Des enfants de Laurent Audret

C’est sûrement le texte le plus singulier que j’ai eu entre les mains depuis longtemps. Pas vraiment un roman, à peine un récit, un style poétique assurément. De là à parler de conte cruel comme le prétend la quatrième de couverture, je n’irai pas jusque là. Ou alors un conte post moderne, débarrassé des scories du genre.

Dans le futur ou le passé (le texte n’est pas daté), un groupe d’adultes semblent mener la guerre à des hordes d’enfants. Tout le monde semble revenu à une sorte d’état sauvage. La construction du livre renvoie à cette situation alternant de courts fragments, toujours écrits avec le pronom personnel « on », désignant parfois les adultes, parfois les enfants.

Très vite, on comprend que les adultes font la chasse aux enfants qui semblent revenus à l’état sauvage, les capturent, les violent et les tuent. Des enfants est un texte barbare et dérangeant, servi par une écriture, entre détachement moral et style vénéneux, qui produit un terrible malaise à la lecture. On est du côté des auteurs maudits, quelque part entre Sade et Bataille(1), quand la littérature produit des visions infernales et ressort du cauchemar éveillé.

Rouvrant ce livre pour écrire cette chronique, je ressens physiquement cet inconfort. Violent et physique. La littérature sert aussi à ça, mais mieux vaut être en forme et prévenu avant de l’ouvrir. Nul doute que l’auteur a cherché à retrouver un pouvoir sulfureux à une littérature tellement rangée, qu’elle ne dérange plus grand monde. C’est réussi, mais à quel prix ?

 

 

Chronique de Christophe Bys 

NB : quand j’écris entre Sade et Bataille, ce n’est pas que je classe cet auteur entre ces deux écrivains, j’indique juste une « famille » à laquelle il pourrait appartenir.

 

Des enfants, Laurent Audret,  Christophe Lucquin éditeur. ISBN  978-2366260106

 

Quatrième de couverture :

Des enfants est un texte qui perturbe, ce genre de texte qu’on lit une fois, que l’on repose, que l’on n’oublie pas. Et puis, il y a cette envie irrésistible de le reprendre, alors, on le reprend, on le relit,



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