Le dédain de  Guillaume de Sardes

Le dédain de Guillaume de Sardes

Un peu d’histoire…

Marceau, la petite trentaine, est un parisien qui travaille dans une librairie spécialisée dans les livres rares. Le soir, il aime sortir afin d’assouvir sa quête de plaisir. Il enchaîne ainsi conquêtes sur conquêtes. Et lorsque sa séduction n’opère pas, il se rabat sur des morues filles faciles, des prostituées de luxe trouvées sur le web. L’une d’entre elles, Joyce, se révèle d’ailleurs une bonne travailleuse à 300 euros la passe, elle peut ! et le mène au confins du plaisir. Il passe aussi beaucoup de temps avec sa cousine de 18 ans, Lili, qui adopte des attitudes à son encontre, un peu ambigües. Marceau est troublé d’ailleurs. Un jour, Marceau croise le chemin d’une sublime italienne, June, qui, contrairement aux autres femmes, ne se laisse pas séduire facilement. Elle s’échappe et Marceau, fou d’amour, ne pense qu’à elle…

Un peu d’avis…

Le résumé ci-dessus condense plus de la moitié du roman… C’est dire si Le dédain est le roman de la vacuité et – sûrement aussi- de la vanité. Il faut croire que TF1, le nouvel Angot et le dernier clip de Christina Aguilera n’étaient pas suffisamment stériles pour nous, pauvres innocents, qui n’avons pas mérité ça. Guillaume de Sardes a décidé de nous achever avec ce roman où se disputent la stérilité et la platitude. Rien de bien original donc sur le fond : Marceau est un héros qui s’emmerde s’ennnuie et le lecteur avec pendant deux cents pages. Il gaspille son argent, se ballade nu chez lui, baise beaucoup, travaille un peu, parle pour ne rien dire. Non ce n’est pas le scénario d’un film d’auteur à la con mode mais bien d’un roman qui se veut dans l’air du temps…Autant vous dire que l’époque sent le pâté moisi.

Ce roman est donc très « parisien », « tendance », « hype » sur le fond avec moult références à la clé, mais il oublie juste de dire quelque chose. En effet, hormis   »sa chatte est mouillée » ou « je sors ce soir au bar », Sardes n’a rien à dire. Et c’est sûrement pour se venger de son néant intellectuel qu’il a décidé d’écrire ce livre aussi profond qu’un dialogue de lycéens. Pourtant le CV de l’auteur est impressionnant mais il faut croire qu’il a mis tout son talent dans la vie…Il ne restait donc que la nullité pour ses livres. Pas de chance pour le lecteur… 

Aussi, en lisant ce roman, on ne peut s’empêcher d’être consterné… par sa publication qui, entre nous, reste le vrai mystère. En effet, si le fond est pathétique avec ses pipes et levrettes aussi bandantes qu’un porno des années 70, le style est d’une platitude sans équivoque. Sardes joue au pseudo-intellectuel parisien dans ce roman pour tenter de masquer une absence de style. Le degré zero de l’écriture a été atteint: les phrases sont plates, le vocabulaire pauvre, le sens nul. D’ailleurs le livre est tellement mauvais que personne ne semble avoir réussi à le terminer chez Grasset. En effet, la quatrième de couverture est un mensonge total : elle présente un livre qui n’a rien à voir avec ce que raconte Le dédain… Quand l’éditeur lui-même ne lit pas le livre qu’il publie, ce n’est généralement pas bon signe. Avec Le dédain, Sardes semble avoir voulu atteindre la nullité absolue dans tous les domaines. Challenge remporté.

Chronique de Sara Salando 

Le dédain, Guillaume de Sardes, Grasset 



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