La dernière séance de Chahdortt Djavann

Enceinte après un viol collectif dans les locaux de la police iranienne, Donya ne voit de salut que dans la fuite, l’exil vers un pays où elle pourra se faire avorter. C’est la Turquie qui sera sa terre d’accueil. A Istamboul, elle trouvera le soulagement, la liberté, mais aussi un travail et des amis. Elle y fera de brillantes études aussi, pour finalement partir pour Paris, invitée par un jeune homme amoureux. Des changements de lieux, de mœurs, de vie qui ne sauront pas la guérir de son mal-être. Après une tentative de suicide, elle commence des séances chez un psychanalyste parisien.

Avec cette suite à Je ne suis pas celle que je suis, Chahdortt Djavann continue son exploration de la psyché de Donya, femme de caractère, écorchée vive, qui a fui l’Iran et le régime des ayatollahs. On la suit à deux époques de sa vie, cette fois, à son arrivée en Turquie en 1991 et quelques années plus tard, lors de ses séances de psychanalyse à Paris.
Volontaire et éprise de liberté, Donya ne se dévoile pas à ses amis turcs. Elle ment pour se protéger, et par habitude aussi à force de vivre sous un régime où il faut dissimuler pour survivre. Mais grâce à sa force de caractère, Donya s’adapte très bien dans son pays d’adoption où elle mène une vie plutôt heureuse malgré les épreuves.
Mais peut-on vivre toujours en cachant ses failles? La psychanalyse va faire affleurer les blessures de l’enfance, le désamour de sa mère, la folie de son père, le drame d’être née fille dans un pays où les hommes font la loi mais aussi le spleen des exilés, étrangers partout, confrontés à une langue, un mode de vie, des idées, tant de choses différentes.
Livre-choc, La dernière séance raconte une femme qui se cherche, une iranienne engluée dans l’amour-haine de son pays, qui va mettre sa lucidité au service de la vérité, quel qu’en soit le prix.

Chronique de Sandrine F. 

La dernière séance ,  Chahdortt Djavann, Fayard, ISBN 978-2213677569

Quatrième de couverture :

C’est un roman à deux temps où s’entrelacent des séances de psychanalyse que l’héroïne poursuit à Paris et le récit de son parcours d’émigrée. Suite à un viol collectif par les gardiens de l’ordre moral, Donya fuit Téhéran. Arrivée à Istanbul, elle décide d’avorter, apprend la mort de son père, et cherche désespérément un travail. Rien n’est jamais acquis pour une Iranienne désargentée qui doit pa

rtir tous les trois mois en Bulgarie pour renouveler son droit de séjour. Elle s’embarque dans un bus rempli de malfrats pour Sofia en 1991, et atterrit dans un hôtel de passe. Trois mois plus tard, elle manque mourir à la frontière de Bulgarie lors d’un deuxième voyage. Outre son boulot dans une clinique à Istanbul, elle devient danseuse orientale pour payer ses études. Les paysages somptueux du Bosphore contrastent avec les lugubres faubourgs de Sofia. Pourtant c’est à Paris, au cours de l’analyse, que surgissent les révélations les plus inattendues. Les souffrances d’une enfance terrible, une mère qui délaisse Donya dès la naissance car elle désirait ardemment un garçon. Une mère qui ne pardonne jamais à sa fille d’être une fille. Un père ruiné devenu opiomane et fou. Une fillette qui tente de se faire aimer par ses parents grâce à son intelligence. Une adolescence « coupable » et brisée. Et une jeune femme qui ne parvient à pardonner ni à ses parents ni à son pays. La maîtrise progressive du français constitue le seul bonheur de l’héroïne. Une jeune femme qui fuit la réalité insoutenable en inventant des mensonges sincères ! Au fil des séances et de l’histoire, se profile, sous le regard myope de son psy, la fin tragique d’une jeune femme rattrapée par son destin.


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