« Clandestines» de Zoé Ferraris

Un faux polar ce livre mais un grand livre, le contexte policier est un prétexte à la description de la vie en Arabie Saoudite de nos jours. En tout cas, c’est comme ça que je le perçois et c’est ce qui m’a convaincue et intéressée. Pourquoi me direz-vous ?

Je me suis aperçue que je ne connaissais rien ou presque de ce pays. Ou bien juste un lointain souvenir livresque avec « Tintin au pays de l’or noir » : autant dire que je n’avais jamais lu auparavant d’histoire se déroulant dans ce pays.

Dès le départ, l’histoire de ces corps découverts dans le désert nous emmène dans un autre monde : celui d’un pays doté d’un pouvoir religieux ancré dans les traditions, qui rejaillit sur le quotidien de tous et surtout sur celui des femmes. 

Voici l’histoire ou plutôt quelques éléments uniquement, un polar se découvre à sa lecture. Les ingrédients du roman policier sont tous là : des meurtres, des enquêteurs tenaces et intelligents, des pistes multiples, un vrai suspense.

Le tour de force réalisé ici est de mettre en avant une enquêtrice, Katya, particulièrement douée, alors que dans ce pays les femmes ne jouent que des rôles subalternes.

Un autre personnage féminin est le spécialiste des tueurs en série du FBI : l’auteur s’est amusée à confronter une femme experte dans un monde régenté par la gent masculine. Les policiers sont très mal à l’aise devant cette femme dont le rôle est de les aider. 

Les autres personnages principaux comme Nayir ,le fiancé de Katya, ou Ibrahim responsable des recherches, aident Katya et la soutiennent dans une quête de la vérité souvent périlleuse.

Revenons à l’histoire, après la découverte des corps dans le désert, Ibrahim, enquêteur principal, s’interroge sur la signification de ces meurtres puisque près des corps, des mains tranchées sont découvertes. Pourquoi ces femmes enterrées pour certaines depuis plus de 10 ans, n’ont jamais été déclarées disparues ? Quel lien les unit ? Pourquoi cette mise en scène ? 

Toutes les réponses à découvrir dans le roman qui se lit facilement grâce à l’écriture très fluide, les situations s’enchainent et le suspense très prenant.

Remarquable aussi par ces démonstrations des différences entre hommes et femmes ainsi que celles entre saoudiens et immigrés : les immigrés travaillant notamment à la place des saoudiennes qui sont très peu nombreuses à travailler. La dureté de la justice est souvent évoquée dans le texte également : un vol est puni d’une main tranchée et un adultère est passible de la peine capitale.

Je ne connaissais pas cette auteure qui a déjà publié deux livres avant celui-ci.

Américaine, elle a épousé un saoudien et vécut quelque temps à Djeddah avec son mari et ses enfants. Elle vit actuellement à San Francisco.

 

Je vous conseille ce roman pour son intrigue et plus encore pour la découverte de l’Arabie Saoudite. Une belle et étonnante découverte pour moi.

 

Chronique rédigée par Ckdkrk

 

Clandestines, Zoé Ferraris, Belfond , 

 

Quatrième de couverture :

 

Sous le sable, le sang, et dix-neuf cadavres. Serial-killer puisant son inspiration dans les versets du Coran, maîtres-chanteurs aux charmes envoûtants, réseaux secrets impénétrables… la brillante et farouche Katya est bien décidée à mener l’enquête. Mais dans un pays ne répondant qu’à la voix des hommes, comment se faire entendre ?
Après Les Mystères de Djeddah, un thriller haletant à la découverte des troubles d’une société saoudienne schizophrène, écartelée entre modernité et tradition.
Roman noir d’une actualité brûlante, un suspense ravageur doublé d’une plongée au coeur de l’envoûtante Djeddah, à la rencontre de celles qui ont cru au mirage d’une vie meilleure, ces clandestines laissées pour compte dans le pays des Mille et Une Nuits.

Dans le désert, une tempête a mis au jour un terrifiant sanctuaire : dix-neuf cadavres de femmes asiatiques, nues, mains tranchées, ensevelies sous une dune depuis dix ans.
Qui étaient-elles ? Pourquoi personne n’a jamais signalé leur disparition ? Et quel message dissimule l’étrange disposition de leurs corps ?

Katya, légiste talentueuse, est décidée à rendre justice à ces victimes anonymes. Et à prouver aux hommes de sa brigade ses talents d’enquêtrice. Elle mieux que quiconque sait la violence, les humiliations réservées aux femmes.
Au péril de sa vie et de son amour pour Nayir, son pieu fiancé bédouin qui ne voit pas d’un bon oeil ses choix de carrière, Katya va se mettre en quête du tueur et découvrir l’envers du décor : la misère derrière l’opulence, l’hérésie derrière le masque de vertu. Le sang qui coule sous le sable…

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  1. L’Arabie Saoudite ? ça c’est tentant ! on ne lit jamais de bouquins sur ce pays !

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