Fermeture éclair de Carl Aderhold ( 2)

Fermeture éclair de Carl Aderhold ( 2)

« FERMETURE ECLAIR »

-comme la vitesse à laquelle ce système économique règle leur compte aux ouvriers des usines délocalisées,

-comme cet objet si inventif qui, d’un coup de zip, cache la misère de la réalité qu’il recouvre,

-comme cet ornement futile qui peut juste servir au décorum de certains vêtements à la mode…

Nous voici donc , avec le dernier roman de Carl Aderhold, plongés dans un «  Germinal » du 21ème siècle…la conviction en moins, le virtuel en plus.

Le thème de ce roman pourrait paraître, de prime abord, bien banal , sur-médiatisé : une fermeture d’usine, quoi de moins inhabituel, de nos jours ? …chronique d’un fait-divers industriel…c’est qu’on en a déjà décrits, de ces délocalisations scandaleuses, de leurs suites déstructurantes sur le monde ouvrier, de leurs conséquences en «  effet papillon » sur la vie familiale des employés, l’avenir des régions, de la société !

Illogisme de ce siècle, qui préfère aduler quelques sportifs, soudainement projetés sous les feux des projecteurs médiatiques, plutôt que de valoriser les valeurs vraies du travail et de l’humain !

Voici donc nos héros ( Laurent, 50 ans, et ses quelques collègues d’infortune), licenciés, bafoués, oubliés, qui soudainement se voient sortir de l’ignorance et de la « désexistence » sociale , de par leur participation à une « coupe du monde de foot des chômeurs » …

C’est réellement une bien belle fiction sociale que ce roman de Carl Aderhold…..

quoique… :  «  fiction » ???

 

Cette aventure romanesque ouvre les portes d’une autre réflexion sociologique, plus vraie, plus réaliste, face à la crise ouvrière.

 

L’intrigue, parfaitement ficelée ;

Le ton, juste et sans concession ;

Le style, imagé et agréable sans pour autant être léger ;

Tout cela fait de cet ouvrage un petit régal littéraire.

Je vous laisse le soin de découvrir le rebondissement final, en lueur d’espoir générationnelle !

Merci, Monsieur Aderhold, pour ce «  film » écrit avec autant de tendresse et de justesse que d’humanisme ( avis aux scénaristes qui auraient la lumineuse idée de découvrir ce livre, qui, à mon humble avis, pourrait donner vie à une adaptation cinématographique succulente).

Merci pour cet éclairage nouveau, fictif, mais tellement positif, sur notre avenir ouvrier.

Merci d’avoir tué les cons, et laissé vivre les porteurs de valeurs vraies.

Fermeture-éclair , ou ouverture lumineuse ?

A vous, lecteurs avertis, d’en décider !

 

Chronique de Carole Defer

 

Fermeture éclair, Carl Aderhold, JC Lattès, ISBN 9782709636261

 

Un autre avis ? Ici 

 

 

Quatrième de couverture

« Il est des hommes que la beauté des femmes électrise, réveillant en eux l’instinct de possession, d’autres, dépourvus de toute imagination, chez qui elle ne produit qu’une brève oscillation parmi le flux des informations gérées par leur cerveau, et d’autres enfin que ce spectacle tétanise. Ainsi était Laurent. »

Laurent, ouvrier depuis plus de vingt ans dans une usine de pots catalytiques, la Contilis, est brutalement licencié pour cause de délocalisation en République tchèque. A la suite d’une séquestration mouvementée de son patron, il se retrouve seul : sa femme, l’unique amour de sa vie, est partie en emmenant leur fils. Laurent semble alors condamné aux stages inutiles et au chômage longue durée, jusqu’au jour où le Conseil régional lui propose de disputer avec ses anciens collègues la Coupe du monde de football des sans-emplois…

Portrait d’une revanche sur la vie, Fermeture éclair dépeint avec humanité et finesse la fin du monde ouvrier, ses conséquences sociales, mais aussi ses espoirs.

L’auteur

Carl Aderhold est né dans l’Aveyron en 1963. Fils de comédiens, il a poursuivi des études d’histoire avant de se spécialiser dans la littérature du XVIIIe siècle. Il est actuellement directeur éditorial chez Larousse dans le domaine des sciences humaines. L’auteur de Mort aux cons (50 000 exemplaires vendus, toutes éditions confondues) et de Les poissons ne connaissent pas l’adultère (15 000 exemplaires vendus en première édition) signe ici son troisième roman.

 



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