Georgia de Julien Delmaire

Georgia de Julien Delmaire

Non, non, non, ce n’est pas parce que l’auteur a la peau ambrée et des locks que j’ai eu envie de lire ce roman. Bon, certes, le bandeau a attiré mon œil. Mais ne m’accusez pas ainsi, je suis une lectrice digne, qu’on se le dise…

Bon, sérieusement. Ce premier roman raconte comment deux destins se croisent, comment deux âmes perdues vont essayer pendant un temps trop court de s’offrir un peu de douceur dans ce monde de noirceur. Mais c’est malgré tout la fatalité qui les rattrape.

Le roman démarre en nous parlant de Venance. La narration revient sur le parcours de cet homme dont e corps est déjà froid, prêt à être enterré. Venance c’est l’homme noir, qui a quitté son Sénégal natal, fort de trouver en France le salut et la vie rêvée. Sauf que… pour lui non plus, le territoire des droits de l’homme ne sera pas l’Eldorado convoité. Il vit de quelques sous dans une minuscule chambre de bonne sous les toits. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne mange pas à sa faim tous les jours. Et puis, il y a la peur incessante de la police, du contrôle d’identité et du retour forcé…

Et puis sa route croise celle de Georgia, une jeune femme à la dérive, mais pas pour les mêmes raisons. Georgia est blanche, elle n’a donc pas les mêmes craintes que Venance. Mais elle est sans domicile et s’oublie dans la drogue. Pour se procurer sa dose, elle n’a que son corps, alors elle le cède… pour oublier quelques instants que le manque reviendra…

Alors ces deux personnages vont se croiser. Et s’aimer. Enfin à leur manière… car Georgia n’aime plus, Georgia ne vit que par et pour la drogue. Et en fil conducteur, il y a ce magnifique air de Ray Charles…

C’est un roman fort, très sombre, porté par une écriture poétique mais de cette poésie qui vous incise les chairs en profondeur, de cette poésie qui ne supporte aucun compromis, dont les images au lieu d’atténuer vous balancent coup de poing après coup de poing. Certains passages m’ont semblé rythmés tel un slam ou un rap. Ce texte est à la fois une réussite dans son fond et dans sa forme donc. L’auteur offre un premier roman très travaillé, exigeant, au vocabulaire précis et recherché (j’ai dû ouvrir le dictionnaire et j’ai découvert des mots qui m’étaient inconnus… merci !)

 

Chronique de Stéphie 

Georgia, Julien Delmaire, Grasset, ISBN-13: 978-2246808954

 

Quatrième de couverture :

Georgia est une chanson.
Georgia est une jeune femme perdue.
Georgia est un roman d’amour : deux êtres à la dérive se rencontrent, se racontent, dans une parenthèse en clair-obscur, au cœur de la ville, ici et maintenant.
Venance écoute, Georgia parle, et de sa voix jaillissent des paysages. L’enfance résonne avec les derniers accords de Joy Division.
« La vie de Georgia commence à peine, que déjà les heures épuisent le sablier. Le bluesman reprend son souffle. La chanson passe de bouche en bouche. L’amour, l’amour nous déchirera à nouveau. »



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