Arrête,arrête de Serge Bramly

Ce tout petit livre m’est tombé totalement par hasard entre les mains. J’avais pas mal d’a priori négatifs, mais c’est une heureuse surprise.
L’histoire est simple. Vincent, ancien truand, vient de couper son bracelet électronique alors qu’il était en conditionnelle et en fin de peine. On ne lui connaît aucune envie de vengeance, aucun compte à régler, alors ? C’est parfaitement incompréhensible. Les flics sont lancés. On suit l’histoire d’abord du point de vue de son petit frère, un respectable médecin, puis avec les yeux de Vincent sans que l’on ait accès à l’intériorité de ce dernier.

C’est un récit court et bien mené. Les quelques personnages sont bien caractérisés et s’il n’y a pas d’immenses surprises, cela n’est pas pour autant cousu de fil blanc. Si je craignais le portrait du truand au grand cœur « à l’ancienne » car le héros suit ce stéréotype, on s’éloigne heureusement du récit policier classique, pour suivre une errance dans le Paris nocturne, dans les rues, les cafés et quelques boîtes interlopes. Ce qui intéresse visiblement l’auteur est le cheminement des pensées des personnages et les rares rencontres qui parviennent à prendre place dans le cours laps de temps qui est relaté. C’est surtout un portrait de notre société, vue par les yeux de quelqu’un qui en est resté éloigné pendant seize ans. Le livre de Bramly dégage paradoxalement une certaine joie de vivre, un optimisme dans l’existence malgré un ton assez désabusé et son atmosphère de roman noir.

Le récit est tendu, il n’y a ni longueur ni suspense. Pas de phrase ou de mot en trop, tout semble soigneusement calibré, tout en possédant sa poésie propre. Au final, ce qui commence comme le récit d’une cavale prend l’allure d’un conte moderne.

 

Chronique de Nathalie 

 

« Arrête, arrête », Serge Bramly, Nil éditions, ISBN  : 2-84111-674-3

 

 

Quatrième de couverture :

 

Un homme en cavale se réfugie dans une boîte échangiste et tombe amoureux d’une participante.
Un roman court, tout en tension et en émotion.
À quelques mois de la fin de sa peine, un condamné coupe son bracelet électronique et se retrouve en cavale. Il rend une visite furtive à sa fille, lui dit au revoir, lui emprunte sa voiture et roule vers Paris. Est-il devenu fou ? Veut-il se suicider ? Prépare-t-il un coup ? Il remonte à pied les Champs-Élysées, se met à l’abri sous un porche pendant une averse, croise le regard d’une femme troublante. Puis il se réfugie dans une boîte échangiste ou, jadis, il avait des intérêts. Dans la pénombre rassurante, il va se mettre en quête d’une arme et croiser le regard d’une femme. Celle des Champs-Élysées ? Il en est certain, mais elle lui jure qu’il y a méprise. Cela ne va pas les empêcher de s’aimer.


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