Gaëlle Josse pour Le dernier gardien d’Ellis Island

Gaëlle Josse pour Le dernier gardien d’Ellis Island

Quelques mots échangés autour du « Dernier gardien d’Ellis Island  » avec Gaëlle Josse.

Bonjour Gaëlle Josse, votre dernier roman  » Le dernier gardien d’Ellis Island » est paru le 4 septembre, pouvez-vous nous dire ce qui en a motivé l’écriture ?

Bonjour, merci de votre invitation. L’écriture du Dernier gardiens’est imposée, très vite, très fort, quelques semaines à peine après ma visite d’Ellis Island. Je ne m’attendais pas à être autant bouleversée par ce lieu et je ne désirais pas, a priori, écrire sur ce sujet. J’ai été saisie, happée par cet espace qui porte le souvenir de tous les exils, les murs vibrent, résonnent encore de toutes ces vies. Cette histoire s’est mise en place avec une intensité telle que je n’ai pas eu d’autre choix que de l’accueillir. Ensuite, des questionnements, des éléments plus personnels se glissent dans l’histoire. On n’écrit qu’avec ce qu’on est.

Gaëlle Josse

Vous continuez avec ce roman à privilégier la forme courte, pourquoi ce choix ?

A dire vrai, ce n’est pas un choix délibéré, mais un constat a posteriori ! J’écris, et à la fin je vois ce que ça donne ! Disons que je suis sensible, comme auteur et comme lectrice, à une certaine tension dans l’écriture, dans la narration, à la force des mots, des images, des scènes. Je redoute le délayage, la redondance, tout ce qui affadit un texte. Vous connaissez le mot de Doris Lessing ? « j’écris cinq mots, j’en enlève six. »

Après le premier jet, suivent d’innombrables relectures, non par coquetterie stylistique, mais parce que je cherche le mot qui va, je l’espère, ouvrir des portes dans l’imaginaire du lecteur, et aussi, le souffle de la phrase, sa respiration, sa ponctuation, ses ruptures. Ma musique, disons.

Avez-vous travaillé différemment pour ce roman, qui fondé sur l’Histoire, a demandé sans doute de la recherche ? Que pensez-vous de la comparaison avec un docu-fiction ?

Mes autres livres, à part Nos vies désaccordées qui est une fiction contemporaine, intégraient déjà, plus ou moins, des éléments qui avaient demandé des recherches. Je ne suis pas historienne et le roman historique en tant que tel ne m’intéresse pas, ce que je poursuis, c’est ce qui est en creux, le non-dit, le destin individuel, mais il est nécessaire de le faire dans un contexte cohérent. C’est aux personnages que je m’attache le plus, à leur labyrinthe intérieur, à leurs passions, leurs blessures, à ce qui les rend proches de nous, à notre part commune d’humanité, en fin de compte.

Docu fiction ? Je ne sais pas trop, je n’y ai pas pensé, je ne me sens pas très proche de cela, ça me reste assez étranger.

Le projet Unframed Ellis Island par JR : http://www.jr-art.net/news/unframed-ellis-island

Votre style semble plus sec sur ce roman, la métaphore est dans le récit, qu’en pensez-vous ? Comment avez-vous travaillé votre écriture ?

Disons que dans la mesure où l’un des personnages prend la parole et livre l’histoire de son point de vue, il me semble important « d’entendre » sa voix et de le faire s’exprimer par rapport à ce qu’il est, contexte, âge, éducation…

John Mitchell est un homme instruit, qui exerce des responsabilités, un homme plus sensible qu’il ne veut le laisser paraître, mais ni un littéraire ni un romantique habitué à s’analyser ou à s’épancher. C’est ce que j’essaie de traduire.

Votre personnage, John Mitchel, dernier gardien d’Ellis Island, a eu pour quotidien professionnel toute sa vie, la gestion d’un flux migratoire, c’est à dire de gens pour qui l’ailleurs, l’extérieur est une quête. Lui-même pourtant semble enfermé, aspiré par l’intérieur. Pourquoi avoir choisi ce contraste ?

Ce contraste n’est pas, une fois encore, un choix délibéré, mais c’est ce qui dessine, en fin de compte. Ce double enfermement, en lui-même et sur cette île, m’est apparu en effet comme une des lignes de force de l’histoire.

Mitchell est immergé dans son histoire intime, à côté de ce flux incessant des millions de personnes venus de toute l’Europe, avec leurs langues, leurs cultures, leurs modes de vie, leurs croyances, et pour qui l’accès à un monde nouveau, inconnu, est à la fois une angoisse et une promesse. Et à un moment donné de l’histoire, ces deux univers entrent en collision.

 

Vos personnages semblent toujours à la recherche de leur bonne place dans le monde. Et vous quelle est la vôtre ?

Je n’avais pas pensé à ça, mais c’est vrai, oui. Trouver sa juste place, sur le plan affectif, intellectuel, trouver le sens de sa vie, bien sûr c’est la grande question. Avons-nous agi de façon juste, envers les autres et envers nous -mêmes ? Avons-nous réalisé quelques-unes de nos promesses, ou nous-sommes nous fourvoyés ? Peut-on toujours corriger la trajectoire ? Quelle part pour nos choix et nos contraintes, pour les rencontres qui nous confortent ou qui nous égarent ?

Ma place ? Je dirais simplement que je me sens aujourd’hui en accord, en paix avec moi-même. J’ai la chance d’avoir auprès de moi amour et stabilité, et l’écriture est un réel accomplissement. Les échanges autour des livres sont d’une richesse, d’une chaleur que je n’aurais jamais imaginée. J’essaie de vivre les relations avec autrui de la façon la plus simple, la plus sincère possible. Tout cela est un long apprentissage, et il y eut avant bien des années d’errance, comme le chante Barbara…

« Naitre, désirer , mourir, c’est donc tout ? » a dit Chateaubriand. Vos personnages pourraient répondre à ce titre  » Vies minuscules », pourquoi recherchez-vous ce genre de personnage ?

Difficile de mieux dire ! Oui, nous sommes des êtres de désir, au sens large. C’est le désir qui nous met en tension, et je crois que lorsque ce fil cède, c’est le début de l’absence à soi, aux autres, à la vie. C’est du moins la conception occidentale de l’existence, c’est peut-être pourquoi les philosophies orientales de contemplation, de renoncement, de dépouillement, de fatalité nous demeurent éloignées, malgré l’intérêt qu’elles suscitent. La sagesse est certainement entre les deux…Et le désir n’est pas forcément synonyme de besoin compulsif ou de consommation effrénée…

 Je ne cherche pas un type de personnage en particulier, ils viennent à ma rencontre et on commence à vire ensemble. Mais il est vrai que je suis sensible à ces « vies minuscules » en effet, aux anti-héros et aux personnages qui doutent, aux personnages ambivalents, plutôt qu’aux héros vêtus d’or et de pourpre ! C’est dans nos fragilités, nos lignes de faille que nous sommes les plus sincères, et c’est le moment de vérité d’un personnage avec-lui même qui m’intéresse, pas ses faits d’armes.

Pouvez-vous nous parler du rapport à l’amour, à la passion de votre personnage John Mitchell ?

Est-il un vrai salaud qui profite d’une situation offerte par sa position ? Ou un homme seul, dépassé par ses sentiments, qui va transgresser toutes les règles qui ont régi sa vie ? La réponse n’est pas univoque, et chaque lecteur peut l’interpréter à sa façon. Cette complexité du personnage demeure jusqu’à la fin. La question du bien et du mal est rarement facile à trancher…

Vous avez dit :

«A quelle part de soi est-on capable de renoncer, parce qu’à un moment donné, c’est l’Autre qui est plus important ? Et lorsqu’on est un jour passé à côté de l’essentiel, par égoïsme, ou par inconscience, ou par négligence, une « réparation » est-elle possible ? » La réponse que vous semblez donner dans  » Le dernier gardien d’Ellis Island » est que la réparation, la rédemption n’existe que dans la mort.

C’est vrai, c’était au sujet du personnage principal de Nos vies désaccordées, François Vallier. Cette question de la relation à l’autre, de sa propre place dans le relation amoureuse est pour moi un grand sujet. Jusqu’où s’effacer, parfois, parce que l’autre a besoin de nous, et comment réparer les blessures que nous avons pu causer… François Vallier renonçait à sa carrière d’artiste pour rester auprès de la jeune femme qu’il avait détruite, sans le comprendre. Ici, c’est un peu différent. Il y a ce coté « force du destin », accomplissement de ce qui était écrit, et cette île qui dévore, d’une façon ou d’une autre, ceux qui y passent. Mais n’en disons pas plus !

« Qu’apporte-t-on dans l’exil ? Si peu et tant d’essentiel » Et vous si vous deviez vous exiler, en quelles contrées iriez-vous ? Et qu’emporteriez-vous ? Quel est votre essentiel ?

L’exil est parfois forcé, dans ce cas la destination n’est pas toujours choisie, mais subie, et ce peut être n’importe où. Sinon, c’est le choix de vivre ailleurs. Si c’était le cas, je choisirais l’Italie ou les États-Unis, pour des raisons différentes. J’emporterais, si possible, des livres, de la musique, des photos, mon ordinateur pour être reliée à mes proches et au monde. Et quelques gris-gris, type Rosebud…Il me semble qu’avec ça on peut se reconstruire un monde, partager, créer, rêver…

Pour vous, l’exil est-il la recherche d’un refuge ou le début d’une épopée ?

Belle question. Spontanément, je dirais peut-être recherche d’un refuge, car il faut je crois de vraies raisons d’abandonner son pays, sa famille, ses proches, sa langue, son mode de vie, en sachant que c’est probablement sans retour. Il y a là un déchirement consenti, dont la contrepartie est la recherche d’un avenir meilleur, d’une terre promise où l’on trouvera la paix, la tolérance, ou la prospérité. L’épopée me semble davantage le fait d’individus à la recherche d’un grand destin. Ce n’est pas le cas de la majorité des immigrants il me semble.

Y-a-t-il un exil dans l’écriture ?

Oui, vous avez raison, écrire c’est un peu rejoindre son île intérieure, dont on connait seul le chemin (et encore !) et où l’on va seul, parce qu’il y a une force, un courant qui nous y pousse. On n’y emmène uniquement ce que l’on est, pour donner vie à des mondes nouveaux.

Peut-on voir dans votre roman un miroir de notre actualité ? La situation des migrants vous a t elle interpellé pour écrire ce roman ?

Tout à fait, pour moi le parallèle est évident. Lorsque je faisais des recherches, j’ai vu toutes ces photos de files d’immigrants avec leurs enfants dans les bras, leurs sacs et leurs bagages, debout dans l’attente, parqués, et j’avais en même temps en tête les images d’actualité, comme celles de Lampedusa. Je me suis dis que c’était éternel, ce même déracinement, ces mêmes peurs, ces mêmes séparations, ces mêmes pertes, ces mêmes attentes. J’ai trouvé ça terrible.

Avez-vous eu «un rêve américain» ?

Pas de façon construite, déterminée, mais j’avoue une vraie passion pour le continent nord américain, aux univers si multiples, même si nombre de ses excès et de ses injustices me mettent en colère.

Quelle serait la BO de ce roman ?

Peut-être le lyrisme du concerto pour violoncelle de Dvorak, qui évoque sa symphonie du Nouveau monde, mais avec le beau chant grave, si poignant, du violoncelle. Et puis des musiques du monde, musiques de l’exil : musique klezmer, chansons napolitaines, et aussi Rhapsody in blue de Gerschwin….

Dans votre blog, votre maison numérique comme vous l’appelez, se trouvent des textes d’humeur dont celui-ci sur l’appauvrissement du langage  , je n’ai pu m’empêcher de remarquer que vos personnages avaient même lors de l’expression de leur oralité une langue particulièrement châtiée. Pouvez-vous me parler de votre rapport à la langue et notamment celles de vos personnages ?

Notre manière de parler, d’écrire exprime une façon d’être au monde. Elle installe une identité par ce qu’elle donne à entendre. Registre de langage, construction des phrases, choix d’images et de vocabulaire.

La langue d’aujourd’hui, courante, telle qu’elle est utilisées par les médias notamment, me semble de plus en pauvre, dégradée, réduite à un socle minimum, avec des impropriétés, des erreurs, des confusions, des clichés…

Dommage, alors que nous possédons une langue magnifique, subtile, tissée d’héritages divers, évolutive. Ce que je trouve surtout grave, c’est que la réduction du langage est aussi celle de l’expression des idées, des sentiments, des émotions, ce n’est pas simplement utiliser des mots de façon décorative pour faire joli, c’est sans intérêt.

Pour mes personnages, j’essaie de leur offrir une expression en rapport avec ce qu’il sont, en évitant les fausses facilités de langage pour « créer une ambiance », ça sonne souvent faux et ça se démode très vite !

Vous avez créé un blog qui retrace une partie des sources de votre inspiration ( et que j’ai consulté pour préparer cette interview). Vous expliquez cette démarche comme étant un prolongement de la lecture. Qu’est ce qui prolonge vos lectures ?

C’est quelque chose de très accessoire, bien sûr, le livre se suffit en lui-même. J’avais réuni un matériau que je trouvais intéressant, photos personnelles, archives, fragments de lectures, musiques, tout ce qui nourrit la phase d’écriture, et j’ai aimé cette idée de proposer certains de ces éléments comme, en effet, un possible prolongement de lecture, ou une entrée dans mon atelier.

 Comment avez-vous construit votre univers de lectrice ? ( accessoirement quel est votre rapport avec le web ? )

Comme lectrice, je me suis construite à une époque où il n’y avait pas de web, peu de télévision, du moins chez mes parents. Pas de flux continu d’images ni de zapping sur des dizaines de chaînes, de réseaux sociaux, de sollicitation permanente des écrans multiples, et finalement, cela avait aussi quelques avantages, même si cela paraît sur-réel aujourd’hui !

La lecture était une activité « pure et dure », sollicitant l’imaginaire seul. Il y avait (quand même !) le cinéma et les disques, qui ouvrent de grand espaces. Le web permet d’approfondir un univers d’auteur, de nouer des contacts, d’échanger des avis, de faire des recherches sur n’importe quel sujet. C’est très riche, mais ce qui compte avant tout, c’est le face-à-face irremplaçable avec le livre, l’immersion dans un univers où l’on navigue seul avec ses émotions.

Boite en valise , Marcel Duchamp , 1940

Je vais vous proposer de commenter des citations qui sont sur votre blog :

« Écrire, c’est aussi marcher le long du fleuve, remonter son cours, repêcher des existences naufragées, retrouver des épaves accrochées aux rives et les embarquer sur une précaire arche de Noé en papier. « Claudio Magris

Quelle est la place de la mémoire dans vos romans ? Et pour vous ?

J’ai été touchée par la beauté et la force évocatrice de cette phrase de Claudio Magris, dont je suis une grande admiratrice. La mémoire, celle de notre histoire, personnelle, familiale, sociale, culturelle, c’est le socle sur lequel nous nous construisons, que ce soit en adhésion ou en opposition.

Je pense à cette situation paradoxale, anxiogène, de l’immigrant, pris entre la nécessité de s’adapter, avec un renoncement obligé à une part de lui-même, et celle de garder ses racines. Gagne-t-on une nouvelle identité ou en perd-on une ? Quel renoncement, quelle fidélité ? C’est douloureux, complexe.

En ce qui me concerne, je m’interroge sur la sélectivité de la mémoire, sur ses circuits, sur de la façon dont certains souvenirs s’effacent et d’autres perdurent, de façon irrationnelle, sans rapport avec l’importance objective des évènements. C’est le travail de l’inconscient et de sa vérité, unique pour chacun de nous. C’est passionnant.

«Ils sont le rien absolu rêvant» Kadhim Jihad Hassan, les exilés

Ne pourrait-on pas dire que c’est une définition de l’écrivain aussi ? Et la page blanche est-ce un néant, une invitation, une angoisse ?

Ce mot du poète dit cette situation entre deux mondes, deux langues, deux cultures, deux vies. Des espaces en apesanteur. C’est particulièrement tangible à Ellis Island.

 La page blanche, une invitation à poser ce qui émerge du néant, peut-être. Non, pas une angoisse, car je m’aperçois que j’écris lorsque les choses sont mentalement prêtes, « mûres », je mets au jour ce qui préexiste, en me laissant souvent déborder par l’imprévu ! Je ne me dis pas « qu’est-ce que je pourrais bien écrire aujourd’hui ? » en ouvrant mon ordinateur. L’angoisse, le doute vient après, à la fin du premier jet, quand je me dis « qu’est-ce que ça vaut, finalement ? »

« Ellis Island est pour moi le lieu même de l’exil,c’est-à-dire le lieu de l’absence de lieu, le non-lieu, le nulle part.”Georges Pérec

Quel est le lieu du roman ? celui de la poésie ? celui de l’écriture ? le vôtre ?

Pérec a enquêté et écrit de façon très émouvante, très aiguë sur Ellis et personne n’a mieux exprimé, je crois, cette situation particulière d’un lieu où l’on renonce à une vie sans être entré dans une autre. Un temps de grande nudité, entre deux temps,un sas, une salle d’attente, un lieu qui efface et fait renaître. Etrange transmutation.

Le lieu du roman, de l’écriture ? Grandes questions ! Peut-être ce lieu est-il avant tout mental, intime, émotionnel, avant de prendre corps dans un texte, puis dans un objet livre. Un lieu qui réunit une part d’imaginaire, une part de questionnement et une part de vécu personnel. Un lieu de transformation, de décantation, où la volonté, finalement, existe peu. J’ai l’impression de ne pas complètement décider ce que je vais écrire, mais plutôt de consentir à installer quelque chose qui demande très fort à naître.

Pour ce nouveau roman, vous avez changé d’éditeur. Pourquoi ? Que cherchez-vous dans une maison d’édition en tant qu’auteur ? En tant que lectrice ?

Ah ça, c’est une histoire d’amitié et de fidélité. Avec Emmanuel Dazin, le directeur littéraire d’Autrement, nous avons réalisé trois livres ensemble. Il connaissait le manuscrit du Dernier gardien et avait très envie de le faire, et il a quitté cette maison d’édition. Pour moi il était impensable de continuer là-bas sans lui.

J’ai eu plusieurs propositions, et ça c’est joué, au feeling, à l’envie de s’embarquer avec quelqu’un. Brigitte Bouchard était l’éditrice des Allusifs, avec un superbe catalogue, elle dirige maintenant la collection Notabilia chez Noir sur Blanc. C’est quelqu’un d’une grande exigence, très généreuse, très passionnée, je suis heureuse de l’avoir rencontrée. Ce que je cherche, c’est un peu comme dans toute relation, sur une base de réciprocité : la confiance, l’écoute, l’implication, la franchise, la bienveillance…

Comme lectrice, j’attends des choix éditoriaux affirmés, cohérents, qui dessinent une vraie identité et nous offrent de grands moments de lecture.

Pour en savoir plus : 

Le blog de Gaëlle Josse

Le blog dédié au  » Dernier gardien d’Ellis Island « 

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