Blood Hollow de W. Kent Krueger

Blood Hollow de W. Kent Krueger

Il y a parfois des livres dont on attend un simple bon moment de lecture, qui se transforme en très très bon moment de lecture.

C’est ce qui m’est arrivé avec celui-ci et évidemment, c’est tout de même plus agréable que l’inverse.

Blood hollow est un roman à la fois efficace et confortable.

Ce n’est pas un thriller haletant, et les moments où l’assassin se cache derrière vous avec une hache sont extrêmement rares.

D’ailleurs, ce n’est même pas vraiment un « thriller ». C’est plutôt un bon polar avec un peu de suspense de temps en temps.

Pour autant, il ne s’agit pas d’un roman « simple ». L’intrigue est complexe, elle mêle de nombreux éléments portant sur plusieurs personnages, et s’il est possible de trouver l’assassin, son identité n’est pas évidente.

Le récit prend des directions multiples, l’enquête s’égare parfois, mais revient toujours suivre une trame mêlant adroitement la religion, la nature, la vie dans une petite ville et la famille.

Cork O’Connor, héros de ce récit, mène l’enquête en essayant de préserver sa famille, en conciliant ses origines indiennes et sa foi chrétienne, en respectant les ancêtres et les vivants, ce qui n’est pas toujours facile.

L’histoire s’étire de façon très réaliste sur plusieurs mois, plusieurs saisons qui permettent aux évènements de reposer pour laisser apparaître leur vraie nature.

Le héros ne coure pas partout pour trouver l’assassin, il même plutôt une quête qui lui permettra de mieux connaître les gens qui l’entoure, sans pouvoir modifier le cours des choses.

Il apprend aussi à se connaître, et à vivre avec un autre mode de pensée qui lui vient de ses origines indiennes.

La confrontation avec Solemn Winter Moon et son évolution l’amène à repenser son mode de pensée, et permet au lecteur d’appréhender le mode de vie indien et son rapport à la nature.

Le passage des saisons est un autre moyen d’assigner une temporalité au roman, tout en évoquant le lien des indiens à la nature.

Les saisons passent, Cork reprend son activité estivale au bord du lac et s’éloigne ainsi de la vie en ville et de ses habitants.

C’est ainsi qu’il attire ceux qui souhaitent parler, et surtout qu’il parvient à percevoir la solution du mystère.

L’atmosphère est ouatée par la neige, puis éclairée par un soleil franc, calme qui laisse de la place pour la réflexion, voire la méditation.

Les 600 pages du roman passent ainsi sans que l’on s’en aperçoive, et se terminent avec un goût de trop peu.

Les personnages sont attachants, psychologiquement bien construits, et l’on se demande vraiment pourquoi il n’y a que deux romans traduits en français de cet auteur !

En tout cas, moi, je vais de ce pas lire le roman précédent et retrouver Cork et sa famille.

En bref, vous l’aurez compris, je conseille ce roman aux amateurs de bons polars, et aux amateurs de bons romans.

On y découvre tout autant les indiens d’Amérique du nord et leur relation à la nature, qu’un personnage attachant et une histoire intéressante.

A lire au coin du feu, et à terminer sur la plage !

 

Chronique d’Estelle de Lire et relire

 

Blood hollow, William KENT-KRUGER,  Le Cherche-Midi éditeur,  Traducteur : Sophie ASLANIDES, ISBN : 978-2-7491-1841-3

 

Quatrième de couverture :

Aurora, Minnesota. Charlotte Kane, la fille d’une des familles les plus riches de la ville disparaît le soir du Nouvel An. Toutes les recherches restent vaines. Quelques mois plus tard, lors de la fonte des neiges, on retrouve son corps. Son petit ami, Winter Moon, un Indien de la réserve Ojibwe, soupçonné de l’avoir assassinée, s’enfuit, ce qui accrédite la thèse de sa culpabilité. L’ex-shérif Corcoran « Cork » O’Connor, persuadé de l’innocence du jeune homme, redoute le besoin de vengeance de la famille Kane, et craint une flambée de violence envers les Indiens de la part des habitants les plus réactionnaires de la ville. Quand Winter Moon se livre contre toute attente aux autorités, des événements étranges et inexplicables commencent à se produire, qui vont bientôt bouleverser la vie paisible de la petite communauté, dont la surface tranquille cache des eaux bien plus troubles qu’on ne le pense.

Avec le shérif Cork, William Kent Krueger a créé l’un des personnages les plus attachants du polar américain. Les étendues sauvages du Minnesota, où l’empreinte de la culture et de la spiritualité indienne est omniprésente, constituent le décor grandiose et menaçant de cette enquête riche en rebondissements.
« William Kent Krueger évoque superbement la nature et les Indiens pour nous entraîner dans les mystères des forêts du Nord. Son sens de l’humain nous rappelle celui des anciens, ceux dont l’esprit savait guérir toutes nos blessures. »
The New York Times



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