céder à la tentation.
    Comme je le disais précédemment le ad hominem ne m’intéresse pas, je n ai donc pas d opinion sur vous. A la rigueur sur votre oeuvre.
    Il est vrai néanmoins que je ne dédaigne pas la moquerie. Un peu de distance comme je le disais déjà…. quoi de mieux pour cela que le rire ?

  12. http://www.babelio.com/auteur/Olivier-Steiner/221458
    « AD HOMINEM »
    Contre la personne.
    Dans l’argument personnel ou ad hominem, l’orateur emprunte à l’adversaire des armes pour le combattre ; il le confond en lui opposant ses propres paroles ou ses propres actes. Dans les assemblées politiques de tous les Pays, il n’est pas rare de voir un homme changer d’opinion ; ses adversaires, pour combattre ses paroles du jour, lui rappellent son langage d’autrefois, l’opposant ainsi à lui-même, et le battent par un argument personnel, ad hominem.
    « IN CAUDA VENENUM »
    Dans la queue le venin.
    Le venin du scorpion est renfermé dans sa queue. Cette circonstance fit naître chez les Romains le proverbe in cauda venenum ; ils l’appliquaient à la dernière partie d’une lettre ou d’un discours, qui, débutant sans fiel et sans malice, ne caressait d’abord que pour mieux frapper ensuite.
    ————————————————————————————
    Je ne réponds pas contre la personne mais contre le procédé et j’en fais des déductions aussi hâtives que Christophe Bys (excuses pour l’erreur de frappe dans son nom). À l’origine ce qui m’a déplu c’est de se cacher derrière Céline cette position de Bernard l’Hermite pour attaquer si fort UN 1ER ROMAN et de se trouver drôle(auto-congratulation, private-joke). Comme vous de vous trouver passionnée et comme vous, vous êtes bénévole vous vous permettez de tailler dans le vif… Je ne « me mouche pas du coude » et je souffre « d’un manque de reconnaissance » c’est très sommaire, mais pourquoi pas… je dois lire et relire, certes.
    Je défends la diversité et la singularité : Duras Yourcenar Sarraute mais aussi la littérature populaire : Delphine Le Vigan comme le cinéma d’art et d’essai et le populaire et la télé comme la radio comme pour le théâtre : le public, le privé, le boulevard, l’avant garde, le classique et l’Opéra. La porte peut-être étroite et les bras largement ouverts.
    On ne peut pas dire que comme le suggère la 2ème citation vous attendez la fin de votre discours pour frapper comme d’ailleurs Christophe Bys à croire que vous êtes des deux faces d’une même verve critique contre ce Roman Bohème…. qui sait la même personne. Je cherchais à comprendre pourquoi une telle violence et dès les premiers mots et quel rapport entre Céline et Olivier Steiner ? aucun…
    Vous salue sans soulever mon chapeau même si nous sommes tous liés les uns aux autres et dans le Monde entier. Quel cliché !

1 pingback on this post
Submit your comment

Please enter your name

Your name is required

Please enter a valid email address

An email address is required

Please enter your message

A propos

Chroniques de la rentrée littéraire est un défi lancé par le monde du livre à la blogosphère littéraire :
chroniquer une majorité des parutions romanesques de l’année.
En regroupant 300 bloggeurs
littéraires, Chroniques de la rentrée littéraire est un intermédiaire permettant à chaque livre d’être lu
par au moins un lecteur expert, en toute liberté de ton.

Chroniques de la rentrée littéraire © 2014 All Rights Reserved