La cuisine totalitaire de Wladimir et Olga Kaminer

La cuisine totalitaire de Wladimir et Olga Kaminer

Quand j’ai reçu La cuisine totalitaire, un livre de Wladimir et Olga Kaminer, tous deux d’origine russe, naturalisés allemands avant la réunification, j’ai eu deux réactions :  



Un livre de cuisine! Il ne pouvait tomber plus mal, dans l’antre d’une réfractaire aux petits plats mijotés (réfractaire à la confection des petits plats, pas à leur saveur!)



Et quel titre! La cuisine totalitaire m’a paru d’emblée racoleur, de style anticommuniste primaire, comme si le communisme était responsable de la manière de cuisiner des peuples qui formaient l’ex-URSS. A moins que le régime socialiste ne soit la cause de la pénurie des matières premières et dans ce cas-là comment attirer des lecteurs avec un livre de cuisine du manque! Pas très alléchant, dans ce cas? C’est ce qui m’a semblé parfois en lisant certaines recettes qui ne paraissent pas très recherchées! 



Cependant en dehors des recettes culinaires, nous sont présentées dix des quinze républiques de l’ex-Union soviétique dans une introduction de quelques pages pour chacune : La Russie du Sud, l’Arménie, la Géorgie, l’Ukraine, la Sibérie, l’Azerbaïdjan, l’Oubékistan, le Tatarstan, la Lettonie, la Biélorussie …. A cette présentation des pays succède des anecdotes humoristiques racontées par Wladimir Kaminer sur son vécu culinaire.  C’est parfois assez amusant, jugez plutôt



Quand il parle de ses souvenirs d’enfance :



« De toutes les attractions culinaires de mon enfance, le plat qui aura marqué ma mémoire est le kholodets, un mélange de soupe et de plat de viande qui ressemble à un aspic mais infiniment meilleur…Bien que ma mère insistât sur l’unicité de sa recette héritée de sa grand-mère, il m’était arrivé de voir le même plat chez d’autres. Ma grand-mère avait dû révéler le secret de sa recette au reste de la population.

 »

Ou encore quand il fait table rase de tous les clichés rencontrés au sujet de la cuisine :

« Aujourd’hui tous les enfants savent (…)que les français ne laissent aucune grenouille passer sans lui sauter dessus… Dans cette gastronomie des préjugés, mes compatriotes ne sont pas en reste. Grâce au caviar et au pelménis, ils prouvent qu’ils ont un goût raffiné.(… ) Comme n’importe quel être sensé, le Russe préfère cent fois accompagner sa vodka d’un cornichon … »



Il peut-être aussi critique et pratiquer un humour noir : 

 » 

Sans oublier les centrales nucléaires biélorusses qui fournissaient de l’électricité à la moitié de l’Union soviétique.. D’année en année les pommes de terre ne cessaient de grossir, la population rayonnait. »



Ou encore plutôt lourd et caricatural : 



« Le Sibérien moyen, homme ou femme, est grand et fort. (…) Je crois que dans le cas de  la Sibérie, la taille est un réaction naturelle aux conditions de vie très dures. Les gens sont aimables et discrets. Mais il faut dire qu’ils ne se font  quasiment jamais agresser. A quoi bon chercher des noises à un homme qui a des mains aussi grosses que des lunettes de toilettes?



Mais d’une manière générale les textes de présentation, pas plus que les recettes, ne m’ont entièrement convaincue. La Cuisine Totalitaire ne m’a pas vraiment séduite. »

 

Chronique de Claudia Lucia

 

La cuisine totalitaire, Wladimir et Olga Kaminer  , éditions Gaïa , ISBN 978-2-84720-260-1

 

Quatrième de couverture :

N’allons pas croire que les Russes ne mangent que du caviar?! Bien au contraire, en Russie, le véritable symbole du luxe et d’un art de vie distingué, c’est l’ananas. Voilà un bel exemple de notre inculture quant à l’art culinaire de l’ex-U.R.S.S. Grâce à Wladimir Kaminer, cette période est tout à fait révolue.
«?Pour organiser un dîner russe chez soi?: il suffit d’acheter beaucoup d’alcool, des cornichons, d’appeler ses amis, d’inviter les voisins, de mettre la musique à fond et voilà, le tour est joué.?»
Par de nombreuses anecdotes truculentes, Wladimir et Olga Kaminer nous rafraîchissent la mémoire sur l’histoire mouvementée de ces pays marqués par le sceau du socialisme. Des rencontres inoubliables avec la cuisine soviétique et des recettes originales, rehaussées avec humour par les illustrations de Vitali Konstantinov?: un vrai régal?!

J’ai aimé. Personne ne m’enlèvera ça. Pas même la mer capable tantôt d’engloutir les traces des ravages provoqués par l’homme, tantôt de les recracher — elle a emporté ce que j’avais de plus cher. (…) Je résiste et je me laisse aller, je tergiverse, mais au fond, je sais que tout sera bientôt fini.
Les méfaits des aïeux reviennent nous hanter, dit-on, mais je n’y crois pas. Si des méfaits nous hantent, ce sont les nôtres. »­
Un roman à deux voix sur un secret de famille bien gardé, sur l’amour et le deuil, le pouvoir de la mémoire, et la réconciliation avec le passé.

 



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