L’homme qui a oublié sa femme de John O’Farell

Parfois, quand tout va mal, on a juste envie de mettre les voiles pour fuir une vie devenue insupportable. Vaughan, lui, a conjugué l’art de la fuite de façon plus subtile : la fugue dissociative. En clair, il a tout oublié de lui-même et de tout ce qui faisait sa vie. Il lui est tout à fait possible de nommer le premier ministre ou le dernier vainqueur de la Coupe de la ligue, il peut aussi dire qui est napoléon ou qui a gagné la guerre de 14-18, mais il est incapable de se souvenir de son propre nom, de son enfance, de ses amis, du visage de sa mère ou de celui de sa femme. Car Vaughan a deux enfants et une épouse, du moins pour quelques jours encore. Recueilli par Gary, son meilleur ami, il apprend que son divorce doit être prononcé bientôt et qu »une nouvelle vie s’offre à lui, loin d’un mariage rendu pénible par la routine, les disputes, les reproches, les rancoeurs. Pourtant, Vaughan n’est pas prêt à accepter ces révélations. La femme qui a partagé sa vie, il l’a aperçue, il l’a trouvée belle, il l’a aimée à nouveau au premier regard, il ne veut pas la quitter. Le Vaughan nouveau, sans passé ni souvenirs, saura-t-il reconquérir la belle Maddie ?

 

Un homme qui erre dans les couloirs du métro de Londres, amnésique et désemparé, voilà une entrée en matière qui peut sembler traiter d’un sujet des plus sérieux. Mais le vent léger de l’humour so british de John O’Farrell va emporter sur son passage toute gravité et compassion et c’est le sourire aux lèvres que l’on suit les tribulations de Vaughan dans sa double quête, celle de son identité et celle de l’amour de sa femme. Si de prime abord, il paraît un peu benêt (normal ! Il a l’innocence du nouveau-né), très vite au fil des souvenirs qui refont surface, il s’avère plus complexe, perdu entre l’homme qu’il a été et celui qu’il est désormais. Dorénavant, il lui faudra concilier ces deux hommes en lui pour avancer, accepter son passé pas toujours glorieux, et surtout se faire accepter de Maddie qui, elle, n’a rien oublié, malheureusement.

Le ton est enlevé et léger mais cela n’empêche une réflexion sur la manière dont on s’arrange avec son histoire, sur la vie de couple, sur l’amour. Une comédie à l’anglaise, enjouée et drôle, pour un bon moment de détente et de rire. A lire sans modération !

 

 

Chronique rédigée par Sandrine F

 

L’homme qui a oublié sa femme, John O’Farell, Presses de la cité,  Traduit par Santiago Artozqui

 

 

Quatrième de couverture :

 

Après un étrange malaise, Vaughan, un quadragénaire, reprend connaissance dans le métro londonien. Il ne se souvient plus de rien : ni de son nom, ni de ses deux enfants, ni de sa femme, la sublime Maddy. Quand, après moult péripéties, il revoit celle-ci pour la première fois, c’est le coup de foudre. Pas de chance, ils sont en pleine procédure de divorce. Vaughan n’aura désormais qu’une obsession : la reconquérir ! Une mission quasi impossible, puisque Maddy ne veut plus entendre parler de lui. Et pour cause, Vaughan découvre que son ancien « moi » était un homme plutôt odieux porté sur la bouteille. S’il souhaite la séduire à nouveau, Vaughan devra lui prouver qu’il a changé !



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