J’étais Quentin Erschen de Isabelle Coudrier

Du plus loin qu’elle s’en souvienne, Natacha Flinch a toujours passé le plus clair de son temps libre chez ses voisins les Erschen ; deux frères, Quentin et Raphaël, et une sœur, Delphine, élevés par leur père cardiologue et une gouvernante, leur mère étant morte dans un accident de voiture alors qu’ils étaient encore au berceau.
Inséparable de la fratrie Erschen, c’est tout naturellement que, plus tard, elle les suit à Paris pour entamer des études de médecine, à l’instar des deux frères, pendant que Delphine s’inscrit dans un cursus d’anglais à la Sorbonne. Commencent alors les années loin de leur Alsace natale, dans un appartement du boulevard Brune. Le beau Quentin étudie sans relâche, le joyeux Raphaël court les fêtes et les filles, la gentille Delphine subit ses cours tout en se rêvant boulangère. Et Natacha espère encore et toujours que Quentin réponde enfin à cet amour qui la ronge depuis tant d’années.

Roman sur l’enfance, ses joies, ses douleurs, les jeux partagés, J’étais Quentin Erschen est aussi un roman sur l’amour, celui qu’on donne, qu’on reçoit et celui dont on est privé. Isabelle COUDRIER y décortique les souffrances, les tourments de ce sentiment qui fait vivre l’enfer quand il n’est pas partagé mais peut s’avérer encore plus dangereux quand on est incapable de le ressentir.
Après le prometteur va et dis-le aux chiens, Isabelle COUDRIER confirme son talent. On y retrouve la même musicalité nostalgique et lancinante que dans son premier roman. Sa signature s’affirme grâce à des thèmes récurrents : une petite ville d’Alsace, une famille confrontée à un drame, une fille qui ne sera jamais une femme (d’après sa mère) et l’amour, bien sûr, obsédant, insaisissable, si difficile à appréhender et à vivre.
Une auteure talentueuse, un roman magnifique, un style à découvrir absolument!

Chronique de Sandrine F. 

J’étais Quentin Erschen, Isabelle Coudrier, Fayard, ISBN 978-2213677613

 

Quatrième de couverture :

Quelle part y avait-il d’enfance dans ces amours bizarres et contrariées, quelle part de masochisme, de folie et d’addiction ? Personne n’aurait su le dire. Le fait que Natacha était tombée amoureuse de Quentin alors qu’elle le connaissait depuis toujours pouvait passer aussi bien pour un accomplissement que pour une trahison de leur passé commun. À moins bien sûr de considérer que, Quentin étant de son côté incapable de tomber amoureux de qui que ce fût, Natacha tenait absolument à souffrir et qu’elle avait trouvé là un moyen imparable de se rendre malheureuse pour longtemps. Mais qui voudrait souffrir et chercherait sciemment à s’infliger les tourments de l’amour ?

Isabelle Coudrier signe ici son deuxième roman, après Va et- dis-le aux chiens, déjà traduit dans plusieurs langues.



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