La fabrique des illusions de Jonathan Dee

La fabrique des illusions de Jonathan Dee

Encore un roman d’amour, enfin encore un roman d’amour raté. La fabrique des illusions contient un personnage féminin, comme on les aime Molly, une petite fille de la campagne nord-américaine, qui voit le désastre de la vie de ses parents, sans vraiment réagir. Adolescente, la jeune femme devient très belle et désirée, et ce, peut-être d’autant qu’elle semble ne s’attacher à personne. Partie se réfugier en Californie, où son frère étudiant s’est réfugiée dans un investissement mystique, elle croise John, étudiant en histoire de l’art qui va tomber sous le charme de la jeune femme à la dérive….

Après une séparation, les deux protagonistes se retrouveront dix ans plus tard. Entre-temps, John est devenu un publicitaire new yorkais qui a quitté sa fiancée et un travail bien payé dans une agence reconnue pour tenter l’aventure avec un associé de l’agence. Ce dernier évoque un mélange de Guy Debord et du photographe de Benetton : il chercher à réinventer le geste publicitaire, pour le transformer en acte artistique gratuit. Ce personnage évoque aussi par son mystère une sorte de Gatzby moderne, un être aux motivations opaques, dont le mystère ne sera jamais dissipé.

Le roman est à la fois un magnifique portrait de la société des Etats-Unis, où l’on vérifie que ce n’est pas la même chose de vivre en Floride, en Californie ou dans la Nouvelle Angleterre. Il raconte aussi le monde de la publicité au tournant des années 80/90.

C’est aussi un roman d’amour à la construction très maîtrisée. J’ai souvent écrit ces derniers temps pour m’agacer des récits alternant deux temporalités. Là aussi, tel est le cas de la première partie, puisque le roman narre en parallèle l’enfance et l’adolescence de Molly et la vie de jeune adulte de John.

L’un et l’autre sauront-ils rattraper le temps perdu ? Ou bien un premier échec hypothèque-t-il toute possibilité de rallumer le feu ?

 

Chronique de Christophe Bys

 

La fabrique des illusions, Jonathan Dee, Plon, ISBN 978-2259216623

 

Quatrième de couverture :

Molly Howe ne s’attache à personne. Elle traverse l’existence telle une ombre, fuyante et insaisissable, son propre pouvoir de fascination lui échappe. Trop à l’étroit dans un monde étriqué, elle s’enfuit à Berkeley où elle rencontre John Wheelwright, étudiant en histoire de l’art, prêt à tout pour elle. Jusqu’à ce qu’elle disparaisse. A dix années de là, New York. John est devenu un jeune homme brillant, sa carrière dans la publicité démarre en flèche, il vient d’être repéré par le gourou visionnaire Mal Osbourne et s’apprête à le suivre dans un défi exaltant et révolutionnaire : tuer la publicité et sauver la création. Absorbé tout entier par l’aventure, il a presque oublié cette béance dans son passé, jusqu’à ce que Molly rejaillisse de l’ombre. Chassé-croisé narratif de génie, La Fabrique des illusions entremêle les trajectoires de ses créatures et dresse le portrait d’une gigantesque machine à rêves : l’Amérique des années 1980-1990.



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