Moi, Jean Gabin de Goliarda Sapienza

Moi, Jean Gabin de Goliarda Sapienza

Il ne faut pas laisser la vie détruire le rêve … »

Goliarda Sapienza fait partie de ces auteurs qui n’ont pas connu de succès de leur vivant. L’art de la Joie, publié après la mort de l’auteur, la fera connaître aux yeux de tous, et enclenchera la publication de ses autres romans. 
Moi, Jean Gabin se classe d’emblée parmi les romans autobiographiques. Goliarda, alors une vieille femme, a en effet entrepris de raconter, avec le décalage propre à n’importe quelle autobiographie, son enfance en Sicile. 

Nous sommes dans les années 30, le fascisme n’est pas qu’un mot abstrait pour les habitants de Catane, mais sa famille, des intellectuels de gauche, donne à cette petite le goût de l’anticonformisme. Goliarda a donc tout d’une herbe folle qu’on ne pourrait dompter, et son amour pour Jean Gabin, un jour, en sortant d’une projection d’un de ses films, ne fera qu’accentuer ce personnage fantasque. Car Goliarda est Gabin. Elle pense Gabin, elle vit Gabin, elle respire Gabin. Il est son héros, son modèle. 

Gamine affranchie, l’école -celle des fascistes- n’est pas son lieu de prédilection, c’est son frère Ivanoé qui est de fait chargé de l’éduquer. Diderot et Voltaire feront donc partie de son paysage culturel : de quoi éclairer un peu plus l’esprit de Goliarda. Bien entendu, les fascistes rôdent, mais la jeune fille sait (grâce à l’éducation reçue) très bien dans quel camp se placer. Ainsi dit-elle à son père un soir :  

« Promets-moi que même si le fascisme devient le plus puissant des puissants des puissants, tu lutteras toujours pour les pauvres, qu’eux aussi ils puissent faire des études comme moi et n’être plus humiliés par les autres. »

En lisant Moi, Jean Gabin, le lecteur fera la connaissance d’une petite d’exception, presque un personnage de fiction tant sa maturité et son appétit de vivre détonnent durant ces temps troubles du fascisme. C’est en effet un véritable hymne à la vie qu’il sera donné de lire au lecteur. Néanmoins, malgré les qualité indéniables de narration de Goliarda Sapienza, force est de constater que l’intérêt pour cette enfance bien particulière n’a pas pris.
Peut-être m’attendais-je à moins de dialogues dans une autobiographie ? L’auteur a en effet choisi ce procédé pour rendre son récit vivant, mais quid de la vérité ? Peut-on, à la fin de sa vie retranscrire des dialogues vieux de plusieurs décennies ?
J’aurais alors pu lire cette autobiographie comme un témoignage romancé de cette période, mais je crois bien que définitivement Jean Gabin ne sera jamais mon alter ego.
 
Un peu trop de gouaille, sans doute.  

 

Chronique de Leiloona.

 

Moi, Jean Gabin, Goliarda Sapienza, Attila,ISBN  978-2917084502

 

Quatrième de couverture :

 

 

 

 



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