Nous étions faits pour être heureux de Véronique Olmi

Nous étions faits pour être heureux de Véronique Olmi

Commencer un roman, en lire 40 pages, trouver ça bien. Le reprendre le lendemain, tranquillement, dans son bain et ne plus pouvoir s’arrêter avant la fin, réchauffant le bain, quart d’heure après quart d’heure car c’est trop ça, chaque phrase résonne trop vrai en vous… Voilà ce qui s’est passé entre moi et le dernier roman de Véronique Olmi.

La rencontre de Serge et Suzanne, c’est le hasard, au fond. Elle accorde des pianos, il en a un. Enfin, ce n’est pas si simple. Serge a soixante ans, une merveilleuse femme et deux enfants. Et c’est Lucie, d’ailleurs, qui a cherché quelqu’un pour accorder ce piano qu’ils viennent d’acquérir. Suzanne est en couple aussi, d’ailleurs. Et puis au départ, ils se croisent à peine, ne se voient pas en fait. Et un soir, dans un bar, Serge n’a d’yeux que pour cette femme moins belle que la sienne, moins parfaite, moins tant de chose. Et qui pourtant est pleine… et qui pourtant est tout. Alors, pris d’une envie folle et subite, il la suit… et devient son amant.

Au final, elle est surtout celle qui ne sait rien, en tout cas pas encore. Celle à qui les choses vont pouvoir être confiées enfin, après toutes ces années.

Tout le long de ce roman, on se demande ce que va devenir cette liaison. Les voix des deux personnages se croisent, se complètent et font la lumière sur ce que sont les relations humaines, amoureuses. Elles éclairent ce qu’on croit bien mais qui n’existe pas, sur ce qu’on croit mal alors que peut-être pas au fond. Une sorte de roman du possible… ou de l’impossible. Le roman où l’on cède à la tentation car c’est bon d’être humain, car c’est bon de se sentir vivant. Mais c’est aussi le roman de l’aveu, celui qui va empêcher de se sentir mort et mauvais, au plus profond de soi.

J’ai aimé ce roman, cette plume si proche au final, ces réflexions qu’on se chuchote mais qu’on n’ose pas avouer au grand jour. Et puis cette histoire, cela pourrait être celle de chacun d’entre nous. Et c’est au fond, par bribes (mais je ne vous dirai pas lesquelles), un peu la mienne aussi.

Chronique de Stéphie de Mille et une pages. 

Nous étions faits pour être heureux, Véronique Olmi, Albin Michel, EAN  978-2226242976

Quatrième de couverture :

« C est étrange comme il suffit d un rien pour qu une vie se désaccorde, que notre existence, tellement unique, si précieuse, perde son harmonie et sa valeur. »

Quand Suzanne vient dans la maison de Serge à Montmartre, il ne la remarque pas. Elle accorde le piano de son fils. Elle est mariée, lui aussi, et à 60 ans il a ce dont rêvent les hommes : un métier rentable, une jeune femme parfaite, deux beaux enfants. Pourquoi soudain recherche-t-il Suzanne qui n est ni jeune, ni belle, et apparemment ordinaire ? Pourquoi va-t-il lui confier un secret d enfance dont il n a jamais parlé et qui a changé le cours de sa vie ?

Pour évoquer la passion naissante, les vérités enfouies et coupables, l absence, le désir et les peurs, Véronique Olmi décline avec subtilité, en musique douce, juste et fatale, ces moments clefs où les vies basculent et cherchent désespérément la note juste.



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