Les gastronomes de l’extrême de Bruno Fuligni

En ce lendemain de finale de Top Chef, il nous semble utile de vous parler gastronomie, mais pas de n’importe laquelle … Celle qui comprend un gros twist dans le plat, celle qui surprend votre palais et votre esprit, celle qui sur la papier ressemble pour nos papilles à un cauchemar en cuisine et qui se révèle divine pour l’imagination.

Au menu aujourd’hui donc : pieds de dromadaire en vinaigrette, potage de hannetons du sénateur Testelin, le rôti de baleineau pascal,  le tartare d’oiseau de mer à la Bombard, ragoût de chien de lord Clayton, le parent malade à la moelle mode batak, le sorbet au sang de renne, et pour faire descendre le tout des os à la chavicho.  Là, nous sommes vraiment dans de la cuisine pour les hommes et ses oeufs Toupinel :

 

Bruno Fuligni a compilé une centaine de recettes, réelles mais farfelues pour le français moyen téléspectateur de Top Chef.  Avec érudition, il nous fait voyager dans les repas des grands voyageurs, des explorateurs, de ceux qui ont risqué leur palais et leur peau : le foie de dauphin chez Alexandre Dumas, le filet de chamelon grillé béarnaise de Léon Ismard, les holothuries frites de Henri Lecourt, le biscuit de poisson yéménite de Marco Polo. Après tout, partager un repas est partout dans le monde un moment de convivialité et de partage. Et c’est aussi au travers du patrimoine culinaire que l’on peut comprendre les cultures auxquelles sont confrontées ces aventuriers.

« Essayez, épicuriens, gourmets ou simples gourmands, disciples de Grimod de La Reynière, du marquis de Cussey, de Brillat-Savarin, émules de Carème ou du baron Brisse, essayez du papillon cuit au four, à l’étuvée, ou roussi dans l’huile douce relevée d’une gousse d’ail, et vous nous direz si le fameux Marguery, célèbre par ses turbots aux moules, vous a jamais servi pareille friandise ! « 

Hector France « Les horreurs de l’alimentation » dans Journal des voyages et des aventures de terre et de mer. 

 

La centaine de recettes que vous trouverez ici et que vous pourrez tester à condition de trouver les

Le déjeuner en fourrure de Meret Oppenheim

bons ingrédients ( et nous vous souhaitons bon courage pour le ragout d holothuries ou de langues d’ourson ) sont classés comme un menu d’antan, mais aussi par zone géographique.

 

Il faut souligner le travail fantastique fait par les éditions du Trésor et Sergio Aquindo pour faire de ce livre un objet à offrir et à conserver. La jaquette du livre est un savant pliage d’une carte magnifiquement stylisée.

Rêver avec ses aventuriers qui ayant eu faim rêvent de bouillon de tortue comme nous rêvons d’un couscous et se rendre compte de l’étrangeté que nous sommes pour les autres, voilà le propos de ce livre érudit et drôle. Seul bémol, les végétariens trouveront bien peu à se mettre sous la dent. Mais les goûteurs de culture eux seront plus que satisfaits.

Jacquette-cartographie des gastronomes de l'extrême

 

 



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