Sans Faille de Valentin Musso

Le très charmant Ryan Gosling avait, il y a quelques années, conforté sa place d’acteur de premier plan face à un monstre du cinéma et du théâtre qu’est Anthony Hopkins, dans un thriller accablant : La FAILLE, où il est question d’ambition, d’art de la guerre et évidemment d’égos blessés. Le héros ou devrait-on dire le protagoniste du dernier roman de Valentin Musso pourrait être incarné par sexy Gosling. Il s’appellerait Théo, diminutif de Théodore. Il serait beau, intelligent et plein d’argent. Il aurait lui aussi une faille narcissique et comme Philippe Labro, lui aussi très compétent en matière d’égo – ou Mylène Farmer mais on s’égare-, l’aurait dit, il va tomber 7 fois pour se relever 8.

Donc Ryan Gosling, pardon, Théo Delcourt est un trentenaire sexy, banquier, bien sous tout rapport, flanquée d’une petite amie légèrement vénale, Dorothée, d’un ami de toujours ou plutôt d’un faire-valoir d’adolescent David et de sa petite amie anorexique Juliette. Théo est né avec une cuillère d’argent dans la bouche et ne l’a jamais recrachée en espérant que sa merveilleuse salive la transforme en platine, couleur de l’AMEX qui fait du bien. Théo rejoint Romuald dans un chalet dans les Pyrénées pour une ballade autour d’un glacier. Et qui dit glacier dit depuis Les Rivières Pourpres catastrophe, meurtre, vengeance.

Valentin Musso choisit de faire une construction à rebours comme celle que tous les spin-off mettent en place. D’abord la tête qui tape contre le parebrise, l’éclat du verre, le sang puis … la narration. C’est efficace. Comme son frère, il choisit d’y mettre un style blanc et simple… à l’américaine, mais pas celle de Franzen, Palaniuk.

L’originalité provient du twist final où l’interrogation sur la nécessité du pardon ou de la vengeance, sur la construction de l’être au travers de ces vicissitudes et turpitudes, se transforme en réflexion sur le pouvoir démiurgique de l’imagination.

On peut tourner les pages en visualisant Ryan Gosling dans les Randonneurs, espérant que Stallone n’apparaisse pas pour le Cliffhanger … On peut aussi chercher la faille et s’engager alors dans une spéléo des profondeurs dans l’abysse du polar page turner. Ou on peut faillir avant la fin …

 

Chronique d’ Abeline Majorel 

 

Sans faille, Valentin Musso, Seuil, ISBN 978-2021141887

 

 



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