L’insatiable Homme- Araignée de Pedro Juan Gutiérrez

L’insatiable Homme- Araignée de Pedro Juan Gutiérrez

Une île paradisiaque pour les touristes, un enfer pour ses habitants qui survivent tant bien que mal dans ce bourbier à la chaleur étouffante. Cuba. La Havane. C’est ici que se déroule les 19 nouvelles que composent ce recueil inondé de rhum, empli de filles plantureuses mais l’espoir en l’avenir n’existe plus.

Le narrateur, double littéraire de l’auteur, marié vivant de peinture et d’écriture se jette à corps perdu dans l’alcool et les femmes, un homme désenchanté prenant la vie comme elle vient et n’espérant guère mieux de la vie que ce qu’elle ne lui offre déjà pas.

Une société cubaine décrite durement, la faim, le manque d’argent et de vivre  y sont mainte fois décrit, dans l’une des premières nouvelles un des personnages mange un poulet en sachant très bien qu’il est pourri et donne comme explication qu’il avait terriblement envie de viande. La prostitution y est décrite ainsi que le délire de ces personnages tous alcooliques, vulgaires et cinglés vivant dans cette « cage paradisiaque ».

Je ne vais pas affirmait que la prose de l’auteur est gracieuse malgré sa limpidité car c’est assez … indécent voire choquant mais c’est ce qui fait la renommée de Gutiérrez et n’empêche nullement le lecteur d’arriver au bout du chemin et de se dire «  quel sacré bonhomme ce Gutiérrez, le chenapan !!!  aahahahaha »

Le texte très fluide découpé en petits morceaux de vie  permet de savourer le récit si réaliste et de se révolter sur le quotidien des habitants, d’applaudir leur survie malgré un manque total d’espoir ; une vie au milieu de l’odeur de pourriture et de sueur, des émanations d’alcool et des trafics en tout genre où la seule échappatoire du narrateur est le sexe.

“Je me dis parfois que la vie ici se réduit à la musique, au rhum et au sexe. Le reste, c’est du décor.”

Tout est dit !

 

Chronique de Stemilou

 

L’insatiable homme-araignée, Pedro Juan Gutiérrez, 13° Note, ISBN 978-2363740403

 

Quatrième de couverture :

Cet album de vignettes cubaines est hanté par la faune haute en couleur de la rue, dans un mélange tropical de moiteur et de misère, de verve et de brutalité. Au sein d’un système corrompu, la survie à Cuba passe par l’érotisme et l’alcool. Insatiablement !

« On prend le café et je rentre en bus. Il est quatre heures de l’après-midi. Il fait chaud, les gens sont beaucoup plus énervés, et l’odeur d’aisselles plus intense. J’ai envie de me déconnecter. Je sors le magazine et essaie de lire Le Ténébreux Homme-Araignée. Impossible. Trop de personnes qui poussent, des pickpockets, un peloteur collant sa pine contre les femmes les plus fessues.»

 



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