Le garcon qui n’existait pas de SJON

C’est un livre court et dense écrit par le parolier de la chanteuse Bjork, le poète et romancier islandais Sjon (avec un accent aigü sur le O que je ne sais pas faire). Nous sommes à Reykjavik en 1918, l’Islande est en train de s’émanciper de la tutelle du Danemark et la grippe espagnole rôde.

Mani Streinn, le garçon qui n’existait pas du titre, vit chez une parente éloignée. Ces journées pourraient être mornes voire un peu glauques, si, entre deux passes, il ne pouvait se rendre au cinéma qui vient d’arriver sur l’ile et qui le fascine. Ainsi qu’une jene motarde mystérieuse, qui semble sortie tout droit d’un de ses films. Mais que va-t-il se passer quand l’épidémie de grippe espagnole particulièrement mortelle amènera les autorités qui voient le cinéma d’un mauvais oeil à fermer la salle obscure pour éviter la contagion ?

Ce roman est un texte paradoxal à la fois bref et dense, réussissant en une centaine de pages à tisser une histoire mêlant des sujets aussi diverses que l’évolution politique, les débuts du cinéma ou l’éveil sensuel de jeunes adolescents. « Quand le gamin revoit Sola Guob, elle est avec d’autres filles devant une maison de la rue Vonarstraeti où l’on enseigne la couture et dont la rumer affirme qu’on y débat des droits des femmes ».

Le style est dense, les péripéties inattendues jusqu’à l’ultime dénouement qui donne tout son sens et sa force au titre. Ce garçon qui n’existait pas est un hommage vibrant à un frère de l’auteur. Plus qu’un livre, le garçon qui n’existait pas est un tombeau d’une rare élégance.  

Chronique de Christophe Bys

Le garçon qui n’existait pas 

SJON 

Rivages

traduit de l’islandais par Eric Boury

160p



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