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	<title>Chroniques de la rentrée littéraire</title>
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	<description>Toute la rentrée littéraire enfin chroniquée. Pour chaque roman publié à la rentrée littéraire retrouvez au moins une chronique.</description>
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		<title>Le confident d’Hélène Grémillon &#8211; Chronique n°2</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Sep 2010 10:00:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>xtase</dc:creator>
				<category><![CDATA[Premiers Romans]]></category>
		<category><![CDATA[Hélène-Grémillon]]></category>
		<category><![CDATA[Plon]]></category>

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		<description><![CDATA[Le confident d’Hélène Grémillon chez Plon
C’est toujours un peu la loterie avec les premiers romans. Cette fois-ci, j’ai eu le bon numéro. Hélène Grémillon nous livre une histoire à la fois forte et terrible avec deux niveaux de lecture. Le premier nous plonge dans les années 70, même si on l’apprend assez tardivement. Le deuxième [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><img class="alignleft size-medium wp-image-3487" style="border: 10px solid white;" title="Le confident d’Hélène Grémillon" src="http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/wp-content/uploads/2010/09/Le-confident-d’Hélène-Grémillon-194x300.jpg" alt="Le confident d’Hélène Grémillon" width="175" height="270" />Le confident d’<a href="http://fr.ulike.net/H%C3%A9l%C3%A8ne_Gremillon" target="_blank">Hélène Grémillon</a> chez Plon</h3>
<p>C’est toujours un peu la loterie avec les premiers romans. Cette fois-ci, j’ai eu le bon numéro. Hélène Grémillon nous livre une histoire à la fois forte et terrible avec deux niveaux de lecture. Le premier nous plonge dans les années 70, même si on l’apprend assez tardivement. Le deuxième nous fait remonter à 1939.</p>
<p>Camille vient de perdre sa mère dans un accident de voiture. Parmi les lettres de condoléances, elle trouve une enveloppe un peu plus épaisse renfermant un courrier manuscrit de plusieurs pages. Pas de nom en bas de la dernière feuille et l’histoire exposée fait tout d’abord penser à Camille qu’il s’agit là d’une erreur.</p>
<p>Puis, le mardi suivant, une autre lettre arrive, à peu près sous le même format. Les semaines s’enchaînent alors avec ce petit rituel qui intrigue la jeune femme. Editrice, elle pense que c’est un auteur qui lui envoie son manuscrit petit bout par petit bout. Jusqu’au jour où elle remarque une coïncidence physique entre elle et l’une des personnes évoquées.</p>
<p>Elle n’ose pas imaginer ce que Louis lui décrit semaine après semaine, à savoir que sa mère n’est pas sa vraie mère et qu’elle est le fruit d’une machination diabolique qui a brisé quatre vies.</p>
<p>C’est poignant, ça déchire, ça écorche parfois l’âme. Avec en arrière plan la Seconde Guerre mondiale, Hélène Grémillon nous raconte deux amours impossibles qui anéantissent les protagonistes.</p>
<p><strong>Chronique réalisée par <a href="http://laplumeetlapage.hautetfort.com/" target="_blank">La plume et la page</a></strong></p>
<h3>Quatrième de couverture :</h3>
<p>Au milieu des mots de condoléances qu’elle reçoit à la mort de sa  mère,  Camille découvre une étrange lettre envoyée par un expéditeur  inconnu.  Elle croit à une erreur mais, les semaines suivantes, une  nouvelle  lettre arrive, tissant le roman de deux amours impossibles, de  quatre  destins brisés. Peu à peu, Camille comprend que cette  correspondance  recèle un terrible secret qui la concerne.</p>
<p>Machination diabolique sur fond de Seconde Guerre  mondiale, ce roman  mêle récit historique et suspens psychologique dans un  scénario  implacable.</p>
<p><em>Hélène Grémillon a 32 ans. </em>Le Confident <em>est son premier roman.</em></p>
<p><strong>Lisez la <a href="http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/2010/09/premier-roman/le-confident-d%E2%80%99helene-gremillon" target="_blank">chronique n°1</a></strong><em><br />
</em></p>
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		<title>Les vies extraordinaires d&#8217;Eugène d&#8217;Isabelle Monnin &#8211; Chronique n°2</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Sep 2010 09:04:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>xtase</dc:creator>
				<category><![CDATA[Premiers Romans]]></category>
		<category><![CDATA[isabelle-monnin]]></category>
		<category><![CDATA[JC-Lattès]]></category>

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		<description><![CDATA[Les vies extraordinaires d&#8217;Eugène d&#8217;Isabelle Monnin aux éditions JC Lattès
Attention, coup de cœur !
Ce roman m’a attrapée dès la phrase mise en exergue au début du roman. En lisant ces six premiers mots « Tout y sera à part toi« , l’image de Chiara Mastroianni déambulant et chantant « Parc de la Pépinière, fin de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><img class="alignleft size-medium wp-image-2441" style="border: 10px solid white;" title="les-vies-extraordinaires-deugene" src="http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/wp-content/uploads/2010/08/les-vies-extraordinaires-deugene-190x300.jpg" alt="les-vies-extraordinaires-deugene" width="171" height="270" />Les vies extraordinaires d&#8217;Eugène d&#8217;<a href="http://fr.ulike.net/Isabelle_Monnin" target="_blank">Isabelle Monnin</a> aux éditions JC Lattès</h3>
<p>Attention, coup de cœur !</p>
<p>Ce roman m’a attrapée dès la phrase mise en exergue au début du roman. En lisant ces six premiers mots « Tout y sera à part toi« , l’image de Chiara Mastroianni déambulant et chantant « Parc de la Pépinière, fin de semaine, encore une heure, encore une heure à perdre » s’est imposée. Et toute la mélancolie du film Les Chansons d’Amour, un de mes films cultes, merci Christophe Honoré, merci Alex Beaupain, a imprégné le commencement de ma lecture.</p>
<p>Le sujet choisi par Isabelle MONNIN pour son premier roman est pour le moins éprouvant, la mort à six jours d’un nouveau-né prématuré, un nouveau-né qui n’a jamais quitté l’hôpital, jamais rencontré sa famille, mais qui a tout de même vécu six jours (et non une fausse couche comme on peut le lire à certain endroit dans le roman). Mais elle le traite de manière délicate et sensible.</p>
<p>Le narrateur, « je », n’a pas de prénom (il semble que la mode cette année soit à l’anonymat des protagonistes principaux). C’est au travers de ses écrits que nous partageons cette année de deuil, pour lui et pour « elle », sa femme qui a arrêté de parler à la mort du petit, « S’il n’y a rien à dire de plus, alors je ne parlerai plus », et qui a adopté la technique du carnet découverte dans le très fort Extrêmement fort et incroyablement près de Jonathan Safran Foer.</p>
<p>Pour parler encore avec « elle » de leur fils Eugène et espérant lui rendre ainsi la parole, « je » va mener une enquête basée sur des statistiques et tenter de bâtir de cette manière ce qu’aurait pu être la vie d’Eugène. En parallèle, durant cette année, il va devoir affronter le désarroi de ses proches, la quasi-indifférence de certains d’entre eux, le chagrin et le mutisme d’« elle », le spectacle de la vie qui continue pour les autres.</p>
<p>Isabelle MONNIN nous plonge au cœur même de la tête de cet homme brisé et si la tristesse est omniprésente, elle n’est pas non plus plombante. J’ai beaucoup aimé l’écriture simple et sincère, touchante et je me suis totalement retrouvée dans la culture évoquée tout au long du roman, les livres, les films, les pubs, les habitudes des parents…</p>
<p>A tous ceux qui n’ont pas peur de lire un texte émouvant sur ce sujet si délicat qu’est la perte d’un bébé, je conseillerais de se munir de mouchoirs et de traverser à leur tour Les vies extraordinaires d’Eugène.</p>
<p>Et je termine sur un extrait de Au ciel, une phrase à laquelle Isabelle MONNIN n’a pas pu ne pas penser en mentionnant cette chanson dans son roman.</p>
<p>« J’espère qu’au Ciel<br />
Des diables malins coupent aux anges leurs ailes<br />
Pour que tu retombes du ciel<br />
Dans mes bras ouverts<br />
Cadeau providentiel »</p>
<p>Au ciel – Alex Beaupain</p>
<p>Ce livre m’a été prêté par <a href="http://aperto.libro.over-blog.com/" target="_blank">Calypso</a>, qui l’a beaucoup apprécié elle aussi. Un grand merci pour le prêt. Elle propose d’ailleurs d’en faire un livre voyageur si le cœur vous en dit.</p>
<p>« Le gars qui a conçu le logiciel de vérification de l’orthographe ne connait pas le cimetière. »</p>
<p>« …dans la famille, notre problème, c’est qu’on ne sait pas gagner. »</p>
<p>« Mais nous ne sommes pas dans un livre, dira-t-elle. »</p>
<p><strong>C</strong><strong>hronique réalisée par <a href="http://legrandnullepart.wordpress.com/" target="_blank">Le Grand Nulle Part</a></strong></p>
<h3>Présentation de l’éditeur :</h3>
<p>On sait peu de choses d’elle. Pas son prénom. Juste qu’elle a décidé  de ne plus parler, « puisqu’il n’y a plus rien à dire », qu’elle coud le  même modèle de pantalon en velours rouge dans toutes les tailles, de 6  mois à 102 ans, qu’elle surnomme ses parents Lucha mama et Dalaï papa et  qu’autrefois elle imitait Bourvil pour le faire rire. De lui, on sait  qu’il prépare le marathon de New York, qu’il est historien et qu’il  s’est donné une mission : pour que sa compagne retrouve la parole, il  doit faire le récit de l’histoire d’Eugène. Eugène est leur fils. Il est  mort à l’âge de six jours. Mais comment raconter une si courte vie ?  A-t-il existé, lui qui n’a pas vécu ? Le père d’Eugène n’a pas  d’imagination mais de la méthode. Il se lance dans une enquête. La  traque pragmatique de ce qu’aurait dû être la vie d’Eugène. Il cherche  ses « aurait dû » partout. Jusqu’à la crèche qu’il aurait dû fréquenter  où il dérobe la liste des enfants qui auraient dû devenir les copains de  son fils. Le voilà qui espionne, sur Internet ou dans les rues d’un  quartier populaire de Paris, les familles de ces petits. Pendant une  année, il tient le journal de cette enquête. Et il s’entraîne pour le  marathon sur un tapis de course installé dans leur appartement. Pendant  qu’il court, la mère d’Eugène glisse des morceaux de velours rouge dans  sa machine à coudre et se raconte en silence les vies héroïques de son  glorieux fils. Livre de deuil, <em>Les Vies extraordinaires d’Eugène</em> est le récit de l’absurdité et de la puissance de la vie.</p>
<p><strong>Lisez la <a href="http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/2010/08/roman-francais/les-vies-extraordinaires-deugene-de-isabelle-monnin" target="_blank">chronique n°1</a></strong></p>
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		<title>Le confident d’Hélène Grémillon &#8211; chronique n°1</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Sep 2010 07:00:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>xtase</dc:creator>
				<category><![CDATA[Premiers Romans]]></category>
		<category><![CDATA[Hélène-Grémillon]]></category>
		<category><![CDATA[Plon]]></category>

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		<description><![CDATA[Le confident d’Hélène Grémillon chez Plon
A la mort de sa mère, Camille reçoit de nombreuses lettres de condoléances. Parmi elles, une plus épaisse, une d’un genre différent, une sorte de confession. Un homme, Louis, entreprend le récit de sa vie et de celle d’Annie. Une histoire d’amour à première vue, mais pas seulement.
Camille ressent très [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><img class="alignleft size-medium wp-image-3487" style="border: 10px solid white;" title="Le confident d’Hélène Grémillon" src="http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/wp-content/uploads/2010/09/Le-confident-d’Hélène-Grémillon-194x300.jpg" alt="Le confident d’Hélène Grémillon" width="175" height="270" />Le confident d’<a href="http://fr.ulike.net/H%C3%A9l%C3%A8ne_Gremillon" target="_blank">Hélène Grémillon</a> chez Plon</h3>
<p>A la mort de sa mère, Camille reçoit de nombreuses lettres de condoléances. Parmi elles, une plus épaisse, une d’un genre différent, une sorte de confession. Un homme, Louis, entreprend le récit de sa vie et de celle d’Annie. Une histoire d’amour à première vue, mais pas seulement.</p>
<p>Camille ressent très vite un malaise, se demandant pourquoi ce courrier lui est adressé. Cela la regarde-t-il ou est-ce l’éditrice qui est visée par ce qui ressemble au début d’un roman ? Elle se rassure très vite, confrontant les noms, les lieux, les dates. Rien ne colle, mais tout s’effleure…</p>
<p>Voilà un roman polyphonique dans lequel plusieurs voix s’entremêlent. Celle de la narratrice, de celui qui lui envoie les lettres, puis le long récit d’Annie. Et pour terminer une dernière voix qui se superposera et donnera encore un autre éclairage au texte.</p>
<p>Ce premier roman est une réussite à bien des égards. Tout se dévoile très progressivement sans pour autant que le rythme ne soit pas soutenu. Au fil de la plume de Louis dans un premier temps, on découvre avec Camille d’autres vies, une autre époque. Des secrets surtout… tous plus touchants les uns que les autres. C’est un roman qui parvient à mêler habilement le fond historique et le récit de plusieurs vies gâchées, brisées.</p>
<p>Le thème de la maternité est traité de manière touchante et audacieuse, si c’est possible de l’exprimer ainsi. En effet, Louise va porter un enfant pour une autre femme et va avoir le courage de ne pas revenir sur sa promesse. Une autre femme qu’elle va donc élever cet enfant mais s’abaisser à de nombreux mensonges afin de tenter de préserver l’équilibre de sa famille. Des hommes aussi vont souffrir de tous ces choix. Des familles vont se retrouver déchirées par cet accord qui ne semblait au départ engager que deux femmes.</p>
<p>Même si le roman ancre son intrigue au milieu du XXe siècle, le débat autour de celles que l’on appelle les « mères-porteuses » est loin d’être terminé. Et dans ce roman, il est impossible de se faire un avis tranché sur la question. Et ce, pour la simple et bonne réponse que derrière chaque histoire, il y a des gens. Des gens différents, aux passés différents, aux sentiments différents et qui aspirent à des choses différentes. Ce roman fait s’effondrer nos certitudes les unes après les autres, de manière brute et inattendue souvent. Le lecteur découvre pas à pas, au même rythme que Camille, tout ce qui fait le suspense de ce récit et donc sa force. Bien que ce ne soit pas un thriller, les révélations successives n’en sont pas moins à couper le souffle. Jusqu’à la dernière page, jusqu’au tout dernier mot, le lecteur encaisse révélation sur révélation.</p>
<p>Un très beau livre, une bien jolie plume, des personnages que l’on n’oubliera pas de sitôt. On aimerait n’avoir à lire que des premiers romans de cette trempe.</p>
<p><strong>Chronique rédigée par <a href="http://milleetunepages.canalblog.com/" target="_blank">Mille et une pages Stéphie</a></strong></p>
<h3>Quatrième de couverture :</h3>
<p>Au milieu des mots de condoléances qu’elle reçoit à la mort de sa mère,  Camille découvre une étrange lettre envoyée par un expéditeur inconnu.  Elle croit à une erreur mais, les semaines suivantes, une nouvelle  lettre arrive, tissant le roman de deux amours impossibles, de quatre  destins brisés. Peu à peu, Camille comprend que cette correspondance  recèle un terrible secret qui la concerne.</p>
<p>Machination diabolique sur fond de Seconde Guerre  mondiale, ce roman mêle récit historique et suspens psychologique dans un  scénario implacable.</p>
<p><em>Hélène Grémillon a 32 ans. </em>Le Confident <em>est son premier roman.</em></p>
<p><strong>Lisez la <a href="http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/2010/09/premier-roman/le-confident-d%E2%80%99helene-gremillon-chronique-n%C2%B02" target="_blank">chronique n°2</a></strong><em><br />
</em></p>
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		<title>Le faux ami de Henrik B. Nilsson &#8211; Chronique n°2</title>
		<link>http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/2010/09/premier-roman/le-faux-ami-de-henrik-b-nilsson-2</link>
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		<pubDate>Thu, 02 Sep 2010 15:50:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>xtase</dc:creator>
				<category><![CDATA[Premiers Romans]]></category>
		<category><![CDATA[Romans étrangers]]></category>
		<category><![CDATA[Grasset]]></category>
		<category><![CDATA[Henrik-B.-Nilsson]]></category>

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		<description><![CDATA[
Le faux ami de Henrik B. Nilsson, aux éditions Grasset
Le faux ami est un roman de Henrik B. Nilsson à paraître le 8 septembre 2010 (je l&#8217;ai reçu et lu en août) aux éditions Bernard Grasset dans la collection Littérature étrangère (567 pages, 22,50 €, ISBN 978-2-246763611).
Den falske vännen (2009) est traduit du suédois par Philippe [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-3329" style="border: 10px solid white;" title="le faux ami" src="http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/wp-content/uploads/2010/08/le-faux-ami.jpg" alt="le faux ami" width="134" height="195" /><br />
<h3><i>Le faux ami</i> de Henrik B. Nilsson, aux éditions Grasset</h3>
<p><b>Le faux ami</b> est un roman de <b>Henrik B. Nilsson</b> à paraître le 8 septembre 2010 (je l&#8217;ai reçu et lu en août) aux éditions <a href="http://www.grasset.fr/Grasset/CtlPrincipal?controlerCode=CtlCatalogue&amp;requestCode=afficherArticle&amp;codeArticle=9782246763611&amp;ligneArticle=0" target="_blank">Bernard Grasset</a> dans la collection Littérature étrangère (567 pages, 22,50 €, ISBN 978-2-246763611).<br />
<em>Den falske vännen</em> (2009) est traduit du suédois par Philippe Bouquet.</p>
<p><b><a href="http://fr.ulike.net/Henrik_B._Nilsson" target="_blank">Henrik B. Nilsson</a></b> est né en 1971 en Suède mais a grandi en Allemagne. Après une licence d&#8217;économie, il a créé en 1999 Minotaur, une maison d&#8217;édition qu&#8217;il a vendue puis il a repris des études à l&#8217;université de Lund et a obtenu un Master d&#8217;Art (Creative writing). Il vit maintenant à Malmö avec sa famille. <em>Le faux ami</em> est son premier roman et il a reçu un Grand Prix littéraire suédois du premier roman : Borås Tidnings Debutantpris.<br />
(Source : <a href="http://www.nordinagency.se/?id=1247&amp;type=fiction" target="_blank">Nordin Agency</a>)<br />
Plus d&#8217;infos sur le site officiel de <a href="http://www.henrikbnilsson.com/" target="_blank">Henrik B. Nilsson</a> (enfin pour ceux qui comprennent le suédois !).</p>
<p>1903. Le Vatican prépare la succession de Léon XIII gravement malade. Ça conspire à tout va à Rome, certains ne voulant pas du cardinal Rampolla trop proche des Russes et des Français.</p>
<p>1910. Des tremblements de terre, la comète de Halley, la décadence dans les Arts, une langue artificielle créée de toute pièce comme l&#8217;espéranto, de plus en plus de jeunes qui se suicident, des cancers, la tuberculose, des rumeurs malveillantes, nombreux sont ceux qui crie à la fin du monde.</p>
<p>À Vienne, Hermann Freytag qui, après des études de philologie, est devenu correcteur aux éditions Fischer &amp; Wulff, profite maintenant de sa retraite : il lit le journal et déguste des Mohnstrudel au café Sperl en lisant le Reichpost, il joue aux échecs avec son ami Georg et il s&#8217;est inscrit au cours d&#8217;espéranto de la jolie Rosita Nagy, une immigrée hongroise. <em>&laquo;&nbsp;Freytag n&#8217;avait jamais vu une telle beauté et ne s&#8217;arrachait à la contemplation du léger duvet ornant sa lèvre supérieure que pour se perdre dans celle de ses yeux couleur châtaigne; à l&#8217;automne.&nbsp;&raquo;</em> (page 50).</p>
<p>Passionné par Goethe, Freytag veut surtout écrire enfin ses propres livres. Mais l&#8217;inspiration ne vient pas, son épouse Adèle l&#8217;a quitté pour un directeur de chemins de fer qui l&#8217;a emmenée faire le tour de l&#8217;Europe, et Herr Schlink, le directeur littéraire, le rappelle de façon insistante car Boris Barsch, l&#8217;écrivain dont il a corrigé tous les livres, n&#8217;a confiance qu&#8217;en lui et le réclame pour les corrections de son nouveau livre. <em>&laquo;&nbsp;Les personnages de ses romans étaient vivants, ils sortaient de la page imprimée pour pénétrer dans le coeur du lecteur, où ils devenaient plus réels que les êtres qui, en chair et en os, l&#8217;entouraient, si vrais qu&#8217;ils s&#8217;incrustaient dans la mémoire telles de vieilles connaissances.&nbsp;&raquo;</em> (page 74).</p>
<p>Le faux ami est un mot <em>&laquo;&nbsp;très semblable dans une autre langue mais qui signifie tout autre chose que ce que l&#8217;on croit&nbsp;&raquo;</em>. C&#8217;est aussi un ami qui trahit la confiance que l&#8217;autre ami porte en lui. C&#8217;est encore le titre du nouveau roman de Boris Barsch.</p>
<p>Freytag broie du noir, il s&#8217;inquiète de sa solitude, d&#8217;une éventuelle fin du monde, du progrès, de la jeunesse décadente, de la folie, du nihilisme, bref de tout ce qu&#8217;il ne connaît pas ou très peu et qui lui fait peur. <em>&laquo;&nbsp;Nous vivons sur un rythme trop rapide, pensait Freytag. Le téléphone, l&#8217;automobile et ces étranges nefs aériennes : Dieu seul savait quels autres appareils démentiels on irait inventer ensuite.&nbsp;&raquo;</em> (pages 25-26).</p>
<p>C&#8217;est au cours d&#8217;espéranto que Freytag rencontre Rainer Signori, &laquo;&nbsp;un monsieur distingué&nbsp;&raquo; qui dit être dans les affaires. Herr Signori est en fait très proche du Vatican et <em>&laquo;&nbsp;Si chacun pouvait n&#8217;en faire qu&#8217;à sa tête, que deviendrait la monarchie, alors ? Et l&#8217;Église ? Et la morale ?&nbsp;&raquo;</em> (page 121). Signori va embarquer Freytag dans une histoire qui le dépasse. Freytag va accepter de corriger le livre de Barsch, il va même rejoindre l&#8217;auteur à St Wolfgang, un village de montagne. Mais pourquoi <em>Le faux ami</em> embarrasse-t-il tant le Vatican ? <em>&laquo;&nbsp;Il avait du mal à saisir pourquoi un homme aussi important s&#8217;intéressait à un manuscrit inachevé, même s&#8217;il avait été rédigé par un écrivain d&#8217;une célébrité hors-normes que nombre de gens étaient impatients de lire, […].&nbsp;&raquo;</em> (page 181).<br />
&nbsp;</p>
<p><b>Deux petites choses que je note :</b></p>
<p>Il y a trois semaines, je cherchais ce que signifiait l&#8217;expression « arbitre des élégances » que j&#8217;entendais pour la première fois (merci F. !, je suis moins bête grâce à toi !), eh bien j&#8217;ai retrouvé cette expression page 461 : un bon moyen pour m&#8217;en souvenir !</p>
<p>Le clin d&#8217;œil de l&#8217;auteur au lecteur avec le dialogue entre Freytag et Mademoiselle Beate dans le salon de Tante Olga (page 433-434).<br />
&nbsp;</p>
<p>Le roman de Nilsson n&#8217;est pas un roman historique mais la Vienne du début du XXe siècle est tellement bien retranscrite ! Elle était à cette époque la capitale culturelle et intellectuelle de l&#8217;Europe. Un gros clin d&#8217;œil aux freluquets des Beaux-Arts page 53 et on sait quel <em>freluquet</em> a raté deux fois (en 1907 et 1908) l&#8217;examen d&#8217;entrée de cette école !</p>
<p>Le roman de Nilsson n&#8217;est pas non plus un thriller ésotérique mais il y a du suspense et l&#8217;église catholique n&#8217;est pas toujours montrée sous son meilleur jour.</p>
<p>Surtout <em>Le faux ami</em> est un grand roman littéraire et j&#8217;ai pris un immense plaisir à le lire : j&#8217;aime ce genre de romans contemporains dont on a l&#8217;impression qu&#8217;ils sont des classiques. En plus, c&#8217;est un premier roman : un exploit littéraire !</p>
<p>Un gros coup de cœur donc que ce <em>Faux ami</em> qui est peut-être un des meilleurs romans de cette rentrée littéraire. Je commence fort d&#8217;ailleurs et j&#8217;espère ne pas être déçue avec les prochains que je lirai !<br />
&nbsp;</p>
<p><b>Mes passages préférés</b></p>
<p>Sur la lecture : <em>&laquo;&nbsp;Voici mon conseil : lisez, lisez tous les grands noms. Il ne s&#8217;agit pas de vous distraire, comme un lecteur banal. Non, lisez en écrivain, chère amie, avec attention et concentration. Relisez jusqu&#8217;à ce que ces phrases vous fassent l&#8217;effet d&#8217;être vôtres, lisez tout ce que vous trouvez d&#8217;un auteur que vous aimez et admirez, […].&nbsp;&raquo;</em> page 135).</p>
<p>Sur l&#8217;édition : <em>&laquo;&nbsp;Depuis quand est les considérations économiques qui font la loi, chez les éditeurs ? La valeur littéraire ne se mesure pas en argent, Herr Schlink, vous devriez le savoir, […].&nbsp;&raquo;</em> (page 239).</p>
<p>En librairie : <em>&laquo;&nbsp;Les couvertures renfermaient le monde entier, qui n&#8217;attendaient que d&#8217;être découvert, dévoré. » (page 393) et « Il y a tant de choses&#8230; […] On aime bien éviter de se tromper. La vie est trop courte pour lire de mauvais livres.&nbsp;&raquo;</em> (page 395).</p>
<p>Sur les lecteurs : <em>&laquo;&nbsp;[…] et, quand on a une bibliothèque bien pourvue, on n&#8217;est jamais pauvre.&nbsp;&raquo;</em> (page 285).</p>
<p>Pour fulminer : <em>&laquo;&nbsp;la littérature attirait surtout les femmes que la beauté avait épargnées.&nbsp;&raquo;</em> (page 332).<br />
&nbsp;</p>
<p><b>Et pour le plaisir !</b></p>
<blockquote><p>« Il a besoin de calme et de tranquillité. C&#8217;est bon pour lui de se reposer sur une routine, car il est très sensible et son travail est très exigeant.<br />
– Vous aimez beaucoup ses livres ?<br />
– Comment le savoir ? Vous croyez que j&#8217;ai le temps de lire ? » (pages 304-305).</p></blockquote>
<p><strong>Chronique réalisée par <a href="http://laculturesepartage.over-blog.com/" target="_blank">Catherine</a>.</strong></p>
<h3>Présentation de l&#8217;éditeur</h3>
<p>Avril 1910, panique sur terre et dans le ciel. La comète de Halley est sur le point de frôler notre planète, et la succession du pape Léon XIII est imminente. A Vienne, Hermann Freytag, correcteur à l’ancienne, retraité depuis peu, passe ses journées au Café Sperl, à dépouiller les journaux et à ruminer des idées de romans. Dans cette ambiance de fin de monde, le célèbre Boris Basch, auteur de livres à succès, annonce à son éditeur qu’il vient de terminer son roman et que Freytag est le seul correcteur en qui il a confiance. L’équilibre de la maison d’édition est en jeu et le directeur est contraint de prier Freytag de se remettre au travail. Ce dernier empoche l’avance et continue à brasser ses idées noires, déplorer l’état du monde moderne avec le père Anton, ou apprendre l’esperanto de la bouche de la belle Rosita, dont il est secrètement amoureux. C’est alors qu’apparaît le mystérieux Signori. Familier des cercles les plus secrets du Vatican, il en sait long sur le manuscrit de Barsch, susceptible de produire l’effet d’une bombe dans les finances du Saint-Siège. Freytag, se trouve confronté à un choix difficile … bientôt une question de vie ou de mort. Le faux ami se déroule en grande partie à Vienne, au temps où elle était la capitale culturelle et intellectuelle d’Europe. Un roman littéraire au style classique, une histoire faite d’ombre et de lumière qui éclaire une période sombre de l’histoire du Vatican.</p>
<p><strong>Lire la <a href="http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/2010/08/premier-roman/le-faux-ami-dhenrik-b-nilsson" target="_blank">chronique n°1</a>.</strong></p>
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		<title>Le pas de l&#8217;adieu de Giovanni Arpino</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Sep 2010 15:00:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>xtase</dc:creator>
				<category><![CDATA[Romans étrangers]]></category>
		<category><![CDATA[belfond]]></category>
		<category><![CDATA[giovanni-arpino]]></category>

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		<description><![CDATA[Le pas de l&#8217;adieu de Giovanni Arpino aux éditions Belfond
C&#8217;est ce qu&#8217;on doit appeler la grâce. Imaginez un roman qui narre la fin de vie d&#8217;un vieillard qui se sait condamné et demande conséquemment à un jeune homme de ses amis – son partenaire d&#8217;échec &#8211; de l&#8217;aider à quitter ce monde, plutôt que d&#8217;assister [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><img class="alignleft size-medium wp-image-3482" style="border: 10px solid white;" title="le pas de l'adieu" src="http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/wp-content/uploads/2010/09/le-pas-de-ladieu-185x300.jpg" alt="le pas de l'adieu" width="167" height="270" />Le pas de l&#8217;adieu de <a href="http://fr.ulike.net/Giovanni_Arpino" target="_blank">Giovanni Arpino</a> aux éditions Belfond</h3>
<p>C&#8217;est ce qu&#8217;on doit appeler la grâce. Imaginez un roman qui narre la fin de vie d&#8217;un vieillard qui se sait condamné et demande conséquemment à un jeune homme de ses amis – son partenaire d&#8217;échec &#8211; de l&#8217;aider à quitter ce monde, plutôt que d&#8217;assister passivement à sa déchéance. Et la grâce, diront les lecteurs attentifs ? Minute répondra l&#8217;apprenti chroniqueur : réussir un roman pareil en n&#8217;étant jamais glauque, mieux en écrivant une sorte d&#8217;ode à la vie et à ses plaisirs, tous ses plaisirs jusqu&#8217;à la dernière minute, ce n&#8217;est pas le signe que l&#8217;écrivain est touché par cette chose merveilleuse qu&#8217;on appelle le style et qui transforme un roman à thèse pour débat d&#8217;actualité en littérature. Chapeau bas monsieur Arpino, d&#8217;autant que si mes calculs sont exacts ce roman de la rentrée littéraire 2010 a été publié en 1985 alors que l&#8217;auteur avait lui même près de 60 ans, soit deux avant sa mort si je compte toujours bien.</p>
<p>Le personnage qui se sait un mal incurable est un vieux Professeur, G. Bertola, un savant touchant, en proie au doute le plus intense sur la vanité de la science. Un homme que le corps est sur le point de lâcher, alors que la réflexion est toujours aussi brillante. Un sujet finalement assez peu exploré par la littérature.</p>
<p>Bertola loge chez deux soeurs, des logeuses férue de musique et de respectabilité. Le jeune homme à qui la terrible mission a été confiée est un jeune professeur, une sorte de relève, qui n&#8217;arrive pas à accomplir ce que Bertola attend de lui. Tous les dimanches il vient jouer aux échecs, disserte avec le professeur de sciences et de femme, perd mais n&#8217;arrive pas à aider son compagnon à mourir.</p>
<p>Pour que le tableau soit complet, il faut une femme. Ce sera Ginetta, nièce des logeuses qui débarquera dans la vie de ce petit monde qui jusque là tournait à peu près rond (disons qu&#8217;il tournait ovale). La jeune femme, sensuelle, débordante de vie, d&#8217;une intelligence instinctive, apportera la sensualité à Carlo (le jeune professeur). A son vieux maître, elle apportera bien plus encore, mais&#8230;. Dans ce récit linéaire, le charme tient beaucoup aux personnages baroques, tous à leur façon sont des originaux, si être original signifie cultiver une singularité radicale. C&#8217;est d&#8217;ailleurs ces personnages qui font que le roman ne tombe jamais dans le pathétique façon tire-larmes. Pour être complet, il faut souligner quelques personnages secondaires très réussis, à commencer par un pizzaïolo qui voudrait se cultiver qui possède un précieux revolver.</p>
<p>L&#8217;intrigue est somme toute classique mais réserve de jolies surprises comme cette nuit de déambulation dans les rues de Turin, le professeur ayant disparu après qu&#8217;il a&#8230;. (mais n&#8217;en disons plus). Disons que cet épisode permet à l&#8217;auteur de laisser libre cours à sa fantaisie. Grâce à celle-ci, il écrit des phrases aussi définitives que « on ne peut pas toujours rêver d&#8217;amours éternelles et de leurs maux de tête » ou encore à propos de l&#8217;opéra : « c&#8217;est une musique qui vient des tripes, mais il y a tout dans la musique  les tripes et la pureté, le froid et la consomption ». Car Arpino réussit à mélanger trivialité et finesse de façon remarquable.</p>
<p>Les cinéphiles ne seront pas étonnés : le romancier Arpino est l&#8217;auteur de Parfum de femme, adapté au cinéma par Dino Risi. Si toute son oeuvre est à la hauteur de ce pas de l&#8217;adieu, il est urgent de découvrir cet italien de très grand talent.</p>
<p>Chronique réalisée par Christophe Bys</p>
<h3>Quatrième de couverture :</h3>
<p>Comme tous les dimanches, le professeur de mathématiques Giovanni Bertola reçoit la visite de son ancien élève, Carlo Meroni. Les deux hommes se lancent dans une partie d’échecs et discutent de science, de philosophie, du sens de la vie…</p>
<p>En réalité, le professeur n’attend qu’une chose : que son jeune ami Carlo l’aide à hâter la venue de « Madame Requiem ». Le vieil homme a tout préparé : testament et seringue. Mais Meroni ne cesse de se dérober. Jusqu’au jour où l’arrivée d’une jeune femme, Ginetta, stupéfiante d’aisance, va bousculer leur jeu…</p>
<p>À travers la confrontation d’un professeur, de son ancien élève et d’une jeune femme effrontée, Giovanni Arpino dresse un tableau impitoyable du monde et de la nature humaine. Un roman crépusculaire servi par une prose nerveuse, tendue, ciselée.</p>
<p>« Lire Arpino, c’est traverser le miroir avec une jubilation parfaitement inquiétante. » Frédéric Vitoux, Le Nouvel Observateur (à propos d’Une âme perdue)</p>
<p>Né en 1927 à Pula et mort à Turin en 1987, Giovanni Arpino fut un écrivain prolifique. Romancier, poète, nouvelliste, dramaturge, il a aussi été journaliste pour La Stampa et a travaillé pour le cinéma. Lauréat du prix Strega (le Goncourt italien) et du prix Campiello, Arpino reste méconnu en France, où seulement cinq de ses livres ont été traduits : Serena (Le Seuil, 1961 ; Points, 1988), Un délit d’honneur (Le Seuil, 1963), L’Ombre des collines (Plon, 1967 ; Autrement, 1998), Parfum de femme (Philippe Rey, 2005 ; 10/18, 2007), adapté au cinéma par Dino Risi avec Vittorio Gassman, et Une âme perdue (Belfond, 2009), également adapté au cinéma par Dino Risi avec Vittorio Gassman et Catherine Deneuve.</p>
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		<title>Le Premier mot de Vassilis Alexakis</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Sep 2010 11:40:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>xtase</dc:creator>
				<category><![CDATA[Romans Français]]></category>
		<category><![CDATA[stock]]></category>
		<category><![CDATA[Vassilis-Alexakis]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Premier mot de Vassilis Alexakis aux éditions Stock
Quand on pense qu&#8217;il est des gens qui pensent que le roman français ne parlerait que d&#8217;ego en errance. Tout ça parce que trois hystériques soutenus par des critiques branchés ont voulus nous faire croire que l&#8217;auto fiction existait !
Il suffit d&#8217;entrer dans une librairie, acheter des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><img class="alignleft size-medium wp-image-3475" style="border: 10px solid white;" title="Le Premier mot Vassilis Alexakis" src="http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/wp-content/uploads/2010/09/Le-Premier-mot-Vassilis-Alexakis-188x300.jpg" alt="Le Premier mot Vassilis Alexakis" width="169" height="270" />Le Premier mot de <a href="http://fr.ulike.net/Vassilis_Alexakis" target="_blank">Vassilis Alexakis</a> aux éditions Stock</h3>
<p>Quand on pense qu&#8217;il est des gens qui pensent que le roman français ne parlerait que d&#8217;ego en errance. Tout ça parce que trois hystériques soutenus par des critiques branchés ont voulus nous faire croire que l&#8217;auto fiction existait !</p>
<p>Il suffit d&#8217;entrer dans une librairie, acheter des livres (ayant été libraire, j&#8217;invite les gens à acheter plutôt qu&#8217;à dérober) et surtout faire un truc incroyable : LIRE les livres pour voir à quel point les romanciers français offrent un large spectre de personnalités. Et puis tous les romans sont autobiographiques, même les oeuvres d&#8217;imagination.. C&#8217;est ce que m&#8217;inspire Le premier mot de Vassilis Axeliakis, un auteur que je n&#8217;avais jamais lu et qui prouve la formidable plasticité du genre romanesque. Ce texte là est du genre érudit. J&#8217;ai pensé à Umberto Eco ou à Alberto Manguel, tant l&#8217;auteur est passionné par les mots, rappelant cette vérité première qu&#8217;on oublie parfois : ces derniers sont le vrai sujet de tous les romans (ce n&#8217;est sûrement pas un hasard, si le nom de Sartre dont la fausse autobiographie s&#8217;appelait Les mots est plusieurs fois cité).</p>
<p>Le premier mot est donc un roman savant (trop peut être à mon goût, mais on y reviendra) tout en n&#8217;étant pas du tout ennuyant. Tout commence par un décès, celui de Miltiadis, professeur de littérature comparée (après le Pas de l&#8217;ombre, c&#8217;était le deuxième livre que je lisais autour de la vieillesse d&#8217;un professeur), qui, comme son nom l&#8217;indique est né en Grèce mais est venu vivre à Paris.</p>
<p>Lors du dernier Noël avant sa mort, il confie à sa soeur qu&#8217;il aurait aimé connaître quel a été le premier mot prononcé par l&#8217;Homme. Quand il meurt quelques semaines plus tard, celle-ci qui n&#8217;est pas vraiment une intellectuelle décide de mener cette quête pour son frère. Pour cela, elle croise de grands scientifiques et chercheurs – notamment le spécialiste du cerveau Jean Pierre Changeux, pardon aux autres sommités cités que je n&#8217;aurai pas reconnues – et se met à écrire le récit de son enquête, si bien que l&#8217;on peut dire que le premier mot est un roman d&#8217;aventures intellectuelles, et les souvenirs des dernières semaines de la vie de son frère, de sorte que le premier mot est aussi un roman d&#8217;amour sororal.</p>
<p>Soyons net, j&#8217;ai préféré amplement la seconde dimension à la première : je ne suis pas passionné par le côté érudit à tout prix, qui doit réjouir certains lecteurs. Grand bien leur fasse. J&#8217;ai ainsi appris que les zones du cerveau utilisées pour apprendre la langue maternelle et une langue étrangère sont distinctes. L&#8217;une se situe dans la partie gauche, l&#8217;autre dans la moitié droite. Et ce n&#8217;est qu&#8217;un exemple, Alexakis peut aussi bien digresser sur la langue des sourds que sur l&#8217;histoire des langues, parler de l&#8217;apprentissage de la parole chez le tout petit enfant que des dialectes qui sont des langues comme les autres, mais qui n&#8217;ont pas d&#8217;armée pour la soutenir.</p>
<p>Je le trouve beaucoup plus intéressant quand il raconte comment des sourds (enfin des malentendants. D&#8217;ailleurs, j&#8217;aimerai bien savoir si ce mot existe en langage des signes) peuvent chanter ensemble&#8230; Reconnaissons qu&#8217;Alexakis a le gai savoir, qu&#8217;il est un professeur jamais rébarbatif, et que la progression de l&#8217;enquête sur le premier mot n&#8217;entrave pas les autres enjeux du roman, notamment la narration.<br />
Car le fond de l&#8217;histoire est celle qui lit ce frère et cette soeur. Alexakis décrit très bien cette période consécutive à la mort d&#8217;un être cher : « j&#8217;ai eu à plusieurs reprises au cour de la soirée (…) l&#8217;impression que nos propos étaient dictés par mon frère » note la narratrice. « Je me sens beaucoup plus proche de Miltiadis ici, entourée de ceux qu&#8217;il aimait. J&#8217;ai souvent l&#8217;illusion qu&#8217;il me parle à travers leurs voix. Je ne serai pas moins triste de m&#8217;en aller que lorsqu&#8217;il était vivant », dit-elle aussi un peu plus loin. Le premier mot parle de la mémoire aussi, de celle d&#8217;un homme particulier mais aussi de celle de l&#8217;espèce, de la soif de savoir qui est d&#8217;abord une soif de vie pour soi ou pour honorer ceux qui sont morts. Car en cherchant le premier mot pour son frère, elle prolonge sa vie, en fréquentant ses amis, en s&#8217;installant dans son appartement, en communi(qu)ant avec lui. C&#8217;est une des singularités les plus réussies du roman : à certains moments, les morts sont présents, l&#8217;héroïne les voit, leur parle, le romancier les intégrant dans le dialogue avec une facilité et une évidence elle même surnaturelle.</p>
<p>Il faudrait aussi parler des personnages secondaires (une jeune sourde, la femme du mort, sa fille, et son étonnante belle mère), noter que le roman est aussi engagé dans le temps présent, et qu&#8217;Alexakis montre bien que l&#8217;intérêt pour le premier mot de l&#8217;histoire de l&#8217;humanité n&#8217;empêche pas d&#8217;écrire un roman très engagé politiquement (de façon parfois caricaturale), car la langue est aussi politique. Mais laissons plutôt les mots d&#8217;Axeliakis parler plutôt que de gloser, même si chemin faisant, je m&#8217;aperçois qu&#8217;en écrivant mes réserves sur ce livre tombent l&#8217;une après l&#8217;autre. « le point d&#8217;interrogation français ressemble à un point d&#8217;exclamation vouté ».</p>
<p>« Elle ne va peut-être pas trouver de réponses mais elle trouvera sûrement des questions qu&#8217;elle ne se posait pas ». C&#8217;est exactement le projet de ce roman. A déconseiller en conséquence aux amateurs de réponse définitive.</p>
<p>Chronique réalisée par Christophe Bys</p>
<h3>Quatrième de couverture :</h3>
<p>Est-il vrai que le « ou » exprime la lourdeur comme le pense Victor Hugo et que le « r » évoque l’écoulement de l’eau comme l’affirme Platon ? Quelle est la durée moyenne de vie d’un mot ? Pourrait-on écrire un roman français en utilisant exclusivement des mots d’origine étrangère ? Pourquoi les grands singes utilisent-ils trois cris différents pour prévenir d’un danger ?</p>
<p>Une foule d’interrogations secondaires apparaissent autour de la question principale : quand les hommes ont-ils parlé ? Et qu’est-ce qu’ils ont dit quand ils ont parlé ? Quel a été le premier mot ?</p>
<p>Le problème fait d’autant plus rêver qu’il est difficile à résoudre. Il fallait donc un roman pour l’aborder. Le premier mot est avant tout l’histoire d’un homme, Miltiadis, né en Grèce, professeur de littérature comparée à Paris, qui aimerait, avant de mourir, connaître ce mot. Hélas, il meurt avant de l’avoir découvert. C’est sa soeur, une femme d’une soixantaine d’années, qui se chargera d’élucider l’énigme. Elle rencontrera des scientifiques de tous bords,squi lui parleront du cerveau humain, du langage des bébés, des chimpanzés et de l’homo sapiens, de Darwin et des créationnistes, de Rousseau et d’un roi d’Égypte qui avait fait élever ses enfants loin du monde pour voir dans quelle langue ils s’exprimeraient spontanément.</p>
<p>On verra évoluer autour d’elle plusieurs personnages ; Aliki, la femme du disparu, Théano, sa fille, Jean-Christophe, son ami de toujours, Bouvier, son vieux maître, un professeur de linguistique américain qui meurt dans les bras d’une femme dont il ne connaît pas la langue, une mendiante roumaine qui apprend le français sous la couverture qui lui sert d’abri, et Audrey, une jeune fille sourde, qui se prépare à participer à une représentation d’Antigone en langue des signes. Il semble que nos ancêtres gesticulaient beaucoup avant de commencer à parler, comme d’ailleurs nous continuons à le faire.<br />
La passion que met cette femme à mener son enquête jusqu’au bout donne la mesure de sa détresse. Comme elle ne peut pas échouer, elle réussira.</p>
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		<title>Les grands gestes la nuit de Thibault de Montaigu</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Sep 2010 11:07:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>xtase</dc:creator>
				<category><![CDATA[Romans Français]]></category>
		<category><![CDATA[Fayard]]></category>
		<category><![CDATA[Thibault-de-Montaigu]]></category>

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		<description><![CDATA[
Les grands gestes la nuit de Thibault de Montaigu, aux éditions Fayard
La dédicace de ce roman devrait être : à Françoise S., car Les grands gestes la nuit, c’est un &#171;&#160;à la manière de&#160;&#187;, ni plus, ni moins.
J&#8217;accepte de reconnaître qu’il n’y a pas tromperie sur la marchandise de la part de l’auteur : le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-medium wp-image-3469" style="border: 10px solid white;" title="les-grands-gestes-la-nuit" src="http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/wp-content/uploads/2010/09/les-grands-gestes-la-nuit-188x300.jpg" alt="les-grands-gestes-la-nuit" width="188" height="300" /></p>
<h3><i>Les grands gestes la nuit</i> de Thibault de Montaigu, aux éditions Fayard</h3>
<p>La dédicace de ce roman devrait être : à Françoise S., car <em>Les grands gestes la nuit</em>, c’est un &laquo;&nbsp;à la manière de&nbsp;&raquo;, ni plus, ni moins.</p>
<p>J&#8217;accepte de reconnaître qu’il n’y a pas tromperie sur la marchandise de la part de l’auteur : le décor de son roman, l’époque, les personnages, les  thèmes, sont bien ceux des romans de Sagan. Aucun doute n’est possible.  Un petit peu de celui-ci, beaucoup de celui-là, un zeste d’un autre. Les  ingrédients choisis sont de qualité, la recette ancienne est éprouvée,  mais hélas l’exécution rate, ça ne prend pas, c’est mauvais.</p>
<p>Est-ce en voulant rendre un hommage à l’auteur des <em>Bleus à l’âme</em> que Thierry de Montaigu s’est imprudemment enlisé dans une histoire  sans grand intérêt pour le lecteur d’aujourd’hui parce que déjà lue hier, et en mieux ?<br />
Comment un jeune écrivain (trente ans, troisième roman) peut-il manquer à ce point d’originalité ? Un éditeur, de lucidité ?</p>
<p>Nous sommes dans les années 50 à Paris, à St Tropez, Amsterdam, Montreux, et pour finir, à la prison de la Santé.<br />
TdM  nous fait vivre l’ascension puis la dégringolade d’Antoine Braque,  jeune tycoon de l’industrie pharmaceutique saisi à l’approche de la  quarantaine par l’ennui, le conformisme ambiant, et la peur panique de  vieillir sans avoir vécu. Attiré par le chant de sirènes d’un milieu qui  n’est pas le sien, il va plonger pour les rejoindre. Elles sont jeunes,  belles, insouciantes et savent s’amuser. Mais il ne saura finalement  pas se les attacher autrement que par le pouvoir de son argent sur leurs  addictions. Sirènes et cigales à la fois, les nouvelles amies d’Antoine  danseront et chanteront pour lui pendant quelques étés mais l’histoire  finira mal, très mal.</p>
<p>Au début des années 60, Sagan aurait pu  écrire, beaucoup mieux, cette histoire datée. Puis Vadim en aurait fait  un film, avec Delon dans le rôle d’Antoine, Deneuve dans celui de Fanny  l’épouse froidasse, et Bernadette Lafont en Francine, la sirène-cigale  déjantée&#8230;</p>
<p>Pour planter son décor et surtout l’époque, TdM fait  appel à notre culture (!) en dressant à plusieurs reprises, des listes  de noms. Exemple :<br />
<i>&laquo;&nbsp;Mylène Demongeot, Jacques Angelvin, Marina Vlady, Sylvia d’Harcourt, Michèle Morgan, Emmanuel Vronski&#8230;&nbsp;&raquo;</i>Cela fait penser aux pages événements dans <i>Jours de France</i>, jadis.<br />
<i>Françoise Dorléac, Marie Laforêt, Sacha Distel</i> sont cités plusieurs fois.<br />
Sagan elle-même apparaît en silhouette à deux ou trois endroits.<br />
Et tiens donc, <i>Jacques Charrier</i> (Monsieur <i>Brigitte Bardot</i>, pour les très jeunes) est, lui, remercié à la toute fin du livre avec quelques autres pour : &laquo;&nbsp;son aide précieuse&nbsp;&raquo; !</p>
<p>TdM  n’abuse pas de cet artifice des listes de noms, c’est vrai, mais il en a  d’autres, comme le détournement d’anecdotes connues.<br />
L’amie Kiki (de Montparnasse, of course) dont le talent de plume a été incidemment découvert par <i>Bernard Franck</i> (ben voyons), revient d’une séance de dédicace à New-York :</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Alors ? Cette signature à New-York ? s’enthousiasma Jean.<br />
- Une catastrophe, répond Kiki.<br />
- Comment ça ?<br />
- Eh bien, c’est simple, j’ai signé chaque ouvrage : With all my sympathies.<br />
- C’est adorable.<br />
- Pas du tout. Ca veut dire : avec toutes mes condoléances. Tu imagines leurs têtes ?&nbsp;&raquo;</p></blockquote>
<p>Il  est bien connu que c’est Sagan elle-même qui racontait cette anecdote  lors de conférences de presse, au retour de son premier voyage à  New-York.<br />
Francine, l’héroïne (sans jeu de mots laid), conduit des  voitures de sport pieds nus en fumant des Pall Mall. Cousu de fil blanc,  je vous dis !</p>
<p>Plus tordu encore : l’évocation d’un événement sous forme d’énigme pour happy-few.<br />
Mais franchement il n’y a vraiment pas de quoi être fière (moi) de reconnaître <i>Chet Baker</i> dans le trompettiste chargé qui déambule dans les rues d’Amsterdam en jouant <i>My Funny Valentine</i>,  à la page 176.  C’est dommage, une scène de club de jazz bien écrite et dramatiquement swing aurait été bienvenue pour rendre un vrai hommage à Chet (mort défenestré à Amsterdam en 1988).<br />
Idem, les descentes de  police et l’arrestation d’Antoine pour détention et trafic d’héroïne  rappellent évidemment les gros soucis de Françoise Sagan à la fin de sa  vie.</p>
<p>Sans vouloir m’acharner&#8230; j’ai relevé quelques perles stylistiques à vous faire partager :</p>
<p>page 172 (la scène se déroule à Amsterdam) : <i>&laquo;&nbsp;Ils partirent dîner dans un restaurant près du fort&nbsp;&raquo;</i> &#8211; Brel doit se retourner dans sa tombe sous les cocotiers ! Je sais  c’est une typo, mais franchement chez Fayard, ils font &laquo;&nbsp;port&nbsp;&raquo; !</p>
<p>page 41 : <i>&laquo;&nbsp;Elles éclatent de rire et vident leurs verres, une demi-lune de rouge à lèvres épinglée aux rebords.&nbsp;&raquo;</i>- c’est l’image de l’épingle que je vois pas bien&#8230;</p>
<p>page 221 : <i>&laquo;&nbsp;Partout, les rires fusaient pareils à de petits wagons blancs s’échappant vers le ciel fauve.&nbsp;&raquo;</i></p>
<p>page 276 : <i>&laquo;&nbsp;Le Tallec sourit, son visage rayé comme un vieux vinyle.&nbsp;&raquo;</i></p>
<p>page 306 : <i>&laquo;&nbsp;C’étaient des Brésiliens très chics, qui souriaient tout le temps et parlaient avec des accents d’oiseaux exotiques.&nbsp;&raquo;</i></p>
<p><b>Post Scriptum</b> &#8211; Les romans de Françoise Sagan sont enfin en cours de réédition (chez  Stock), grâce au dévouement et à l’acharnement de Denis Westhoff, son  fils.</p>
<p><strong>Chronique réalisée par <a href="http://tillybayardrichard.typepad.com/" target="_blank">Tilly</a>.</strong></p>
<h3>Présentation de l&#8217;éditeur</h3>
<p>La fête chaque jour. C’était le rêve de tous à l’époque, quand les caves de Saint-Germain vibraient au son du jazz. Francine n’échappait pas à la règle. Or ce rêve, Antoine était en mesure de le réaliser.</p>
<p>Richissime directeur d’un grand laboratoire pharmaceutique, en pleine déshérence conjugale, Antoine exauce le désir infantile de sa jeune maîtresse en fondant l’Eden-Plage à Saint-Tropez. L’ancien village de pêcheurs n’en est qu’à l’aube de son succès – et de ses excès. Filles faciles, cocktails au rhum, stars de la chanson ou du cinéma : rien ne fait défaut aux clichés que volent les photographes en embuscade. Ou plutôt si. Un manque subsiste. Une faille que vient bientôt combler la drogue.</p>
<p>Sagan et Bardot ont fréquenté son club, il finira par se shooter avec les filles de Madame Claude. Comment, en dix ans à peine, un grand bourgeois devient-il le premier trafiquant d’héroïne de France ? Comment le fantasme de la fête permanente engendre-t-il la déchéance ? Ces jeunes gens qui ont choisi l’insouciance, croyant que l’on pouvait vivre sans penser au lendemain, découvrent que les lendemains ont la gueule de bois. Qu’à tout négliger, on blesse ceux qu’on aime et on se détruit soi-même.</p>
<p>Si <a href="http://fr.ulike.net/Thibault_de_Montaigu" target="_blank">Thibault de Montaigu</a> parvient à rendre aux années 50 et 60 leur épaisseur romanesque et dramatique, c’est qu’il s’attache à décrire Antoine avec une sensibilité presque filiale, conscient que la génération qu’il met en scène a mis la sienne au monde. Ainsi s’éloigne-t-il de l’autofiction qui caractérisait ses précédents romans tout en conservant ses thèmes de prédilection et ses obsessions d’écrivain.</p>
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		<title>Interview de Gonçalo M. Tavares pour Apprendre à prier à l&#8217;ère de la technique</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Sep 2010 08:43:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>xtase</dc:creator>
				<category><![CDATA[Entretiens avec les auteurs]]></category>
		<category><![CDATA[Gonçalo-M-Tavares]]></category>
		<category><![CDATA[interview]]></category>

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		<description><![CDATA[Interview de Gonçalo M. Tavares pour Apprendre à prier à l&#8217;ère de la technique aux éditions Viviane Hamy
1- Tout d’abord pour les lecteurs français qui ne vous connaîtraient pas, pourriez-vous vous présenter ?
Je ne sais pas trop comment me présenter. Je préfère parler uniquement des livres. Je suis né en 1970. J’ai publié mon premier [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><img class="alignleft size-medium wp-image-3456" style="border: 10px solid white;" title="Gonçalo M. Tavares" src="http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/wp-content/uploads/2010/09/Gonçalo-M.-Tavares-300x200.jpg" alt="Gonçalo M. Tavares" width="300" height="200" />Interview de Gonçalo M. Tavares pour Apprendre à prier à l&#8217;ère de la technique aux éditions Viviane Hamy</h3>
<p>1- <span style="color: #0000ff;">Tout d’abord pour les lecteurs français qui ne vous connaîtraient pas, pourriez-vous vous présenter ?</span></p>
<p>Je ne sais pas trop comment me présenter. Je préfère parler uniquement des livres. Je suis né en 1970. J’ai publié mon premier livre à l’âge de trente-et-un ans. Pratiquement tous les livres que j’ai publiés par la suite étaient déjà écrits avant la parution du premier. Depuis, j’ai donc toujours plusieurs livres d’avance, ce qui me plaît et ce qui convient bien à ma méthode d’écriture. J’aime beaucoup l’idée de littérature comme espace d’investigation. Je tente de mener mes recherches à partir de ce que j’écris et j’ai le sentiment que, grâce à différentes formes d’écriture, à différents genres littéraires, je peux mener ces investigations en abordant une grande variété de thèmes. C’est pour cette raison que mes livres sont très différents les uns des autres.<br />
Je peux peut-être évoquer ma méthode d’écriture. Voilà plus ou moins comment je travaille : d’abord, j’écris comme un fou, j’écris sans examiner ce que je fais et donc sans savoir au juste comment je fais, comment j’écris. C’est la partie la plus créative et pour moi la plus enthousiasmante. Une fois que je sens que j’ai fini quelque chose, que je dispose d’une pâte prête à l’emploi – mais encore à l’état brut –, je la laisse de côté pendant très longtemps. Des mois, voire des années peuvent s’écouler sans que j’y touche. Et je vais faire autre chose. Après cette première phase d’écriture, après avoir laissé le livre reposer, je le reprends et là je corrige, je révise et, pour l’essentiel, je coupe, je coupe des pages et mots. Le second contact avec le texte consiste donc pour beaucoup en un travail de coupe. Et il n’est possible de couper des dizaines de pages d’un roman, des centaines de phrases, que parce que j’ai pris du recul par rapport à ce que j’avais fait. Ainsi, lorsque je regarde le livre pour la seconde fois, je le fais comme si j’étais un lecteur qui pourrait encore le corriger, le modifier. C’est comme ça que je procède. Pour ce qui me concerne au moins, c’est une méthode qui fonctionne. J’essaie de laisser passer du temps sur ce que j’ai fait avant d’engager la révision du livre en vue de sa publication. Le temps est vraiment le meilleur réviseur possible pour un livre.</p>
<p>2- <span style="color: #0000ff;">Le projet ambitieux du Bairro mérite un éclairage particulier, tant il est novateur et partie intégrante de votre œuvre, pourriez-vous nous en parler ?</span></p>
<p>Le Bairro [le Quartier] est une espèce d’utopie, d’espace sans localisation précise, où vivent et se croisent des personnages étranges. Les noms qu’ils portent sont autant d’hommages à des écrivains, à des artistes, etc., mais ce sont des personnages de fiction. J’ai pour habitude de dire que c’est comme lorsqu’on donne un nom d’écrivain à une rue. On n’a pas pour autant l’illusion que la rue ressemble à l’écrivain en question. Mais il existe toujours un lien. D’où le nom de la rue. Il se passe la même chose avec ces personnages. Quoi qu’il en soit, le Quartier change progressivement. Par exemple, il devient de plus un plus un protagoniste des livres et chaque nouveau volume nous permet de mieux le connaître. Il y règne une ambiance de quartier, des messieurs ont des liens d’amitié plus forts avec certains qu’avec d’autres. Chaque personnage représente un univers autonome, mais il existe également un espace commun, cet espace quasi utopique évoqué plus haut.</p>
<p>3- <span style="color: #0000ff;">L’écriture du Bairro influe-t-elle sur celle de vos romans ?</span></p>
<p>Je pense que parmi les différentes possibilités qui s’offrent à un écrivain figurent celle d’enchanter et celle de désenchanter. L’enchantement renvoie à la construction d’univers clos, éloignés de la réalité, qui font que le lecteur va se sentir dans un état différent. Cette idée me semble intéressante – et c’est celle que l’on retrouve dans l’univers du Bairro. Mais il y a l’autre dimension. Désenchanter : c’est l’une des autres fonctions que doit assumer l’écrivain et c’est cette fonction que j’assigne au roman Apprendre à prier à l’ère de la technique comme à tous les livres de la tétralogie O Reino [Le Royaume]. Désenchanter, cela signifie, si l’on en revient à l’origine même du mot, interrompre la chanson, cesser de chanter la chanson entonnée avant nous. Désenchanter, c’est imposer une autre musique, voire imposer le silence, ce qui est particulièrement violent. Si on impose un silence de trente secondes à la télévision, par exemple, on voit la force que peut avoir le fait qu’il ne se produise rien pendant une durée déterminée en un lieu, comme la télévision, qui a été conçu pour donner l’illusion que les événements sont interminables. Une autre musique ou le silence obligent à une espèce d’attention du regard sur ce qui existe et qui est désagréable. Il y a donc deux modes d’écriture très différents pour le Quartier et pour le Royaume. Évidemment, il y a toujours des liens, des ponts, etc. Ce n’est pas lumineux d’un côté, sombre de l’autre. Dans le Bairro, il y a une dimension tragique et, dans le Reino, une dimension tragiquement comique. Mais l’écriture diffère réellement entre l’un et l’autre.</p>
<p>4- <span style="color: #0000ff;">Votre dernier ouvrage s’intitule donc Apprendre à prier à l’ère de la technique. Pourquoi ce titre ?</span></p>
<p>Ce roman a pour point de départ une image qui m’est venue à l’esprit : quelqu’un en train de prier au pied d’une machine industrielle en fonctionnement. Ce sont deux mondes que l’on voit comme quasiment inconciliables : celui de la prière et celui la technique. La question est la suivante : aurions-nous besoin aujourd&#8217;hui d’un autre genre de prières ? La religion a fait son apparition au milieu de la nature : le feu, la terre, l’eau, tels étaient ses éléments. Désormais, nous sommes entourés de dispositifs techniques, de machines. Et pourtant nous continuons à prier comme avant. Ce qui est pour moi une véritable énigme.</p>
<p>5- <span style="color: #0000ff;">Votre héros Lenz Buchmann est un homme éveillé au milieu d’un peuple qu’il considère comme endormi, faisant preuve d’une  liberté individuelle presque pure et possédant sa propre morale. Est-il pour vous en cela un « honnête homme » ? Et vous, en êtes-vous un ?</span></p>
<p>Le personnage de Lenz Buchmann n’est pas loin d’être un fasciste (il en est un, peut-être). Personnellement, je ne suis pas pessimiste : je ne vois pas l’Homme seulement comme une sorte de boule organique maligne. Mais il me semble que c’est faire preuve d’un optimisme peu lucide, voire dangereux, de considérer que les humains constituent une espèce d’êtres tout gentils qui seraient là pour toujours. C’est le fait que les hommes n’aient pas été attentifs à la malignité chez les autres et en eux-mêmes qui a entraîné la survenue de toute une série de tragédies au cours du siècle où la culture a atteint son apogée. Ce qui me semble important, c’est que la littérature et les arts n’oublient jamais le mal potentiel qui réside en nous tous. Le désenchantement qui se fait jour dans tous les livres de la tétralogie du Reino, dans laquelle s’intègre le roman Apprendre à prier à l’ère de la technique, est une sorte d’appel à la vigilance, comme pour dire : « N’oublie pas ta malignité, elle rôde, elle est dans les parages, ne l’oublie pas, tâche de bien la localiser afin de pouvoir la contrôler et d’éviter qu’elle ne remonte à la surface ». Il faut que nous soyons attentifs : à la malignité des autres, mais également à la nôtre. Il ne s’agit pas d’être nihiliste ni de se transformer en un pessimiste que tout ennuie, il s’agit seulement d’essayer de mettre l’interrupteur en position lucidité. Notre regard doit être attentif, c’est tout. Et comprendre le personnage de Lenz peut aider.</p>
<p>6- <span style="color: #0000ff;">Vous ne donnez pas d’indication autre que stylistique sur la temporalité de ce roman. Pour vous, Lenz Buchmann est un homme d’aujourd’hui ? </span></p>
<p>Je n’aime pas situer mes personnages, pas plus dans le temps que dans l’espace. Du moins dans cette série de livres du Royaume. Ce personnage peut appartenir au XXe siècle, mais aussi bien au XXIe, sans aucun doute. Et ça, c’est un peu effrayant.</p>
<p>7- <span style="color: #0000ff;">Dans sa ville, votre héros Buchmann semble agir comme une main invisible ayant acquis le savoir et les codes sociaux et faisant preuve d’un individualisme méthodologique froid. Croyez-vous que ce soit ainsi que les politiques sont faites, les destins humains régis ?</span></p>
<p>Non, ce n’est pas ma vision de la politique. Il y a des hommes politiques extraordinaires et absolument exemplaires. Mais on trouve aussi le contraire. D’ailleurs, il me semble que c’est également un livre sur un médecin – Lenz, en effet, a d’abord pour fonction de sauver des vies. Nous sommes tous dans le même bateau.<br />
À titre personnel, en dehors du cadre de la fiction, je m’intéresse beaucoup à la politique par le biais, entre autres, de l’étude approfondie du langage. Presque toute la politique aujourd&#8217;hui est affaire de langage. Comme, d’une certaine manière, au XXIe siècle, en Europe, nous avons tendance à abolir la violence – ce qui se résout en se tapant dessus ou en se tirant dessus –, comme c’est cela que la cité cherche à abolir, ce qui reste dans la cité, du moins dans la cité régie par la légalité, c’est le langage – le corps et ses décisions disparaissent. Ce qui reste, c’est le langage et ses exercices de contorsionniste. C’est pourquoi intervenir dans la polis, c’est intervenir sur le langage. C’est un peu ce que j’essaie de faire.</p>
<p>8-<span style="color: #0000ff;"> Lenz Buchmann accorde une importance toute particulière à sa bibliothèque. Elle est à la fois sa filiation et sa construction. Avez-vous choisi le nom de votre héros pour cela (Buch Mann en allemand) ? Est-ce pour vous une métaphore de la construction intellectuelle, de la culture, qui ne se fait pas autrement que sur les ruines du passé ? Votre écriture subit-elle aussi  cette influence des grands anciens, et si oui desquels ?</span></p>
<p>J’aime beaucoup l’idée de construction. L’idée de fondations, de la première pierre, de la dernière retouche. Quant à l’importance de connaître les grands auteurs du passé – l’importance de la bibliothèque – oui, sans aucun doute. Il existe un proverbe chinois, qui est en même temps une malédiction, qui dit : « ne t’aventure pas à écrire un livre avant d’en avoir lu mille ». C’est absolument indispensable de connaître ce qui s’est fait avant, ce que les écrivains ont fait avant nous. Si on ne connaît pas les classiques, comment peut-on dialoguer avec eux ? Comment peut-on savoir si on est en train de faire quelque chose de nouveau ou de répéter ce qui a déjà été fait mille fois ? J’imagine qu’il y a là une certaine similitude avec les chercheurs scientifiques : les physiciens connaissent bien les recherches qui ont été menées dans leur domaine et connaissent aussi celles qui sont menées en ce moment de par le monde. C’est cette connaissance de ce que les autres font qui leur permet de mener leurs investigations, de se mettre en quête de quelque chose de nouveau. Par ailleurs, si on parle vraiment des classiques, dans la mesure où ils ont été écrits à une autre époque et dans un autre contexte, ils s’éloignent de ce qui est en train de se faire autour de nous, actuellement. Et ça, c’est peut-être positif. Jorge Luis Borges, avec l’ironie qui était la sienne, disait que, lorsqu’il voulait lire quelque chose de neuf, il lisait les classiques. Parfois, on lit un classique et on sent qu’il est bien plus transgressif qu’un livre qui vient de paraître. Je pense qu’il est bon d’atteindre un équilibre : connaître ce qui est en train de se faire aujourd&#8217;hui et bien connaître ce qui s’est fait à d’autres époques.</p>
<p>9- <span style="color: #0000ff;">Finalement, Lenz  Buchmann aura appliqué toute sa vie la théorie des mondes possibles. Est-ce votre vision des croisements de disciplines ou simplement un souci empirique d’efficacité qui détermine ce choix ?</span></p>
<p>Je pense que naturellement les disciplines se croisent – la science, la fiction, l’essai. Il est difficile, il est même impossible, par exemple, de séparer la fiction de l’essai ou, plus précisément, de la pensée. Qu’est-ce qu’une phrase qui ne pense pas ? Peut-on dire : cette phrase pense, donc elle ne narre pas ? Peut-on dire : cette phrase raconte quelque chose, donc elle ne pense pas ? Raconter une histoire, narrer un événement, c’est déjà une façon de penser. Par exemple, la philosophie orientale part bien souvent d’histoires et non de concepts : on enseigne les concepts à travers des récits. L’inverse se produit également : une idée, un ensemble de pensées, ce sont aussi des récits, avec un avant et un après, une cause et des effets. D’ailleurs, la logique de la langue et de la pensée consiste précisément à établir une narration : les idées sont présentées dans une sorte d’introduction, laquelle sera suivie d’un développement, puis de conclusions. Même les méthodes des sciences les plus fermées et les plus pures – comme les mathématiques ou la physique – peuvent être vues sous cet angle. Nous sommes toujours en train de penser et de raconter, simultanément. Et penser nous fait tous travailler les disciplines scientifiques. Il n’est pas un sujet qui ne puisse être l’objet de la pensée.</p>
<p>10 et 11- <span style="color: #0000ff;">Votre héros cherche la liberté individuelle absolue et se heurte à un ennemi intérieur qui n’est autre que lui-même. Et pour vous quelle est la liberté de l’écrivain ? Corps et esprit sont-ils distincts quand vous écrivez ?</span><br />
<span style="color: #0000ff;">Vous avez déclaré « Écrire c’est le plaisir de construire ». Comment avez-vous construit ce roman et notamment le chapitrage ?</span></p>
<p>Il y a différentes méthodes pour écrire. Cela peut sembler étrange, mais la mienne est très instinctive et c’est peut-être là ma plus grande liberté : j’écris sans aucune structure, j’écris une phrase sans savoir quelle sera la phrase suivante, sans rien savoir de ce qui va suivre. Si je sais ce que j’ai envie d’écrire, je m’en désintéresse et je n’écris plus. Pour quelle raison écrirais-je quelque chose que je sais déjà ? Mais ça, c’est dans la première phase, lorsque j’écris la matière brute du roman. Ensuite, je récris, je corrige, j’amende pendant un temps très long et là, oui, j’entre dans la partie constructive du travail. Mais lorsque je commence le roman, je ne sais pas quels personnages vont surgir, je ne sais presque rien. C’est à mesure que j’avance que je comprends. Dans Apprendre à prier, je voulais décrire la force, la maladie et la mort d’un homme fort – c’était cela la structure de base.</p>
<p>12- <span style="color: #0000ff;">De même vous dites aimer construire des choses qui acquièrent leur propre indépendance. Quelle serait pour vous la réception idéale d’un lecteur ? Comment aimeriez-vous que l’on se réapproprie cette œuvre ?</span></p>
<p>Ce qui m’intéresse, c’est une écriture qui permette au lecteur de ne pas être uniquement un récepteur. Le lecteur peut se montrer exigeant à l’égard de l’écrivain, mais les livres doivent faire de même à l’égard du lecteur : ils doivent exiger une certaine concentration, une certaine vitesse de lecture, un regard qui ne se fixe pas uniquement sur la partie extérieure de la phrase, de la même manière qu’on attend de celui qui étudie un bâtiment qu’il n’en reste pas à une simple observation de la façade.<br />
Le livre ne contient pas de message. Les messages, c’est fait pour être envoyés par la poste ou par SMS, pas pour être transmis dans un livre. Un texte n’est pas une surface plane, c’est plutôt un volume. C’est pourquoi je suis très content quand les lecteurs donnent leurs propres interprétations du livre ; et des interprétations possibles, il y en a des dizaines. L’idée que la seconde partie du livre puisse être à la charge du lecteur me plaît. C’est pour ça que je tiens à ne pas l’orienter vers quelque interprétation que ce soit.<br />
Par ailleurs, je suis très heureux lorsqu’on s’approprie mon travail pour créer des œuvres d’art, des pièces de théâtre, etc.</p>
<p>13- <span style="color: #0000ff;">La mort de Lenz Buchmann évoque cet hommage de Karl Kraus : « Le mot passe/ Puis il s’avère avoir été vain/ Le mot s’éteint lorsque le temps s’est éveillé ».  Est-ce ainsi que les hommes vivent aujourd’hui ?</span></p>
<p>Je pense qu’il y a une certaine perte de repères dans notre façon de vivre aujourd&#8217;hui, pour chacun de nous. Comme il n’y a plus de grandes orientations morales provenant d’un centre, à l’image de ce que représentait l’Église, désormais chacun suit son chemin, d’une certaine façon. La mort de Lenz Buchmann est une mort apaisée, à l’inverse de ce qu’a été sa vie. C’est comme si avec la luminosité qui émane du téléviseur, il atteignait une sérénité qu’il n’avait jamais connue. Peut-être les images fascinaient-elles plus Lenz Buchmann que les mots. Ce n’était pas un homme très loquace et il est mort loin des mots, enveloppé dans une image déformée provenant d’un dispositif technique.</p>
<p><em>Traduit du portugais par Dominique Nédellec</em></p>
<p><a href="http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/2010/08/romans-etrangers/apprendre-a-prier-a-l%E2%80%99ere-de-la-technique-de-goncalo-m-tavares" target="_blank"><strong>Retrouvez la chronique de son roman ici</strong></a><em><br />
</em></p>
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		<title>Alice Kahn de Pauline Klein</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Sep 2010 11:05:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>xtase</dc:creator>
				<category><![CDATA[Premiers Romans]]></category>
		<category><![CDATA[allia]]></category>
		<category><![CDATA[Pauline-Klein]]></category>

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		<description><![CDATA[Alice Kahn de Pauline Klein aux éditions Allia
Alice Kahn est le premier roman de Pauline Klein. L’auteur nous plonge dans le monde parallèle de l’héroïne. Celle-ci se définit comme transparente, et se crée alors des personnages, des rôles. Par hasard, elle devient « Anna » à la terrasse d’un café parce qu’un homme l’interpelle par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><img class="alignleft size-medium wp-image-3432" style="border: 10px solid white;" title="Alice kahn" src="http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/wp-content/uploads/2010/09/Alice-kahn-176x300.jpg" alt="Alice kahn" width="158" height="270" />Alice Kahn de <a href="http://fr.ulike.net/Pauline_Klein" target="_blank">Pauline Klein</a> aux éditions Allia</h3>
<p>Alice Kahn est le premier roman de Pauline Klein. L’auteur nous plonge dans le monde parallèle de l’héroïne. Celle-ci se définit comme transparente, et se crée alors des personnages, des rôles. Par hasard, elle devient « Anna » à la terrasse d’un café parce qu’un homme l’interpelle par ce prénom. Elle devient alors « Anna », devenant malléable aux attentes de William.</p>
<p><em>Comme chaque fois, je m’absente, pour laisser la place, le choix, de qui l’autre voudrait que je sois. Je me laisse entraîner à sa suite, pour qu’il ne me voit pas, qu’il ne me prenne pas en flagrant délit de ne pas être cette fille, cette femme peut-être, l’autre, la bonne.</em> (p.21)</p>
<p>A l’ouverture du roman on est un peu surprise, on a un peu de mal à prendre ses marques, et puis on entre dans la logique de l’héroïne, et on se laisse emmener dans un Paris au mois d’août, un Paris des Galeries d’art, du Musée de la Vie Romantique.</p>
<p>Car en plus d’une idée intéressante sur le rôle social, Pauline Klein fait ici une critique assez mordante du monde de l’Art Moderne et des Galeries parisiennes. L’héroïne crée une artiste, Alice Kahn, qui insère dans les musées ou les expositions des éléments étrangers, des portraits de femme achetés dans des brocantes, en les posant parmi les collections…. généralement personne ne s’en rend compte. On peut douter un peu de la vraisemblance de cet acte, mais tant pis, cela est assez réjouissant de se dire qu’une simple photo peut passer pour une œuvre à 2000 euros.</p>
<p>J’ai aimé le style léger, fluide qui nous fait tourner les pages sans accrocs. On peut regretter quelques répétitions dans les réflexions et les situations, mais de façon général c’est un roman que j’ai apprécié malgré une entrée en matière un peu déstabilisante.</p>
<p>Enfin, l’objet livre est magnifique. J’aime beaucoup la couverture, et le papier est doux, soyeux, ce qui est très agréable d’autant plus pour un livre parlant d’art.</p>
<p>Belle découverte donc que ce premier roman de la Rentrée 2010 !</p>
<p>Chronique réalisée par <a href="http://leslivresdegeorgesandetmoi.wordpress.com/" target="_blank">George Sand et moi</a></p>
<h3>Quatrième de couverture :</h3>
<p>A la suite d’un quiproquo, la narratrice se substitue à Anna, et fait sous cette identité la connaissance de William Stein, un artiste photographe bien établi, qui croit la connaître et lui confie ses états d’âme. Par manque de confiance en elle, la narratrice se laisse modeler par Anna et créée Alice Kahn, une artiste qui se serait approprié des droits d’auteur sur le silence.</p>
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		<item>
		<title>Nora de Robert Alexis</title>
		<link>http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/2010/09/roman-francais/nora-de-robert-alexis</link>
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		<pubDate>Wed, 01 Sep 2010 08:30:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>xtase</dc:creator>
				<category><![CDATA[Romans Français]]></category>
		<category><![CDATA[jose-corti]]></category>
		<category><![CDATA[robert-alexis]]></category>

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		<description><![CDATA[Nora de Robert Alexis aux éditions José Corti
Robert Alexis, auteur qui explore avec brio les frontières entre la réalité et la folie jusqu&#8217;à les rendre floues, livre dans son dernier livre une certaine vision de la sexualité.
Nora, celle qui écoute, telle une écolière attentive, les six contes inventés par le narrateur, est une femme  sensuelle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><img class="alignleft size-medium wp-image-3349" style="border: 10px solid white;" title="nora" src="http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/wp-content/uploads/2010/08/nora-224x300.jpg" alt="nora" width="202" height="270" />Nora de Robert Alexis aux éditions José Corti</h3>
<p>Robert Alexis, auteur qui explore avec brio les frontières entre la réalité et la folie jusqu&#8217;à les rendre floues, livre dans son dernier livre une certaine vision de la sexualité.</p>
<p>Nora, celle qui écoute, telle une écolière attentive, les six contes inventés par le narrateur, est une femme  sensuelle et désirable. Ces six contes enchâssés peuvent faire penser aux <em>Contes des mille et une nuits</em>, bien que le conteur soit ici un homme, mais là aussi entre le conteur et le spectateur le désir de séduire est palpable.<br />
S&#8217;agirait-il alors de montrer une nouvelle fois le pouvoir ensorcelant de la littérature ?</p>
<p>Pourtant, ne vous attendez pas à des histoires prudes. C&#8217;est un monde peuplé de fantasmes quelques fois cruels que le lecteur lira. Ainsi après avoir lu une histoire de prêtres et jeunes pensionnaires, on plonge derechef dans une nouvelle  cruelle &laquo;&nbsp;Le Repas&nbsp;&raquo; aux accents zoophiles et même cannibales &#8230;<br />
La nausée n&#8217;est pas loin après ces lectures, et l&#8217;entracte qui coupe chaque nouvelle permet de souffler, de replonger dans un monde moins hostile : un monde plus réel. D&#8217;ailleurs Nora qui commente chaque conte une fois celui-ci terminé est la voix de la juste mesure. C&#8217;est elle qui dit lorsque le narrateur va trop loin. Aussi après &laquo;&nbsp;Le Repas&nbsp;&raquo;, elle n&#8217;hésite pas à donner un avis négatif et déplore la mauvaise image des femmes véhiculée dans ce conte.<br />
La suite du recueil prendra alors une tournure plus apaisée.</p>
<p>Outre ces variations sur les dérives de la sexualité, le lecteur peut entrapercevoir ici ou là des échos avec d&#8217;autres livres : &laquo;&nbsp;Le Banc&nbsp;&raquo; renvoie à <em>La Robe</em> du même auteur, quant à &laquo;&nbsp;Le Dahlia noir&nbsp;&raquo;, le titre est trop explicite pour ne pas penser au roman d&#8217;Ellroy.<br />
Avec ces échos se met en place un jeu de miroirs qui se répercute aussi sur les personnages. L&#8217;héroïne de la première nouvelle bascule de l&#8217;autre côté du miroir quand elle achète une figurine d&#8217;une petite effrontée. Telle une Alice candide qui découvrirait avec joie que sa jupe courte excite les hommes, et qui irait même jusqu&#8217;à écarter lentement ses cuisses aux passants &#8230;<br />
L&#8217;amour, la folie : après le fameux couple Eros-Thanatos, voici que Robert Alexis en crée un nouveau. L&#8217;amour, sentiment puissant qui pousse ici à l&#8217;abnégation, l&#8217;aliénation, voire la folie.</p>
<p>Encore une fois, <a href="http://fr.ulike.net/Robert_Alexis" target="_blank">Robert Alexis</a> signe des textes dérangeants, mais ils sont quelques fois ici à la limite du supportable. Au final, ce sont des textes qui démontrent notre animalité dans toute sa splendeur.<br />
L&#8217;amour barbare comme échappatoire du monde réel et qui nous replonge dans une transe proche de notre état originel.<br />
A lire quand on a le cœur bien accroché : ces récits particuliers m&#8217;ont parfois donné la nausée, et par exemple, je ne verrai plus jamais de la même façon une assemblée de vieillards. Brr.</p>
<p>Chronique réalisée par <a href="http://leiloona.canalblog.com/" target="_blank">Leiloona de Bric à Book</a></p>
<h3>Quatrième de couverture :</h3>
<p>Six contes enchâssés autour de la figure de Nora, six variations autour d&#8217;un thème cher à l&#8217;auteur : la sexualité et ses nombreux écarts.</p>
<p>On aurait tort de ne voir en Nora qu&#8217;un récit érotique de plus.</p>
<p>La sexualité est ici un point de départ, non une finalité. Grâce à elle, et malgré nous, se précisent des forces qui repoussent les murs, qui étirent nos limites, qui montrent à la fois l&#8217;humain dans sa complexité et le monde dans son infinité.</p>
<p>Le sexe quelles que soient ses manifestations est toujours une chance. Sortir de nous, sortir de ce que l&#8217;on a fait de nous, tel est un but qui parfois au hasard de ces pages semble effroyablement, délicieusement accessible. R.A.</p>
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