La survivance de Claudie Hunzinger

La survivance de Claudie Hunzinger

 

C’est l’heure de la retraite pour Jenny et Sils, une retraite un peu forcée plutôt que bien méritée. Ces dénicheurs de livres d’occasion se voient contraints de mettre la clé sous la porte de leur librairie, la faute à l’émergence du média internet et des livres numériques.

Loin de battre en retraite, ces deux « exclus » de la société, sans logement et sans retraite-car il faut bien le dire, ils perdent surtout leur statut social- nos deux  solitaires et leur âne Avanie gagnent La Survivance, un petite ferme des Vosges, inhabitée depuis des lustres, à l’abandon. Les hivers y sont rudes.

Qu’ont-ils à gagner ? Un logis de fortune et une liberté de vivre comme ils l’entendent. Autre question pour nos deux personnages, revenir à La Survivance, c’est revenir sur leur idéaux de jeunesse : il y a 20 ans ils ont tout quitté pour s’installer là bas et ont du renoncer à ce  projet : de passer l’année dans cet endroit isolé ; alors vont-ils réussir là ou ils ont échoué de par le passé : coupés de tout, sans électricité, et loin du confort de nos vies moderne.

Là, ou le lecteur aperçoit simplement les contours d’une vie d’ermite, Jenny retranscrit ces petits moments quotidiens ou tout ce qui est vécu avec calme et sérénité devient plus intense. Ou les actes du quotidien prennent un autre sens, comme redécouvrir le compagnon avec lequel on vit, comme prendre le temps de l’observation de la nature et de cette horde de cerfs, moments fugaces et intenses. Ou les échappées de Sils sont l’occasion de décrire les techniques picturales du peintre du moyen âge Grünewald, qui utilisât comme pigments pour ses chefs d’œuvre des gemmes affleurantes des Vosges.

Tout cela se déroule sous le regard d’Avanie, l’âne paisible, qui joue un peu le rôle de poisson pilote de ce petit roman. C’est au rythme des saisons, que s’écoule cette vie tranquille, paisible, les problèmes sont bien liés au réel et non à l’existence: faire des réserves pour l’hiver, trouver du bois de chauffage. Et la question se pose ainsi vont-ils passer l’hiver ?

Claudie Hunzinger illumine ce récit, cette leçon de vie, elle truffe ce quotidien presque banal de références littéraires, de repères simples, chacun de ses personnages trouvant un sens à cette retraite, un peu obligatoire. Jenny s’épanouit au contact de la nature à cultiver son jardin et Sils dans ses lectures. Elle livre quelques réflexions pertinente sur nos sociétés modernes, peut être évidentes, mais si touchantes dans la manière de les délivrer, un gage de maturité en quelque sorte.

Ainsi quand les premières neiges tombent, les deux personnages restent sereins, cette sérénité gagne le lecteur. J’ai trouvé de nombreux points d’ancrage, notamment dans les lectures des deux personnages et dans le plaisir d’évoquer la littérature ; dans les descriptions de la ligne bleue des Vosges.

J’ai tourne la dernière page avec une touche de nostalgie, et  contente d’avoir pris le temps de lire ce récit chaleureux.

 

Chronique de Nath lit 

 

La survivance, Claudie Hunzinger, Grasset

 

Le site de l’auteur 


Claudie Hunzinger – La survivance par Librairie_Mollat

 



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