Idiopathie de Sam Byers

Idiopathie de Sam Byers

Alors, forcément, on pense à la blague débile « Homéopathie, pauv’Juliette ». Oui, bon, excusez-moi, hein, on a l’humour qu’on peut et le mien est marqué par une ascendance résolument jeux-de-mots-foutraquesque. C’est sa faute, pas la mienne, de toutes façons rien n’est de ma faute je suis l’innocence même, l’innocence m’aime comme disait Pennac (ouais, moi aussi je peux citer des auteurs). Après, on rit, à cause du sous-titre « Un roman d’amour, de narcissisme et de vaches en souffrance » parce que franchement, avec un sous-titre comme ça, même pas besoin de faire de comm’, suffit de mettre le bouquin en vitrine et tout le monde se jette dessus. Enfin, tout le monde des gens qui ont de l’humour, donc 278 moi un quart. Oui, un quart, c’est pour mon p’tit orteil gauche. Bref.

Une certaine honnêteté m’oblige à dire que oui, un orteil, ça fait un quart de moi, parce que sans orteil on peut rien faire et donc du coup, un doigt en moins c’est pas grave mais un orteil c’est la merde, donc ça compte pour un quart du corps humain. De toutes façons, ça ne sert à rien d’argumenter, je veux dire, vous êtes en train de parler à un écran d’ordinateur, là. Vos collègues vont vous regarder de travers et je ne pourrai pas y faire grand chose puisque je suis loin, très loin, devant mon propre écran d’ordinateur à tapoter sur un clavier (certains des collègues les plus proches de moi diront taper furieusement, mais il ne faut pas les écouter, ils sont juste jaloux de mon impressionnante vitesse de saisie qui me permet de taper en regardant les posters de Colin Firth nu qui ornent mon bureau plutôt que mon écran).
Bref, oui, alors, Idiopathie. Ma sœur a aimé, les fidèles ici sauront ce que ça veut dire. Encore, que, fondamentalement, je n’ai pas détesté, mais j’ai trouvé ça furieusement inégal, avec des fulgurances au milieu de pages profondément déprimantes et chiantes que j’ai même parfois tenté de lire en diagonale (mais les diagonales sur une liseuse ne sont pas les mêmes que sur du papier, ce sont en quelque sorte des semi-diagonales, des quarts de diagonales, des orteils de diagonales. Bref.) C’est un peu lourd, parce que tout de même ce sont des gens qui s’engueulent et sont malheureux quasiment tout le bouquin, et moi je vis dans le monde des Bisounours où tout le monde s’aime, mais tout de même il y a un bon fond, l’écriture est sympathique, je suivrai cet auteur dont c’est le premier roman.

 

Chronique de Reading in the rain

 

Idiopathie, Sam Byers, Seuil, Traduit de l’anglais par Nicolas  Richard, ISBN 9782021099867

 

Quatrième de couverture :

Tout le monde va mal dans ce roman, à commencer par Katherine, qui n’aime rien ni personne. La trentaine, coincée à Norwich, elle se demande s’il n’est pas temps de tirer un trait sur les hommes, et sur le bonheur en général. Daniel, son ex, ne va pas mieux, menant avec sa nouvelle compagne une vie si confortable qu’elle en est franchement fade. Nathan non plus, qui fut leur ami proche, et qui se remet tout juste d’un épisode suicidaire dont sa mère s’est inspirée pour son témoignage best-seller. Et encore moins les vaches, qui succombent à une étrange épidémie dont les symptômes ne sont autres qu’une métaphore du malaise général.

Idiopathie est une comédie cinglante qui dresse le portrait d’une génération et d’une société à la dérive. Styliste hors pair et maître dans l’art de l’autodérision, Sam Byers dissèque les failles d’une époque qui se laisse aller à la nostalgie, même si ce n’était pas mieux avant.



une petite faim de culture ? inscrivez vous à la newsletter
Share This
WordPress Video Lightbox Plugin