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	<title>Chroniques de la rentrée littéraire &#187; Albin-Michel</title>
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	<description>Toute la rentrée littéraire enfin chroniquée. Pour chaque roman publié à la rentrée littéraire retrouvez au moins une chronique.</description>
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		<title>Sépharade d&#8217;Éliette Abécassis</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Nov 2009 12:06:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>xtase</dc:creator>
				<category><![CDATA[Romans Français]]></category>
		<category><![CDATA[Albin-Michel]]></category>
		<category><![CDATA[Éliette-Abécassis]]></category>

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		<description><![CDATA[Sépharade d&#8217;Éliette Abécassis aux édition Albin Michel
Peut-on échapper à son destin? À celui qu&#8217;on choisit pour vous? se demande Esther Vital.
Juive marocaine née à Strasbourg, écrasée par le poids de la tradition et de la famille, mais aussi déchirée par la nostalgie des paradis abandonnés &#8212; l&#8217;Espagne de Cordoue à Tolède, le Maroc, de Mogador [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><img class="alignleft size-medium wp-image-1922" style="border: 10px solid white;" title="Sépharade" src="http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/wp-content/uploads/2009/11/Sépharade-204x300.jpg" alt="Sépharade" width="184" height="270" />Sépharade d&#8217;<a href="http://fr.ulike.net/Eliette_Ab%C3%A9cassis" target="_blank">Éliette Abécassis</a> aux édition Albin Michel</h3>
<p>Peut-on échapper à son destin? À celui qu&#8217;on choisit pour vous? se demande Esther Vital.</p>
<p>Juive marocaine née à Strasbourg, écrasée par le poids de la tradition et de la famille, mais aussi déchirée par la nostalgie des paradis abandonnés &#8212; l&#8217;Espagne de Cordoue à Tolède, le Maroc, de Mogador à Fès &#8211;, Esther tente de savoir qui elle est, dans l&#8217;illusion de la liberté. Lorsqu&#8217;elle choisit l&#8217;amour comme évasion, tout ce à quoi elle pensait avoir échappé la rattrape. La veille de son mariage, vêtue de la robe pourpre des promises sépharades, Esther découvre les maléfices du mauvais oeil et le terrible secret qui la marque&#8230;</p>
<p>À travers cette quête des origines, Éliette Abécassis explore avec émotion et érudition l&#8217;histoire des juifs marocains, depuis l&#8217;Inquisition jusqu&#8217;à l&#8217;époque contemporaine, leurs rivalités, leur culture et leurs croyances. Voici le grand roman du monde sépharade.</p>
<p>Comme l&#8217;indique cette quatrième de couverture (qui pour une fois donne une bonne idée de l&#8217;intrigue sans en révéler trop d&#8217;éléments), ce roman est avant tout une quête d&#8217;identité, ou plutôt une tentative de réconcilier plusieurs identités différentes. Mais d&#8217;abord, qui sont les Sépharades? D&#8217;entrée de jeu, je n&#8217;en avais qu&#8217;une vague idée. Ce sont en fait les descendants des juifs expulsés d&#8217;Espagne durant l&#8217;Inquisition, au XVe siècle, qui allèrent s&#8217;établir en Afrique du Nord, notamment au Maroc, mêlant leur sang à celui des Arabes et des Berbères qui occupaient déjà le territoire. À ce premier exode s&#8217;en ajoute un deuxième, puisqu&#8217;à l&#8217;indépendance du Maroc plusieurs décidèrent de s&#8217;en aller, qui pour Israël, qui pour le Canada, qui pour la France, comme la famille dont nous faisons ici la connaissance.</p>
<p>Esther est donc tiraillée entre ces différentes racines, chacune apportant son lot de caractéristiques souvent contradictoires: juive, française, marocaine, espagnole. Sans oublier Israël, la terre promise, qui l&#8217;attire mais offre une vie beaucoup plus intense que ce à quoi elle est habituée. Son mariage est donc pour elle l&#8217;occasion de faire le point sur ces différentes identités et sur sa relation compliquée avec sa famille accaparante, omniprésente. La situation se complique encore plus lorsque la famille se réunit à Tel-Aviv pour le mariage et que les secrets et rivalités refont surface.</p>
<p>Ce que j&#8217;ai aimé avant tout dans cette lecture, c&#8217;est la découverte de la culture et de l&#8217;Histoire des Sépharades. Abécassis décrit d&#8217;une façon très vivante les coutumes, la nourriture, les couleurs, les parfums&#8230; Par exemple, sa description de la dafina donne l&#8217;eau à la bouche. Il s&#8217;agit d&#8217;un plat traditionnel que l&#8217;on mange le samedi midi pour le Chabbat, qui se prépare la veille et cuit toute la nuit, selon une recette qui se transmet de mère en fille, mais pas complètement car quelle mère voudrait être surpassée par sa fille? Se transformant donc à chaque génération, ce mets composé de viande, de blé, de riz, de pommes de terre, de pois chiches et d&#8217;épices nourrit les ventres et les conversations familiales autour de la table. J&#8217;ai aussi appris que le couscous est un plat très compliqué à réussir &#8212; j&#8217;ai donc tout faux lorsque je le prépare en quelques minutes en le faisant tremper dans l&#8217;eau bouillante?</p>
<p>La question de la disparition de cultures plusieurs fois millénaires, qui semblent incompatibles avec la modernité et sont abandonnées par la génération actuelle, est également passionnante et aurait mérité d&#8217;être explorée plus en profondeur.</p>
<p>Par contre, l&#8217;intrigue elle-même m&#8217;a laissée un peu indifférente. À partir du deuxième tiers, les personnages ont commencé à me tomber sur les nerfs, en particulier les femmes, y compris l&#8217;héroïne, toutes plus geignardes les unes que les autres. Les hommes sont déjà plus sympathiques, notamment les vieux qui me font penser aux oncles de Solal dans Belle du Seigneur. J&#8217;ai trouvé que dans l&#8217;ensemble, Abécassis faisait plus ressortir les aspects négatifs des personnalités. Le portrait qu&#8217;elle brosse des Sépharades devient donc de plus en plus repoussant, frisant presque la caricature. De plus, le fameux secret est extrêmement prévisible, dès le début, et on ne sait pas trop si c&#8217;est voulu, ce que j&#8217;ai trouvé agaçant.</p>
<p>À lire, donc, surtout pour la découverte de cette culture si colorée et de cette Histoire d&#8217;exil et de paradis perdus !</p>
<p>Chronique réalisée par <a href="http://jai-lu.blogspot.com/" target="_blank">J&#8217;ai lu&#8230;</a></p>
<h3>Quatrième de couverture :</h3>
<p>Peut-on échapper à son destin ? A celui qu’on choisit pour vous ? se demande Esther Vital. Juive marocaine née à Strasbourg, écrasée par le poids de la tradition et de la famille, mais aussi déchirée par la nostalgie des paradis abandonnés &#8211; l’Espagne de Cordoue à Tolède, le Maroc, de Mogador à Fès -, Esther tente de savoir qui elle est, dans l’illusion de la liberté. Lorsqu’elle choisit l’amour comme évasion, tout ce à quoi elle pensait avoir échappé la rattrape. La veille de son mariage, vêtue de la robe pourpre des promises sépharades, Esther découvre les maléfices du mauvais oeil, et le terrible secret qui la marque… A travers cette quête des origines, Eliette Abécassis explore avec émotion et érudition l’histoire des juifs marocains, depuis l’Inquisition jusqu’à l’époque contemporaine, leurs rivalités, leur culture et leurs croyances. Voici le grand roman du monde sépharade.</p>
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		<title>Le Voyage d&#8217;hiver d&#8217;Amélie Nothomb</title>
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		<pubDate>Mon, 12 Oct 2009 09:15:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>xtase</dc:creator>
				<category><![CDATA[Romans Français]]></category>
		<category><![CDATA[Albin-Michel]]></category>
		<category><![CDATA[Amélie-Nothomb]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Voyage d&#8217;hiver d&#8217;Amélie Nothomb aux éditions Albin Michel
Résumé : « Il n’y a pas d’échec amoureux. » &#8211; Amélie Nothomb -
Amélie poursuit avec humour et auto-dérision l’inventaire des personnages « extraordinaires » qui hantent ses romans.
Mon humble avis : Un homme est dans un aéroport. Il s&#8217;apprête à monter dans un avion qu&#8217;il prévoit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><img class="alignleft size-medium wp-image-1685" style="border: 10px solid white;" title="Le voyage d'hiver" src="http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/wp-content/uploads/2009/10/Le-voyage-dhiver-190x300.jpg" alt="Le voyage d'hiver" width="152" height="240" />Le Voyage d&#8217;hiver d&#8217;<a href="http://fr.ulike.net/Am%C3%A9lie_Nothomb" target="_blank">Amélie Nothomb</a> aux éditions Albin Michel</h3>
<p>Résumé : « Il n’y a pas d’échec amoureux. » &#8211; Amélie Nothomb -<br />
Amélie poursuit avec humour et auto-dérision l’inventaire des personnages « extraordinaires » qui hantent ses romans.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Mon humble avis :</span> Un homme est dans un aéroport. Il s&#8217;apprête à monter dans un avion qu&#8217;il prévoit de détourner et de mener au crash. Quelle tragédie amoureuse lui a inspiré un tel acte ? C&#8217;est par écrit qu&#8217;il se confesse&#8230;<br />
Dès les premières pages, il n&#8217;y a pas de doute, nous y sommes. Où ça ? Mais dans un roman d&#8217;Amélie Nothomb pardi ! Oui, tout y est&#8230; L&#8217;univers clos et décalé de quelques personnages. L&#8217;absurde qui devient possible. L&#8217;humour qui s&#8217;entremêle avec le cynisme et la cruauté. Les mots si insolites qu&#8217;ils vous font utiliser avec jouissance votre dictionnaire. Des prénoms improbables qui nous étonnent et nous amusent toujours &#8211; ici Zoïle et Astrolabe, mais où va-t-elle chercher tout cela ??- Et bien sûr, une bonne dose d&#8217;autodérision &#8211; Nothomb ne se moque-t-elle pas des ces éditeurs qui placardent la photo des auteurs en pleine couverture ?!!! Enfin, il n&#8217;y a que notre auteur belge préférée pour oser user d&#8217;une &laquo;&nbsp;madame pipi d&#8217;aéroport&nbsp;&raquo; comme d&#8217;un argument.<br />
Une fois de plus, Amélie Nothomb nous captive par l&#8217;atypie de son histoire et l&#8217;anormalité de ses personnages qui ne connaissent pas de limite dans l&#8217;excentricité. Le génie de l&#8217;auteur est là : d&#8217;un personnage banal éprouvant un sentiment commun, elle fait du fantaisiste et de l&#8217;extraordinaire, au sens littéral du terme. Et, c&#8217;est en exagérant les travers de ces personnages qu&#8217;Amélie Nothomb dresse à nouveau un portrait pragmatique du genre humain et de son immoralité. Voilà pour le fond&#8230;<br />
Pour la forme, je dirais que l&#8217;écriture est, comme d&#8217;habitude, ciselée. Le style est clair et  efficace. Amélie Nothomb va droit au but et ne nous encombre pas de détails inutiles dans le seul objectif d&#8217;écrire un pavé pour coller à l&#8217;époque. Ses livres ne sont jamais épais. Mais celui ci aurait gagné en qualité avec quelques pages supplémentaires. Certaines réflexions auraient mérité plus de développement. Et, une fois de plus, j&#8217;ai trouvé la fin un peu expédiée&#8230; Amélie, pour être complètement à ma cause acquise &#8211; vous n&#8217;en êtes pas loin d&#8217;ailleurs- s&#8217;il vous plaît, soigner un brin plus vos chutes !<br />
Vous l&#8217;aurez compris, j&#8217;ai bien aimé ce livre, j&#8217;y ai trouvé mes repères&#8230; et ce que je cherchais, ni plus, ni moins.</p>
<p>Morceaux choisis :</p>
<p><em>&nbsp;&raquo; A quinze ans, il y a une ardeur de l&#8217;intelligence qu&#8217;il importe d&#8217;attraper : comme certaines comètes, elle ne repassera plus&nbsp;&raquo;.</em><em></em></p>
<p><em><em>&laquo;&nbsp;On en veut jamais autant aux gens que quand ils n&#8217;y sont pour rien&nbsp;&raquo;.</em></em></p>
<p><em><em>&laquo;&nbsp;On est vraiment indulgent que quand on est amoureux fou ; dès qu&#8217;on aime moins, la vacherie naturelle reprend le dessus&nbsp;&raquo;.</em></em></p>
<p>Chronique réalisée par <a href="http://cdcoeurs.over-blog.net/" target="_blank">Les coups de coeurs de Géraldine</a><em><em><br />
</em></em></p>
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		<title>Le miroir de Cassandre de Bernard Werber</title>
		<link>http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/2009/09/roman-francais/le-miroir-de-cassandre-de-bernard-werber</link>
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		<pubDate>Tue, 22 Sep 2009 08:25:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>xtase</dc:creator>
				<category><![CDATA[Romans Français]]></category>
		<category><![CDATA[Albin-Michel]]></category>
		<category><![CDATA[Bernard-Werber]]></category>

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		<description><![CDATA[Le miroir de Cassandre de Bernard Werber aux éditions Albin Michel
Présentation de l&#8217;œuvre par l&#8217;auteur (issue de son blog) : C&#8217;est l&#8217;histoire de Cassandre, une jeune fille de 17 ans qui a le don d&#8217;entrevoir le futur mais la malédiction de ne pas être écoutée. Elle va connaitre des aventures extraordinaires qui vont lui permettre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><img class="alignleft size-medium wp-image-1546" style="border: 10px solid white;" title="Le miroir de cassandre" src="http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/wp-content/uploads/2009/09/Le-miroir-de-cassandre-194x300.jpg" alt="Le miroir de cassandre" width="175" height="270" />Le miroir de Cassandre de <a href="http://fr.ulike.net/Bernard_Werber" target="_blank">Bernard Werber</a> aux éditions Albin Michel</h3>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Présentation de l&#8217;œuvre par l&#8217;auteur</span></strong> (issue de son <a href="http://www.bernardwerber.com" target="_blank">blog</a>) : C&#8217;est l&#8217;histoire de Cassandre, une jeune fille de 17 ans qui a le don d&#8217;entrevoir le futur mais la malédiction de ne pas être écoutée. Elle va connaitre des aventures extraordinaires qui vont lui permettre de devenir non seulement une femme mais aussi quelqu&#8217;un qui a conscience de tout ce qu&#8217;il se passe sous tous les angles. Elle part du plus difficile, l&#8217;autisme et la non communication avec autrui et va progressivement évoluer pour devenir un être beaucoup plus sensible que la moyenne. Un gros roman de suspense qui se démarque du reste de mes ouvrages par son coté réaliste et psychologique. <a href="http://fr.ulike.net/Le_Miroir_de_Cassandre">Le miroir de Cassandre</a> traite aussi de l&#8217;autisme, de la futurologie, des lois de probabilités, avec en toile de fond une grande histoire d&#8217;amour.</p>
<p>Quand j&#8217;ai vu que <a href="http://fr.ulike.net" target="_blank">Ulike</a> proposait dans sa sélection le dernier Werber, j&#8217;ai pensé que tout le monde voudrait le lire mais j&#8217;ai quand même tenté ma chance. Et bingo ! Je l&#8217;ai reçu et encore mieux, ce sont les épreuves non corrigées. Un collector ! Celui-ci, je vous garantis que je le garde.</p>
<p>Bon ce qui aurait été encore mieux, c&#8217;est que le roman soit bien&#8230;</p>
<p>Ce que nous présente Bernard WERBER, c&#8217;est l&#8217;histoire de Cassandre, une étrange adolescente de 17 ans, montrant de fortes tendances à l&#8217;autisme, qui comme le laisse supposer son prénom, a des visions de l&#8217;avenir.</p>
<p>Si déjà, vous trouvez cette phrase réductrice, ne lisez pas ce livre car il est truffé de pensées du même genre ; par exemple, une Violaine est violente et animée par la haine, un Philippe (étymologiquement : qui aime les chevaux) est un turfiste convaincu, j&#8217;en passe et des meilleures&#8230; Je reconnais que notre prénom influence notre vie, mais je ne suis pas convaincue que cela se fasse de manière aussi grossière.</p>
<p>Bref, revenons-en à notre Cassandre bien nommée. Elle est amnésique concernant tout ce qui s&#8217;est passé avant ses 13 ans et cherche à découvrir son passé. Au cours de ses errances, elle rencontre 4 clochards qui se sont installés au milieu d&#8217;une décharge puante et décide de rester avec eux. Les habitants de cette décharge sont à eux seuls un véritable ramassis de lieux communs : un ex-militaire alcoolique, une ancienne mère maquerelle rousse et qui louche, un sorcier vaudou prénommé Fetnat car il est né le 14 juillet, et enfin un adolescent coréen qui est un as&#8230; en informatique, bien sur !</p>
<p>Accompagnée de son armée de clochards ainsi que d&#8217;un ou 2 autres appuis bien placés et aidée de ses visions, Cassandre part sur la trace de son passé et de notre futur, tout en déjouant des attentats terroriste et en échappant à la police qui la traque.</p>
<p>J&#8217;ai cordialement détesté cet ouvrage qui aurait pu être sous-titré à mon sens L&#8217;art de prendre son lecteur pour un décérébré. en effet, un des effets de style de l&#8217;auteur est d&#8217;intercaler à la narration les pensées de Cassandre en italique.</p>
<p>Tiens quel procédé ingénieux !</p>
<p>Mais très vite, ces interventions deviennent agaçantes, voire même déplaisantes.</p>
<p>D&#8217;un part, Bernard WERBER aurait peut-être du s&#8217;inspirer de Mark Haddon et de son livre <span style="text-decoration: underline;">Le bizarre incident du chien pendant la nuit</span> au lieu de parler à tout bout de champ de &laquo;&nbsp;bulle de protection&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;sphère de protection&nbsp;&raquo;.</p>
<p>D&#8217;autre part, le lecteur (pas si bête) comprend vite que les interventions sont là pour le guider dans sa lecture et son interprétation. Et ça c&#8217;est vraiment irritant ! Idem pour la manie de coller des ressemblances d&#8217;acteurs à chaque personnage rencontré, comme si on ne pouvait pas décider nous-mêmes sous quels traits nous voulons faire apparaître les protagonistes dans notre esprit&#8230;</p>
<p>De plus, notre personnage principal Cassandre a un réel complexe de supériorité et se sent obligée d’imposer au pauvre lecteur impuissant l’étymologie de presque chaque mot. J’adore l’étymologie mais là on lit un roman pas un dictionnaire ! Un passage a mis le feu aux poudres chez moi lorsqu’elle parle de sa passion pour les « mots rares ». Elle lui explique alors qu’en moyenne, la plupart des gens utilisent 120 mots de vocabulaire pour s’exprimer et lui demande : <em>« Qui se souvient encore de ce que veut dire : billevesées ? scolastique ? ou mélopée ? »</em>. Et bien, pas de chance, la lectrice présente s’en souvient et pense même ne pas être la seule. Idem pour <em>« oxymore »</em>… D’ailleurs, un oxymore s’est glissé dans ce billet, saurez-vous le retrouver ?</p>
<p>Bref, ce roman a été une énorme déception pour moi. J’aurais aimé lire un roman de la trempe du Cycle des Fourmis, le prochain peut-être…</p>
<p>Chronique réalisée par <a href="http://legrandnullepart.over-blog.com/" target="_blank">Le grand nulle part</a></p>
<h3>Quatrième de couverture :</h3>
<p><span id="club-desc">Ses parents disparus ont voué Cassandre au malheur en la programmant à devenir voyante ! Comme l’héroïne grecque dont elle porte le nom, la jeune fille est capable de prévoir les catastrophes, et comme elle, personne ne l’écoute… Aux lisières d’un Paris futuriste hanté par des êtres revenus à l’état sauvage, Cassandre et ses étranges amis vont essayer de sauver un monde qui court à sa perte, menacé par la surpopulation, la pollution, les guerres, les épidémies et le terrorisme. Un conte-fleuve sur l&#8217;origine et la fin des temps, la destinée de l&#8217;Homme, les pièges de la fatalité et de la liberté.</span></p>
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		<title>Le grand exil de Franck Pavloff</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Sep 2009 10:21:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Abeline</dc:creator>
				<category><![CDATA[Romans Français]]></category>
		<category><![CDATA[Albin-Michel]]></category>
		<category><![CDATA[franck-pavloff]]></category>
		<category><![CDATA[le-grand-exil]]></category>

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		<description><![CDATA[ Le grand exil de Franck Pavloff chez Albin Michel éditeur
J’avais déjà eu l’occasion de découvrir cet auteur avec le très court mais non moins percutant récit, Matin brun. Ainsi découvrir Le grand exil avant tout le monde fut-il un plaisir à part entière, une occasion de renouer avec un auteur qui avait su me surprendre.
De [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><span style="font-family: Georgia; line-height: 19px;"><img class="size-medium wp-image-1219 alignleft" style="border: 10px solid white;" title="GRAND_EXIL_couv.qxd" src="http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/wp-content/uploads/2009/09/9782226193940-j-204x300.jpg" alt="GRAND_EXIL_couv.qxd" width="204" height="300" /></span><span style="font-family: Georgia; line-height: 19px;"> </span>Le grand exil de <a href="http://fr.ulike.net/Franck_Pavloff" target="_blank">Franck Pavloff</a> chez Albin Michel éditeur</h3>
<p align="center">J’avais déjà eu l’occasion de découvrir cet auteur avec le très court mais non moins percutant récit, <em>Matin brun</em>. Ainsi découvrir <a href="http://fr.ulike.net/Le_Grand_Exil" target="_blank"><em>Le grand exil</em></a> avant tout le monde fut-il un plaisir à part entière, une occasion de renouer avec un auteur qui avait su me surprendre.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">De quoi ça parle :</span></strong></p>
<p>Le récit fait se croiser plusieurs destins, plusieurs personnages hauts en couleur.</p>
<p>Tout d’abord, Tchaka qui arrive dont ne sait où et se fait engager comme jardinier chez l’une des plus grosses familles d’Equateur. Il semble à l’écoute des signes et guette l’éruption imminente du volcan. Son chemin va croiser celui de Lucia qui a le projet fou de se mettre en travers du trafic des passeurs. En effet, nombreux sont les gens désireux de tenter leur chance dans des pays moins hostiles et qui sont prêts à s’endetter au-delà de toute raison pour pouvoir fuir leur pays. Selmo est un jeune homme du coin et il va se retrouver embarqué dans l’ambitieux projet de Lucia qui est d’aider gratuitement les candidats à un monde meilleur.</p>
<p>Mais le destin ne semble pas prêt à aider ces personnages et le volcan menace d’entrer en éruption à tout instant.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Ce que j’en ai pensé :</span></strong></p>
<p>Franck Pavloff signe là un récit engagé dans lequel il dénonce les conditions de vie misérables des équatoriens ainsi que de l’ignoble chantage auquel ils sont soumis. Toutefois cela ne constitue pas</p>
<p>Je dois avouer que je si j’ai globalement pris plaisir à découvrir ce nouveau roman, j’ai eu beaucoup de mal à accrocher à l’intrigue. Peut-être d’ailleurs parce que d’intrigue il n’est pas réellement question. Ni d’une galerie de portrais non plus d’ailleurs. Finalement, l’événement ne serait-il pas l’éruption du volcan qui est le seul à ne pas avorter, au contraire des projets des protagonistes de l’histoire ? Malgré les motivations de chacun, la nature, implacable, dicte sa loi décidant à elle seule du destin de tous.</p>
<p>La question que semble poser ce récit c’est celui de l’exil, c’est-à-dire ce qui le motive mais aussi ce que ça représente pour chacun d’entre nous. Il y a l’exil des postulants à l’émigration, l’exil de ceux qui vont devoir fuir le volcan mais aussi ceux dont l’exil est finalement intérieur, dans la quête de soi.</p>
<p>L’auteur offre à son lecteur des descriptions foisonnantes et une langue des plus travaillées, l’emmenant dans un festival de sensations. Toutefois, il m’a fallu la moitié du roman pour comprendre les liens qui pouvaient se tisser entre ces différentes destinées par quoi ils étaient motivés. Un régal littéraire malgré tout.</p>
<p>Je ne connais pas suffisamment l’auteur pour émettre un jugement définitif mais je l’ai pour l’instant trouvé plus convaincant dans la forme brève.</p>
<p>Chronique rédigée par <a href="http://milleetunepages.canalblog.com/" target="_blank">Mille et une pages </a></p>
<h3>Quatrième de couverture :</h3>
<p style="margin-right: 0px; margin-left: 0px; margin-top: 10px; margin-bottom: 10px; padding: 0px;" align="justify">Dans la ville de Banos de Agua Santa, au centre de l’Equateur, vient d’arriver un étranger, Tchaka, qui se fait engager comme jardinier par un grand propriétaire terrien. Installé sur les pentes du volcan Tungurahua dont il pressent la reprise d’activité, il découvre qu’une jeune femme y a établi en secret un camp de base pour faire passer la frontière aux candidats à l’émigration sans qu’ils tombent sous la coupe des « coyotes ». Pourquoi ont-ils échoué dans cette zone à risque où l’éruption peut à chaque instant tout saccager, est-ce le prix à payer pour qu’ils se réconcilient avec leur passé ?</p>
<p style="margin-right: 0px; margin-left: 0px; margin-top: 10px; margin-bottom: 10px; padding: 0px;" align="justify">Par l’auteur de Matin brun et du Pont de Ran-Mositar, prix France Télévision 2005, un roman magnifique, sensuel et luxuriant sur l’exil, la condition humaine, la beauté et la violence d’une nature capable d’exaspérer ou de briser les passions les plus fortes.</p>
<p style="margin-right: 0px; margin-left: 0px; margin-top: 10px; margin-bottom: 10px; padding: 0px;" align="justify">Auteur culte de Matin brun, succès international publié dans toutes les langues, Franck Pavloff a tout d’abord publié des romans policiers puis chez Albin Michel Haute est la tour, Le Pont de Ran-Mositar et La Chapelle des apparences.<br style="padding: 0px; margin: 0px;" />Sélectionné pour de nombreux prix (Goncourt des lycéens, Giono, Interallié entre autres), Le Pont de Ran-Mositar a reçu le prix France Télévision en 2005.<br style="padding: 0px; margin: 0px;" />L’auteur vit entre Grenoble et Gap.</p>
<div style="text-align: justify;"><span style="font-family: Helvetica; line-height: normal;"><br />
</span></div>
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		<title>On ne boit pas les rats-kangourous d&#8217;Estelle Nollet</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Sep 2009 10:09:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>xtase</dc:creator>
				<category><![CDATA[Premiers Romans]]></category>
		<category><![CDATA[Albin-Michel]]></category>
		<category><![CDATA[Estelle-Nollet]]></category>

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		<description><![CDATA[On ne boit pas les rats-kangourous d&#8217;Estelle Nollet chez Albin Michel
D’abord il y a le cadet, l’ingénu Will, lui qui y est né dans ce
No man’s land  du bout du monde. Et puis il y a les autres : Den l’épicier, Sam la tatouée et sa « flasquitude », Blanca « petite poupée à la jupe en jean délavé [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><img class="alignleft size-medium wp-image-1153" style="border: 10px solid white;" title="On ne boit pas les rats-kangourous" src="http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/wp-content/uploads/2009/09/On-ne-boit-pas-les-rats-kangourous-205x300.jpg" alt="On ne boit pas les rats-kangourous" width="133" height="194" />On ne boit pas les rats-kangourous d&#8217;<a href="http://fr.ulike.net/Estelle_Nollet" target="_blank">Estelle Nollet</a> chez Albin Michel</h3>
<p>D’abord il y a le cadet, l’ingénu Will, lui qui y est né dans ce</p>
<p>No man’s land  du bout du monde. Et puis il y a les autres : Den l’épicier, Sam la tatouée et sa « flasquitude », Blanca « petite poupée à la jupe en jean délavé comme ses jambes » et puis Douglas dit Doug, le simplet qui creuse des trous partout…</p>
<p>Une bande de paumés aux souvenirs sentant la naphtaline, coincée entre une décharge et un virage qui ne mène nulle part.</p>
<p>Heureusement, il reste le café de Dan pour écluser et boire jusqu’à plus soif, boire le vide dans ce désert aux âmes arides entourés de coyotes et de rats-kangourous…</p>
<p>Estelle Nollet signe un premier roman d’une grande humanité, suintant une métaphysique beckettienne, aux personnages déchus et flamboyants soutenus par une écriture imagée nourrie de formules qui font mouche. A recommander et à siroter sans modération&#8230;</p>
<p>Chronique réalisée par <a href="http://www.chermedia.com/" target="_blank">Chermedia</a></p>
<h3>Quatrième de couverture :</h3>
<p>Un bout du monde désolé que borne une décharge. Ceux qui ont échoué là semblent avoir abdiqué tout espoir de futur. Ivres de vide, ils vivent dans un éternel présent qu&#8217;ils dissolvent chaque soir jusque tard dans la nuit au bar de Dan, où les échanges sont réduits à l&#8217;indifférence, au mépris, parfois à la violence.<br />
Car de ce pays personne ne peut sortir. La plupart y ont renoncé, mais certains ont gravi montagnes et collines, d&#8217;autres transforment les objets de la décharge en objets d&#8217;art. Un brin d&#8217;abondance sort de la corne de l&#8217;épicerie de M. Den, l&#8217;autre lieu qui rappelle la société du « dehors ».<br />
Celle que ne connaissent pas Willie, 25 ans, et son copain Dig Doug qui sont nés là. Celle que Willie va vouloir se faire raconter par chacun à qui il va rendre par là-même un passé. Le miroir de l&#8217;innocence qu&#8217;il leur tend pourra-t-il sauver leur avenir ?</p>
<p>Un climat étrange et fort qui s&#8217;apparente plus à celui de l&#8217;imaginaire américain que du terroir français (le Caldwell de la Grande Dépression, ou le Mc Carthy de la Route).</p>
<p>Un premier roman intense par la force du dialogue, le sens de l&#8217;image, le laconisme des personnages, la fantaisie métaphysique, l&#8217;art d&#8217;évoquer le malheur ordinaire en tenant en éveil constant la fragilité et la curiosité du lecteur.</p>
<p><strong>Bonus : </strong><a href="http://www.youtube.com/watch?v=kPLHYNmEU5A&amp;eurl=http%3A%2F%2Fwww.albin-michel.fr%2Frentree-litteraire%2Fauteurs%2Festelle-nollet%2F&amp;feature=player_embedded" target="_blank">Un entretien vidéo de l&#8217;auteur</a></p>
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		<title>Hors champ de Sylvie Germain</title>
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		<pubDate>Thu, 20 Aug 2009 21:34:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Romans Français]]></category>
		<category><![CDATA[Albin-Michel]]></category>
		<category><![CDATA[hors--champ]]></category>
		<category><![CDATA[sylvie-germain]]></category>

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		<description><![CDATA[Hors champ de Sylvie Germain, Albin Michel, 195 p.
Aurélien, cinquante ans à peine, célibataire, employé dans une entreprise commerciale, mène une existence ordinaire, mais somme toute assez agréable.
Bien qu’étant le fruit d’une relation aussi fugace qu’intense, il a vécu une enfance plutôt heureuse entre sa mère d’origine polonaise, un beau père très attentif et le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><img class="alignleft size-full wp-image-600" style="border: 10px solid white;" title="germain" src="http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/wp-content/uploads/2009/08/germain.jpg" alt="germain" width="83" height="129" />Hors champ de <a href="http://fr.ulike.net/Sylvie_Germain" target="_blank">Sylvie Germain</a>, Albin Michel, 195 p.</h3>
<p>Aurélien, cinquante ans à peine, célibataire, employé dans une entreprise commerciale, mène une existence ordinaire, mais somme toute assez agréable.</p>
<p>Bien qu’étant le fruit d’une relation aussi fugace qu’intense, il a vécu une enfance plutôt heureuse entre sa mère d’origine polonaise, un beau père très attentif et le fils de celui-ci, lourdement handicapé suite à une agression.</p>
<p>En outre, il entretient une relation amoureuse harmonieuse, semble-t-il avec Clotilde.</p>
<p>Mais en une semaine cet homme devient flou, incolore, inodore, transparent. Une panne d’ordinateur puis des collisions répétées avec des piétons déclenchent le processus qui va s’accélérer jusqu’à la perte (totale ?) de consistance physique ; le lecteur impuissant suit avec angoisse cette descente aux enfers du « rien ».</p>
<p>Curieusement, pendant qu’il s’évide peu à peu, Aurélien perçoit les sons, les odeurs, les bruits, les couleurs avec une acuité décuplée et il éprouve un profond sentiment d’empathie pour tous les cabossés de la vie (clochard, prostituée).</p>
<p>Depuis <em>le Livre des nuits</em>, Sylvie Germain explore le thème de l’effacement, de l’oubli, de la perte de mémoire mais elle n’a épuisé ni le sujet, ni le lecteur…</p>
<p>Un style maîtrisé où chaque adjectif vient s’emboîter parfaitement dans le récit, une écriture  charnue qui paradoxalement, rend compte du dépouillement, nous conduisent jusqu’au coup de vent final.</p>
<p>Chronique rédigée par Marie-Jeanne Chambrion pour <a href="http://www.chermedia.com/">Chermedia</a></p>
<h3>Quatrième de couverture :</h3>
<p>En une semaine, Aurélien, un homme ordinaire, va progressivement disparaître.<br />
Il est de plus en plus hors champ, perdant jusqu&#8217;à sa voix, son odeur et son ombre. Au fur et à mesure de cette genèse à rebours, il sort aussi de la pensée et de la mémoire des autres, même de ses proches. Cet effacement intensif s&#8217;opère au grand jour, dans l&#8217;agitation de la ville, à l&#8217;aune de tous ces naufragés qu&#8217;on ne regarde plus et qui ne comptent pour personne.</p>
<h3>Pour poursuivre la lecture :</h3>
<p>- la fiche Wikipédia de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Sylvie_Germain">Sylvie Germain</a></p>
<p>-Les <a href="http://www.telerama.fr/livre/les-secrets-d-ecriture-de-sylvie-germain-et-celine-curiol,46109.php">secrets d&#8217;écriture </a>de Sylvie Germain</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="425" height="344" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/0qCveM6DXdU&amp;color1=0xb1b1b1&amp;color2=0xcfcfcf&amp;hl=fr&amp;feature=player_embedded&amp;fs=1" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="344" src="http://www.youtube.com/v/0qCveM6DXdU&amp;color1=0xb1b1b1&amp;color2=0xcfcfcf&amp;hl=fr&amp;feature=player_embedded&amp;fs=1" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
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		<title>L’Incendie du Hilton de François Bon</title>
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		<pubDate>Thu, 20 Aug 2009 20:39:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Romans Français]]></category>
		<category><![CDATA[Albin-Michel]]></category>
		<category><![CDATA[françois-bon]]></category>
		<category><![CDATA[l-incendie-du-hilton]]></category>

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		<description><![CDATA[L’Incendie du Hilton de François Bon &#8211; Albin Michel
La narrateur-auteur, invité au Salon du Livre de Montréal, loge au Hilton au sein duquel, au 3ème sous-sol, se tient le Salon. Au beau milieu de la nuit, un incendie se déclare, et l’hôtel doit être évacué. Se retrouve alors sur le trottoir, dans la patinoire ou [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><img class="alignleft size-full wp-image-579" style="border: 10px solid white;" title="bon" src="http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/wp-content/uploads/2009/08/bon.jpg" alt="bon" width="89" height="131" />L’Incendie du Hilton de <a href="http://fr.ulike.net/Fran%C3%A7ois_Bon" target="_blank">François Bon</a> &#8211; Albin Michel</h3>
<p>La narrateur-auteur, invité au Salon du Livre de Montréal, loge au Hilton au sein duquel, au 3<sup>ème</sup> sous-sol, se tient le Salon. Au beau milieu de la nuit, un incendie se déclare, et l’hôtel doit être évacué. Se retrouve alors sur le trottoir, dans la patinoire ou la gare, des anonymes, mais aussi des auteurs et des footballeurs professionnels.</p>
<p>Durant cet intervalle, ente 1h50 et 5h50 du matin, le narrateur-auteur observe, déambule, échange de brèves conversations avec un vieil auteur, mais aussi les frères Rolin, on parle de Marc Lévy et, heureusement, de Nathalie Sarraute, de George Pérec, de Samuel Beckett… Au sein de cette ville moderne plongée dans la nuit, l’auteur nous mène dans les coulisses, derrière le décor.</p>
<p>L’enjeu pour l’auteur était le suivant : que le lecteur lise ce roman en 4 heures… ces 4h que l’auteur lui-même a passé, à attendre pour réintégrer sa chambre.</p>
<p>Au milieu du récit, de cette attente durant laquelle finalement il ne se passe rien, ou si peu, où tout le monde attend… viennent se glisser des anecdotes diverses : stage de récupération des points du permis de conduire ; comparaison avec ce qu’ont pu vivre les gens coincés dans le World Trade Center le 11 septembre…</p>
<p>Mais ce qui m’a surtout intéressée dans ce roman, (mais est-ce bien un roman ?), c’est davantage de suivre la création même du roman qu’on est en train de lire : comment naît un sujet de roman à partir d’un événement, comment le faire accepter par son éditeur, comment le mettre en œuvre… comment concrètement on réunit les éléments ; comment l’on passe d’une prise de note sur un carnet à la rédaction… En cela la page 15 est un délice :</p>
<p><em>« J’ai toujours travaillé en double, avançant à la fois le livre et le projet : dans les anciens carnets, en page de gauche des listes, des bribes de plans et des éléments à se remémorer, des noms, des lieux. On note des titres de livres, on découpe ou recopie des bribes d’articles, on stocke des images, autrefois découpées, maintenant repiquées sur l’écran, on bricole des plans, des schémas avec des flèches et des assemblages, puis ces bouts de phrases, celles qui viennent dans la nuit, qu’on tient précautionneusement devant soi au lever pour les déposer dans le cahier qui les garde, la date avec le texte, ou juste comme ça, dans la rue. Et puis, autrefois page de droite des carnets, le récit linéaire, ses ajouts, reprises, corrections. Je gardais tout cela dans une veille valise noire : mais longtemps que l’ordinateur avait mangé d’abord les versions en cours, puis les carnets eux-mêmes. » </em></p>
<p><em> </em></p>
<p>La citation est longue sur le papier (enfin sur l’écran) mais ce passage est une merveille pour moi… je regrette cependant qu’il n’y ait pas eu davantage de passages de ce style !</p>
<p>Parce que oui, il faut bien reconnaître que ce roman, sans vraiment me déplaire, ne m’a pas non plus totalement emballée. Le sentiment est complexe et je me demande si finalement ce n’est pas ce qu’a voulu l’auteur. Les déambulations physiques et mentales de l’auteur entraînent le lecteur dans un flou, dans la difficulté de retenir les événements. Finalement, une fois le roman refermé, je me rends compte qu’il m’en reste très peu et pourtant je ne peux pas dire que ce soit mauvais, lent ou je ne sais quoi… il y a même quelques bons passages, et peut-être n’ai-je, tout simplement, pas d’avis tranché. J’ai suivi toutes ces déambulations comme menée, un peu malgré moi, mais sans réel ennui, j’ai vécu cette expérience comme guidée, comme si l’auteur me tenait par la main et que, comme lui, je laissais passer ces 4 heures de réveil forcé…</p>
<p>Une chose cependant m’a quelque peu déstabilisée, voire laissée seule sur le trottoir devant l’hôtel : des phrases parfois alambiquées. Voici quelques exemples :</p>
<p><em>- « L’évacuation, la descente en groupe serré, <span style="text-decoration: underline;">qu’on contraignait à se précipiter</span>, dans les quine étages étroits… »</em> (p.96)</p>
<p>-          <em>« Qui de nous pour ne pas aimer les gares ? »</em> (p.105)</p>
<p>Effet de style ? j’ai tenté de comprendre la raison de ces phrases… les allusions à Beckett, à Nathalie Sarraute me donnent à penser que François Bon, dont j’avoue connaître très mal l’œuvre, participe de ces auteurs qui, à la suite des Nouveaux Romanciers, cherchent avant tout à briser l’illusion romanesque, et à valoriser le style, à donner sa place au lecteur, non en le caressant dans le sens du poil, mais en lui donnant du fil à retordre, en éprouvant son acte de lecture pour mettre en avant qu’un roman est avant tout un texte écrit et non une histoire que l’on raconte.</p>
<p>En conclusion, je dirais que ce roman témoigne sans doute d’un grand auteur, on est sans aucun doute loin d’un Marc Lévy ou autre, mais que, sans me déplaire, ce roman ne m’a pas embarquée assez loin pour qu’il fasse partie de mes romans clefs.</p>
<p>Chronique réalisée par <a href="http://leslivresdegeorgesandetmoi.wordpress.com/">Anne-Claire</a></p>
<h3>Quatrième de couverture :</h3>
<p>« Le 22 novembre 2008, en pleine nuit, alerte incendie au Hilton Montréal. Quinze étages plus bas, sur trois niveaux souterrains, le Salon du livre. Les écrivains logés là, les footballeurs professionnels de la Gray Cup sont parmi les 800 personnes évacuées dans les couloirs du métro, une patinoire vide et le Tim Hortons, le bar de la gare centrale. Soudain la ville et ses buildings vus à l’envers, depuis les coulisses. Et tous ces livres dans le sous-sol vide. Construire les quatre heures d’un récit qui se tiendrait au plus près des quatre heures à errer dans la nuit, de 1 h 50 à 5 h 50 exactement, entre rencontres réelles ou rêvées, et l’idée renversée de la ville. Un incendie dans le livre ? »</p>
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		<title>Le Sommeil du caïman d’Antonio Soler</title>
		<link>http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/2009/08/romans-etrangers/le-sommeil-du-caiman-d-antonio-soler</link>
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		<pubDate>Mon, 10 Aug 2009 12:03:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>leafar</dc:creator>
				<category><![CDATA[Romans étrangers]]></category>
		<category><![CDATA[Albin-Michel]]></category>
		<category><![CDATA[Antonio-Soler]]></category>

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		<description><![CDATA[
Le Sommeil du caïman, d’Antonio Soler chez Albin Michel

L’étoffe d’un cauchemar
« Quelqu’un en moi frappait à une porte fermée depuis des années.
Les quatre coups du malheur. »
Antonio Soler est un romancier espagnol né en 1956, en pleine période du franquisme. Franquisme, de Franco (pour les plus jeunes). Franco, si, vous savez bien, virulent anti-communiste, et qui, de 1939 [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;"><span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: small;"><em><img class="alignleft size-medium wp-image-261" style="border: 10px solid white;" title="Antonio Soler" src="http://chroniquesdelarentreelitteraire.com/wp-content/uploads/2009/08/Antonio-Soler-250x300.jpg" alt="Antonio Soler" width="250" height="300" /></em></span></p>
<p style="text-align: left;"><span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: small;"><em><a href="http://fr.ulike.net/Le_Sommeil_du_caïman_(Livre)" target="_blank">Le Sommeil du caïman</a>,</em> d’<a href="http://fr.ulike.net/Antonio_Soler_(People)" target="_blank">Antonio Soler</a></span> chez Albin Michel</p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;"><strong>L’étoffe d’un cauchemar</strong></p>
<p style="text-align: left;"><span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: x-small;">« Quelqu’un en moi frappait à une porte fermée depuis des années.</span></p>
<p style="text-align: left;"><span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: x-small;">Les quatre coups du malheur. »</span></p>
<p align="justify"><span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: small;"><a href="http://fr.ulike.net/Antonio_Soler_(People)" target="_blank">Antonio Soler</a> est un romancier espagnol né en 1956, en pleine période du franquisme. Franquisme, de Franco (pour les plus jeunes). Franco, si, vous savez bien, virulent anti-communiste, et qui, de 1939 à 1975, a gouverné son pays d’une main de fer. Ceci ayant été éclairci, reprenons. Quelques livres ont suffi à Antonio Soler pour que ce natif de Malaga, au sud de la péninsule ibérique, devienne un des meilleurs écrivains contemporains. Comme quoi, on peut être prophète dans son pays. Prix Herralde de la literatura et prix de la critica en 1996 pour son troisième roman <em>Les Danseuses mortes</em>, prix Primavera en 1999, il obtient en 2004, à l’occasion du <em>Chemin des Anglais</em>,<em> </em>le prix Nadal, autrement dit : le prix Goncourt espagnol. Antonio Soler est un homme de prix. Sept livres, quatre prix – au moins. Et pour cette cinquième traduction chez Albin Michel, depuis 1999 et <em>Les Héros de la frontière</em>, on ne sera pas étonné de le voir récompenser en France. Le prix Médicis étranger, et pourquoi pas ? Bah, pourquoi celui-là et pas un autre ? Parce que Renaudot n’a rien d’un prince toscan.</span></p>
<ul>
<li><span style="font-family: 'Times New Roman';"> Mais il n’y a pas de prix Renaudot attribué à un roman étranger !</span></li>
</ul>
<ul>
<li><span style="font-family: 'Times New Roman';"> Vous voyez donc bien que ce serait, en plus, absurde.</span></li>
</ul>
<p>Dans ce nouveau roman publié  en France et dont le titre espagnol est <em>El sueño del caimán</em>, le narrateur, réceptionniste de l’hôtel Regina à Toronto, au Canada (je précise), croit reconnaître dans l’identité d’un client l’homme qui a bouleversé sa vie : <strong>« Luis Bielsa. Il a un passeport espagnol. Il vit à Barcelone. Il est né en 1919. Soixante-seize ans. »</strong> Et du trouble à cette certitude, notre vieil homme en exil, dont on ne connaîtra jamais le nom (à moins d’une erreur d’inattention de notre part) va nous raconter et écrire sa vie, nous donner la raison qui l’a mené au Canada <strong>(« dans ce pays qui n’est ni le mien ni de celui de personne »).</strong> L’Espagne, Franco, les communistes, la prison, les oiseaux, l’amour, Eva, Luis et les autres. Autant d’événements que le néant n’avait pas encore pris, qui n’attendait qu’une occasion pour surgir, ombres fantastiques qui lui apparaissaient déjà, bien avant la venue de Luis Bielsa dans son hôtel, mais falotes, dans son petit tube de mercure, sorte de boule de cristal du passé. Le mercure, comme symbole de la mémoire, de ce qui est envoyé par-delà l’Océan Atlantique : l’odeur de sa jeunesse et des morts, de sa jeunesse morte et de sa jeune mort. Le mercure : et dire que c’est un des facteurs de la maladie d’Alzheimer. Contre point ironique ou gri-gri jusqu’au moment où le caïman accomplira ce qu’il doit effectuer ? Miroir apaisant, cependant. Anti-stress efficace : <strong>« Je révise des comptes sur ordinateur. Je révise ma vie aussi calmement, avec la même absence d’émotion. »</strong> Rien d’étonnant, peut-être : en sortant de ces neuf ans de prison, en sortant d’Espagne, il est allé nulle part, y est resté et s’est vidé du rien qui le constituait.</p>
<p>Ce récit est construit par l’entrelacement du présent et du passé. Les fils du passé surviennent, parfois nous surprennent, nous trompent, nous arrêtent. Travail du souvenir, de son surgissement. Se tisse alors l’histoire de cette trahison, tout doucement, par affleurement. Un peu comme une phrase qui reviendrait et à laquelle on ajouterait quelques mots, une sorte de cadavre exquis bien qu’un peu moins hasardeux, pour le coup. A vrai dire, au début du roman, c’est parfois difficile de lire des noms, des mots, et de ne pas savoir ce qu’ils signifient, à quoi ils renvoient. Cela peut décontenancer, mais la littérature n’est pas toujours linéaire et immédiate. C’est habile, en tout cas. Et cela montre bien ce qu’est un texte littéraire : un entrelacs de mots, un tissu, une construction d’où naît, peu à peu, du sens. La poésie naît alors bien souvent de ces refrains, de ces litanies, de ces obsessions. Elles se fixent dans ces phrases nominales qui suspendent la lecture, arrêtent les lecteurs. Pas d’émotion singulière, jamais, mais un choc esthétique, avec juste ce qu’il faut d’impulsion lyrique  :</p>
<p><strong>« J’ignore dans quelle partie du monde ils se trouvent, qui sont ces spectres. Mes souvenirs ou ce qui m’entoure, ce monde que j’ai sous les yeux. Une balle de fusil traversant l’eau. Bielsa. Bielsa est un pont entre ces îles, cet archipel à demi englouti qu’est mon passé et le présent, cette réalité. Ces fantômes. Je regarde le téléphone. Je me retiens. Ma main est une branche morte. Je ne soulève pas l’écouteur. Je ne veux pas l’entendre respirer. Je ne veux pas prononcer son nom, Bielsa, et lui parler d’une femme appelée Vera, d’hommes qui étaient morts en plein champ comme des oiseaux innocents, lui demander s’il se souvient de moi. Et lui dire que je ne suis pas mort. Lui dire mon nom. »</strong></p>
<p>La narration se fait sans fard sentimental, sans complaisance, la seule émotion qui nous vienne est la nôtre : la tristesse devant cette lucidité, devant cette cruauté &#8211; ou ce cynisme. Devant la réalité, quoi.<strong>« Nous savons ce que nous sommes. Nous sommes conscients de notre vulgarité et, dans le fond, nous n’avons pas beaucoup plus d’estime envers nous qu’envers les gens que nous croisons dans la rue, ces gens qui me regardaient dans l’autobus. »</strong> La réalité, oui. Et je ne résiste pas à citer à nouveau le texte dont les formules n’ont rien de surfait : <strong>« Je me dis que la réalité est un liquide, une substance non malléable, et je suis ma route. »</strong></p>
<p>Ce flot de souvenirs &#8211; et cette histoire, dont le casus belli est celui d’une attaque d’une poudrière militaire sous Franco – est au fond, comme dans tout bon roman, dépassé par une question plus existentielle, par l’interrogation de la condition humaine. Antonio Soler nous retrace, en fin de compte, la vie de son personnage (l’enfant et sa mère, le jeune adulte et Maria, l’amant de Vera, le prisonnier, le marié sans amour, le veuf) et nous livre un récit d’apprentissage sans illusion : <strong>« j’ai appris à me démolir, à savoir qui je suis. » </strong>Ou encore : <strong>« ayant maintenant l’entière certitude de n’être personne. De n’avoir été personne. Ni maintenant, ni alors, jamais je n’ai été quelqu’un. »</strong></p>
<p>Le narrateur est profondément matérialiste, ses nombreuses allusions à nos mille millions de cellules ou à  notre organisme sont là pour poser la question de notre liberté, de notre volonté, et du hasard. De nos actes et de ce qu’on nomme trahison ou lâcheté. Du destin. Cette dernière question, centrale, est posée dès l’ouverture du récit, dans sa naissance même. Quelle « coïncidence », en effet, que cette situation : six mois avant de prendre sa retraite, le narrateur a l’opportunité de rencontrer son ennemi ! Ça tombe vraiment bien je trouve. Mais, là, aucun arbitraire à la Valéry (du style « la marquise sortir à cinq heures »), aucun subterfuge narratif, un simple événement qui pose justement cette question du hasard. Entendons-nous bien. Si Bielsa ne sait pas qui il va rencontrer, en réservant par Internet son hôtel de l’autre côté de l’Océan Atlantique, ce qui est intéressant d’examiner, c’est essentiellement ce que fera sa victime, après son identification. Un cadavre ? Peut-être. On parle bien d’un caïman dans le titre. Ce sommeil, ce serait tout à la fois ces trente années où Bielsa est absent dans la vie du narrateur et l’absence d’une vengeance possible. Mais qui est le caïman : celui qui attend de se venger ou celui qui arrive, enfin, pour permettre cette vengeance ? Le principe de la vengeance, rappelons-le, est de répondre au mal par le mal et met finalement, face à face, deux carnassiers. De plus, ces deux personnages qui ont connu la même femme (Vera – vous vous en doutiez),  n’ont-ils pas commis dans le passé, au fond, les mêmes actes ? C’est une des subtilités du roman que de rendre universel ce qu’on croyait, au premier abord, uniquement dévolu à autrui…</p>
<p>Avec cette phrase très mallarméenne (<strong>« les dés lancés en l’air pouvaient retomber où bon leur semblait, voilà ce que j’ai ressenti, ce que j’ai vu »</strong>) se pose ainsi la question de l’innocence, de la responsabilité et de la punition. Que doit-on faire, et qui doit-on croire, dans un monde d’horreur et de sang où l’amour est « faux » ? <a href="http://www.evene.fr/livres/actualite/interview-antonio-soler-chemin-anglais-banderas-647.php" target="_blank"><span style="font-family: 'Times New Roman'; color: #0000ff; font-size: small;"><span style="text-decoration: underline;">Dans une interview, sur le site d’Evene.fr</span></span></a><span style="font-family: 'Times New Roman'; font-size: small;">, Antonio Soler affirme que ce qui lui importe est « la capacité [des personnages] à questionner le destin, à résister et à se rebeller. Que l’on perde ou que l’on gagne, c’est lié au destin, à la fatalité. La capacité à se battre, c’est autre chose. »</span></p>
<p><em>Le sommeil du caïman</em> est construit pour interroger nos actes et leur donner du sens. Refuser sa propre culpabilité, c’est refuser d’être responsable, c’est refuser à l’autre d’être responsable de nos blessures, c’est ne pas pouvoir se venger en conséquence… Cette vision cohérente de la chose semble, pourtant, plus être la mienne et celle du héros des <em>Mains sales</em>, de Sartre, que celle de notre vieux réceptionniste : <strong>« l’incohérence est la seule vérité possible »</strong>, nous dit-il. Pas de règle, en somme.</p>
<p>En ce sens, le livre d’<a href="http://www.ulike.net/Antonio_Soler_(People)" target="_blank">Antonio Soler</a> est un livre humaniste. Il montre la misère &#8211; et la douleur &#8211; des hommes sans la juger. Il la décrit et la raconte avec application dans leurs trois cercles : intime, politique, métaphysique. Ce livre, placé sous le symbole du mercure, n’est ni nostalgique ni mélancolique. Il est d’une dureté poétique qui étonne et la douceur qui émane des faits, posés à rebours dans leur brutalité, pose à nouveau la question de l’homme face à sa douleur. Dans un monde amoral. Ce livre d’Antonio Soler n’est pas qu’un simple sommeil, c’est une rêverie noire aux souvenirs vaporeux, un « songe » sur la destinée humaine.</p>
<p><strong>Chronique rédigée par </strong><a href="http://gwenaeljeannin.blogspot.com" target="_blank"><strong>Gwenaël Jeannin</strong></a></p>
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